La vertu de Foi et les péchés contre la Foi

« Sans la Foi, nul ne peut plaire à Dieu » nous dit saint Paul. La Foi est la racine de tout l’organisme surnaturel de notre âme composé des sept vertus infuses, des sept dons du Saint-Esprit et de ses douze fruits qui s’épanouissent en huit béatitudes. La Foi n’est que le commencement du Salut, il faut en outre développer l’espérance, la charité et toutes les vertus morales pour être justifié. La Foi sans les œuvres de miséricorde corporelle et de miséricorde spirituelle est une Foi morte qui ne sauve pas le croyant.
Toutefois, un juste qui vit de la charité et des œuvres de miséricorde est menacé de tout perdre en subissant des tentations contre la Foi. Pour ruiner tout l’édifice plus sûrement, le démon s’attaque directement à la racine en injectant dans l’intelligence des doctrines perverses et hérétiques.
« Il faut qu’il y ait des hérésies pour éprouver ceux qui appartiennent vraiment à Jésus-Christ. » dit saint Paul. Que les enfants de Notre-Dame de la Salette et du Cœur Immaculé de Marie se prémunissent donc contre les doctrines perverses ! Sur le plan corporel, la maladie ne vient pas des microbes courants, il vient du système immunitaire déficient. Si l’on ne veut pas être infecté, il ne faut pas vivre dans un univers aseptisé. Bien au contraire, moins il y aura de microbes et plus l’organisme s’affaiblira et deviendra incapable de se défendre.
Pour résister aux microbes et autres virus, il faut renforcer son système immunitaire. Pour garder sa Foi intacte, il faut lire de bons livres qui fortifient notre foi et la défendent contre les doctrines empoisonnées. C’est dans ce but que les frères Saglio (1) rééditent les livres de Mgr Gaume, Mgr Delassus, Mgr de Ségur, Don Sarda et bien d’autres. Demandez-leur le catalogue. Tout catholique lecteur assidu et convaincu de La Tour de David doit avoir lu ces ouvrages. Si vous le négligez, vous ne tiendrez pas ! Le libéralisme ambiant qui est ignorant et confond tout vous fera perdre la tête… et la foi. Les auteurs antilibéraux du XIX e siècle sont l’antidote aux doctrines mortelles répandues depuis deux siècles dans nos milieux catholiques.
I – Nature de la Foi
Pour connaître la notion exacte d’une vérité de notre religion, il faut s’en référer toujours à l’enseignement infaillible de l’Eglise qui ne peut ni se tromper ni nous tromper (donc avant 1958). Le dernier Concile de l’Eglise, Vatican I, définit ainsi la Foi : « Puisque l’homme dépend tout entier de Dieu, comme de son Créateur et Seigneur, et que la raison créée est complètement subordonnée à la Vérité incréée, lorsque Dieu révèle, nous sommes tenus de lui soumettre pleinement notre intelligence et notre volonté par la foi. Or, cette foi, qui est le commencement du salut de l’homme, l’Eglise catholique professe que c’est une vertu surnaturelle, par laquelle prévenus et aidés de la grâce de Dieu, nous croyons vraies les choses qu’il a révélées, non pas à cause de leur vérité intrinsèque perçue à la lumière naturelle de la raison, mais à cause de l’autorité de Dieu même qui révèle et qui ne saurait ni être trompé ni tromper. La foi est en effet, au témoignage de l’apôtre, la substance de ce que nous espérons et la conviction de ce que nous ne voyons pas. »
Le rationalisme moderne prétend que la raison est indépendante de Dieu, de telle sorte que Dieu ne pourrait pas lui commander la foi. Le Concile anathémise les rationalistes dont le principe de base est le suivant : seules les réalités que peut comprendre notre intelligence sont vraies, car notre intelligence est tellement parfaite qu’elle peut tirer de son propre fonds toutes vérités.
Bien au contraire, l’homme dépend tout entier de Dieu comme créature sortie du néant et recevant tout de Dieu. D’autre part, notre intelligence n’est pas la règle de la vérité et de la réalité. C’est la réalité qui règle et mesure l’intelligence. La règle suprême de l’intelligence est la réalité suprême, c’est-à-dire Dieu, Vérité incréée, infinie. Dieu est la règle de toute connaissance et de toute intelligence. Il y a des vérités que Dieu connaît et que nous ignorons. S’Il nous les révèle, nous devons les croire. La volonté de l’homme doit intervenir pour donner son adhésion à ces vérités révélées qu’il ne comprend pas.
La définition de la foi est donc la suivante : l’homme est disposé au salut quand, excité et aidé par la grâce divine (actuelle) et recevant la foi (ex auditu) par l’écoute de la Parole de Dieu, il croit vraies les choses que Dieu révèle et promet. Pour qu’il y ait un acte de foi surnaturel, il faut une adhésion de notre esprit à la vérité de ce qui est cru et une adhésion qui exclut le doute, c’est-à-dire une adhésion certaine. Cet acte surnaturel est produit avec le secours d’une grâce actuelle prévenante, qui précède l’acte, et d’une grâce actuelle auxiliatrice qui l’accompagne.
Le Concile Vatican I continue : « personne ne peut adhérer à l’enseignement de l’Evangile, comme il le faut pour arriver au salut, sans une illumination et une inspiration de l’Esprit-Saint, qui donne à tous la suavité de l’adhésion et de la croyance à la vérité. La foi en elle-même est un don de Dieu. On doit croire de foi divine et catholique toutes les vérités qui se trouvent contenues dans la Parole de Dieu et que l’Eglise propose comme devant être crues en tant que divinement révélées. » Constitution Dei Filius.
Du moment que nous savons que l’Eglise nous propose une vérité comme révélée, nous sommes sûrs que cette vérité est véritablement révélée et nous n’avons plus le droit de la mettre en doute, ni à plus forte raison de la nier. La proposition que l’Eglise nous fait des vérités de foi catholique maintient dans l’Eglise l’unité doctrinale. Pour rester membre de l’Eglise, il faut faire profession de croire tout ce que l’Eglise propose comme révélé. Quiconque rejetterait sciemment et extérieurement une seule vérité de foi catholique serait par le fait même (ipso facto) hérétique et excommunié. Sont hérétiques les erreurs qui sont la contradictoire formelle des vérités que l’Eglise propose comme certainement révélées, c’est-à-dire des vérités de foi catholique.
II – Le péché contre la Foi : l’hérésie
1°/- Définition
Saint Thomas d’Aquin définit l’acte d’hérésie comme étant un acte de rejet du magistère : « il est manifeste que celui qui adhère à la doctrine de l’Eglise comme à une règle infaillible acquiesce à tout ce que l’Eglise enseigne ; autrement, si, parmi les vérités enseignées par l’Eglise, il ne retient que ce qu’il veut et délaisse ce dont il ne veut pas, il n’adhère plus à la doctrine de l’Eglise comme à une règle infaillible, mais à son propre jugement. Aussi l’hérétique qui rejette avec obstination un seul article de foi n’est pas disposé à suivre, sur les autres, l’enseignement de l’Eglise ; …il n’a donc en matière de foi, qu’une opinion humaine, dictée par sa volonté. » II a, II æ, q.5, a.3.
Le Dictionnaire de Théologie Catholique, à l’article “hérésie”, la définit ainsi : « L’acte d’hérésie étant un jugement erroné de l’intelligence, il suffit donc, pour commettre le péché d’hérésie, d’émettre sciemment et volontairement ce jugement erroné, en opposition avec l’enseignement du magistère de l’Eglise. Dès l’instant que l’on connaît suffisamment la règle de la foi dans l’Eglise, et que sur un point quelconque, pour un motif quelconque et sous n’importe quelle forme, on refuse de s’y soumettre, l’hérésie formelle est consommée (…). Cette opposition voulue au magistère de l’Eglise constitue la pertinacité, que les auteurs requièrent pour qu’il y ait péché d’hérésie (…). Il faut observer avec Cajetan et Suarez, que cette pertinacité n’inclut pas nécessairement une longue obstination de la part de l’hérétique et des monitions de la part de l’Eglise. »
NOTEZ BIEN QUE LA PERTINACITÉ CONSISTE DANS LE REJET DU MAGISTÈRE CONNU ET NON DANS LE REJET D’UNE MONITION CANONIQUE .
« S’il y en a qui défendent leur manière de penser, quoique fausse et perverse, sans y mettre aucune opiniâtre animosité, mais en cherchant la vérité avec soin et précaution, étant prêts à se corriger dès qu’ils l’auront trouvée, il ne faut pas du tout les compter au rang des hérétiques parce qu’effectivement ils ne choisissent pas d’être en contradiction avec l’enseignement de l’Eglise. (…) Au contraire, après que les choses ont été définies par l’autorité de l’Eglise universelle, si quelqu’un répugnait opiniâtrement à un tel arrêt, il serait hérétique. » II a, II æ, q.11, a.2. C’est bien l’opposition à la vérité connue, autrement dit le péché contre le Saint-Esprit, qui constitue le péché d’hérésie, et non pas la désobéissance à un avertissement individuel de l’évêque du lieu.
Si l’on prétend, comme les prêtres (…) de la Fraternité St Pie X, qu’il faut à tout prix un jugement du Siège Apostolique ou de l’évêque du lieu contre tel ou tel individu, on arrive vite à l’absurde. Ainsi, Calvin n’a jamais reçu de monition canonique individuelle, pas plus que le réformateur suisse Zwingli ni Melanchthon (ami de Luther). Seraient-ils restés catholiques pour cela ? De même, les millions de protestants qui ont persévéré à suivre Luther après les anathèmes du Concile de Trente n’auraient pas été hérétiques, parce qu’il aurait fallu les citer tous un à un devant un tribunal ?
En fait, il faut savoir qu’il existe deux sortes de monitions et de condamnations : les individuelles et les collectives. Luther subit une condamnation individuelle. La condamnation générale est exprimée dans les canons des conciles : « Si quelqu’un dit… qu’il soit anathème. » Quiconque adhère sciemment à ce que l’Eglise anathémise est hérétique sans autre déclaration de la part de l’Eglise. Un autre exemple de monition collective se trouve dans la bulle Ineffabilis Deus, du 8 déc. 1854 : « Si quelqu’un avait la présomption de penser contrairement à notre définition, qu’il apprenne et qu’il sache que, condamné par son propre jugement, il aurait déjà souffert naufrage dans la foi et cessé d’être dans l’unité de l’Eglise ; et que, de plus, il encourt par le fait même les peines de droit, s’il ose exprimer ce qu’il pense de vive voix ou par écrit ou de toute autre manière extérieure que ce soit. » La voix du magistère tient lieu de monition universelle adressée à tous les fidèles.
2°/- Le Magistère de l’Eglise nous dit ce que l’on doit croire ou rejeter
Les clercs, moins que tous les autres, ne peuvent alléguer trop facilement l’ignorance du magistère. Le code de droit canonique exige de tout fidèle une vigilance sur ce qui touche à la foi : « Il ne suffit pas d’éviter la dépravation hérétique, mais il faut également fuir avec empressement ces erreurs qui en approchent plus ou moins. C’est pourquoi tous doivent suivre les constitutions et décrets par lesquels ces opinions sont proscrites et interdites par le Saint-Siège. » canon 1324.
Il est très important de rappeler aujourd’hui l’enseignement de l’Eglise au sujet de ces opinions et de ces conclusions théologiques, qui ne touchent pas directement au dogme, mais qui lui sont liées à tel point que nier une conclusion théologique certaine revient à rejeter indirectement le dogme, ce qui est un péché mortel contre la foi, même si ce n’est pas un péché d’hérésie.
Le Dictionnaire de Théologie Catholique explique à l’article “Infaillibilité du Pape” : « l’obligation d’adhérer à un enseignement pontifical non infaillible a toujours été admise dans l’Eglise au moins implicitement, par le fait que le devoir de se soumettre au pape a toujours été reconnu, et que cette obligation n’a jamais été restreinte exclusivement aux seuls enseignements infaillibles… On doit insister beaucoup sur l’accomplissement intégral de l’obligation d’adhérer à l’enseignement pontifical même non infaillible, parce que c’est la meilleure garantie pour la parfaite intégrité de la foi qui, par là, sera toujours défendue contre tous les périls. C’est en même temps la meilleure garantie d’une entière soumission aux enseignements infaillibles du Saint-Siège. »
Le Concile Vatican I enseigne dans la constitution Dei Filius : « De plus, l’Eglise, qui a reçu, en même temps que la charge apostolique d’enseigner, le commandement de garder le dépôt de la foi, a, de par Dieu, le droit et le devoir de proscrire ce qui se pare faussement du nom de “science”, afin que nul ne soit trompé par une philosophie vaine et fallacieuse. C’est pourquoi tous les chrétiens fermes dans leur foi non seulement n’ont pas le droit de défendre comme de légitimes conclusions de la science les opinions connues comme contraires à la foi, surtout si elles ont été réprouvées par l’Eglise, mais ils sont strictement tenus de les considérer plutôt comme des erreurs parées de quelques trompeuses apparences de vérité.
(…) Conclusion. Mais comme il ne suffit pas d’éviter la perversité de l’hérésie si l’on ne fait aussi très attention à fuir les erreurs qui en sont plus ou moins proches, Nous avertissons tous les fidèles du devoir qu’ils ont d’observer aussi les constitutions et les décrets par lesquels le Saint-Siège proscrit et prohibe les opinions perverses qui ne sont pas mentionnées explicitement dans le présent document. »
Le pape Pie XII précise dans Vos Omnes : « Que, parmi vous, il n’y ait pas de place pour l’orgueil du “libre examen”, qui relève de la mentalité hétérodoxe plus que de l’esprit catholique, et selon lequel les individus n’hésitent pas à peser au poids de leur jugement propre même ce qui vient du Siège Apostolique. » 10.09.57. Les prêtres de la Fraternité Saint Pie X et amis objecteront qu’ils ne font pas de libre examen, mais qu’ils examinent le Magistère de l’Eglise à la lumière de la foi et de la tradition. C’est précisément cette attitude qui n’est pas catholique, car c’est le Magistère de l’Eglise qui est la règle prochaine de la foi, et non pas le contraire, comme l’explique le pape Pie XII dans Oculis Nostris : « …le magistère vivant et infaillible de l’Eglise est la règle immédiate et universelle de la vérité catholique. » 14. 01. 1958.
C’est le Magistère qui propose ce que nous devons croire, qui nous explique ce qui est révélé et non pas le contraire. De cette inversion vient l’erreur de croire que le Magistère ordinaire, pour être infaillible, doit uniquement redire ce qui, selon le jugement de celui qui écoute, est contenu dans la Révélation et a déjà été proposé à croire, sinon il est faillible. Le Magistère est conforme à la Tradition parce qu’il est infaillible, et non pas qu’il est infaillible parce qu’il est conforme à la Tradition. La Tradition et le Magistère catholique sont toujours en harmonie. S’ils s’opposent, comme c’est le cas de nos jours, c’est que l’on n’est pas en présence du Magistère de l’Eglise catholique, mais celui de la secte conciliaire et gnostique.
Dire qu’il faut contrôler le Magistère de l’Eglise en le confrontant au Magistère du passé, est contraire à tout l’enseignement des Souverains Pontifes et des théologiens, et c’est pour cela, en outre, que le Magistère n’a jamais erré ni donné des lois disciplinaires et liturgiques contraires à la foi et aux mœurs. On ne peut jamais opposer l’Eglise du passé à l’Eglise du présent, les Papes du passé au pape d’aujourd’hui, pas plus qu’on ne peut en appeler à un Concile ou à un pape futur contre les décisions d’un pape vivant, comme le fait remarquer Léon XIII : « Semblablement, c’est faire preuve d’une soumission peu sincère d’établir comme une opposition entre un Pontife et un autre. Ceux qui, entre deux directions diverses, repoussent le présent pour se tenir au passé, ne donnent pas une preuve d’obéissance envers l’autorité qui a le droit et le devoir de les guider: et sous quelque rapport, ils ressemblent à ceux qui, condamnés, voudraient en appeler au Concile futur ou à un pape mieux informé. » Epistola tua, 17. 06. 1885.
Il me semble important de vous livrer une citation du Magistère caractéristique dans son exigence pour tous les catholiques de rejeter les doctrines hérétiques et les hérétiques. Nous avons perdu ce sens du combat catholique contre l’hérésie et les hommes qui la propagent.
Concile du Latran, 5 e session du 31. 10. 649. : « canon 17. Si quelqu’un ne confesse pas en un sens propre et véritable, tout ce qui a été transmis et prêché à la sainte Eglise de Dieu, catholique et apostolique, tant par les saints Pères eux-mêmes que par les cinq vénérables conciles universels, jusqu’au dernier détail, dans les mots et dans l’esprit, qu’il soit condamné.
Canon 18. Si quelqu’un ne rejette pas et n’anathémise pas selon les saints Pères, en accord avec nous et dans la même foi, de son âme et de sa bouche, tous ceux que la sainte Eglise de Dieu, catholique et apostolique, rejette et anathémise comme hérétiques les plus abominables, avec tous leurs écrits impies, jusqu’au dernier détail et ce qui a été écrit de façon impie par qui que ce soit en leur faveur, qu’il soit condamné.
Canon 20. Si quelqu’un, selon les hérétiques impies, de quelque façon que ce soit… déplace de façon illicite les bornes que les saints Pères de l’Eglise catholique ont déterminées de façon irrévocable, et recherche de façon téméraire des nouveautés et des présentations d’une autre foi, ou des livres, ou des lettres, ou des écrits, ou des signatures, ou de faux témoignages, ou des synodes, ou des actes de débats, ou des ordinations vaines non reconnues par les canons ecclésiastiques, ou des délégations qui ne conviennent pas et sans fondement, et si d’une façon générale, comme ont coutume de faire les hérétiques, quelqu’un fait quelque chose d’autre par son activité diabolique et par des voies détournées et rusées contre les prédications pieuses des orthodoxes (ceux qui professent la vraie foi, N.d.r.) de l’Eglise catholique afin de détruire la confession sincère de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ, et qu’il persiste jusqu’à la fin, sans repentir, dans ses agissements impies, qu’un tel homme soit condamné pour les siècles des siècles, et que tout le peuple dise : qu’il en soit ainsi. » Il faudrait que les catholiques d’aujourd’hui aient la même intransigeance envers ceux qui ont rejeté le concile de Trente en signant l’accord luthero-catholique, en organisant les journées de prière à Assise, qui canonisent Ballaguer et Roncalli, etc… mais au lieu de cela, on les considère comme les autorités de l’Eglise catholique. Quelle honte et quelle trahison de la foi, surtout de la part des évêques de la Fraternité qui devraient guider les fidèles ! Le châtiment des lâches et des menteurs sera terrible.
3°/- L’hérétique quitte l’Eglise et perd tout pouvoir
Celui qui refuse obstinément l’enseignement actuel ou passé du Magistère de l’Eglise, fût-ce au nom de la Tradition ou de la foi telle que lui la comprend, est hérétique et il quitte lui-même l’Eglise catholique. Le code de droit canon de 1917 stipule que : « Tous les apostats de la foi chrétienne, ainsi que tous et chacun des hérétiques, encourent ipso facto l’excommunication. » Ipso facto veut dire par le fait même, sans qu’il soit besoin au supérieur de signifier ou de déclarer la sentence d’excommunication. Un hérétique est excommunié par le fait même qu’il rejette publiquement l’enseignement infaillible de l’Eglise, sans qu’il y ait besoin nécessairement de monition ou d’avertissement.
Le fait même d’un délit public d’hérésie exclut son fauteur de l’Eglise et lui fait perdre, en vertu de la loi même et avant tout jugement, sa fonction et sa juridiction s’il était membre de la hiérarchie. Ainsi le déclare le 3e concile de Constantinople, le 16 septembre 681, à la 18e session : « Après avoir formulé ces points avec une précision et une justesse totales, nous définissons qu’il n’est permis à personne de proposer une autre confession de foi, c’est-à-dire de l’écrire, de la composer, de la méditer ou de l’enseigner à d’autres. Quant à ceux qui oseraient composer une autre confession de foi, diffuser, enseigner, ou transmettre un autre symbole à ceux qui veulent se convertir du paganisme, du judaïsme ou de quelque hérésie que ce soit à la connaissance de la vérité, ou introduire un nouveau langage ou une expression inventée afin d’infirmer les points que nous venons définir, s’ils étaient évêques ou clercs, ils seraient exclus, les évêques de l’épiscopat et les clercs du clergé ; s’ils étaient moines ou laïcs, ils seraient frappés d’anathème. »
Le droit canon de saint Pie X, le seul que nous reconnaissons, en vigueur jusqu’en 1983, ne dit pas autre chose : « Tout office devient vacant par le fait même (ipso facto) et sans aucune déclaration si le clerc défaille publiquement de la foi catholique. » canon 188. Les théologiens et docteurs de l’Eglise n’ont jamais enseigné autre chose. Ainsi saint Robert Bellarmin écrit dans son De Romano Pontifice : « C’est la sentence de tous les anciens Pères de l’Eglise, qui enseignent que les hérétiques manifestes perdent aussitôt toute juridiction. Finalement, les saints Pères enseignent unanimement non seulement que les hérétiques sont en dehors de l’Eglise, mais encore qu’ils sont par le fait même (ipso facto) privés de toute juridiction et dignité ecclésiastique. Saint Cyprien dit : “Nous affirmons qu’aucun hérétique n’a ni pouvoir ni droit. (exit Karol Wojtyla et sa clique ! N.d.r.) L’hérétique manifeste est déposé ipso facto… les autres pécheurs sont exclus par une sentence d’excommunication (portée par les supérieurs ecclésiastiques, N.d.r.) tandis que les hérétiques s’excluent eux-mêmes et se coupent du Corps du Christ.” Saint Jérôme dit : “L’hérétique est dit condamné par lui-même car le fornicateur, l’adultère, l’homicide, et les autres pécheurs sont expulsés de l’Eglise par les prêtres, tandis que les hérétiques, prononçant une sentence contre eux-mêmes, s’excluent de l’Eglise par leur propre jugement.”
Terminons par une citation du pape Pie XII dans Mystici Corporis : « Ne sont comptés parmi les membres de l’Eglise que ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi, et qui ne se sont pas malheureusement séparés eux-mêmes de l’unité du Corps ou n’en ont pas été retranchés pour des péchés très graves par l’autorité légitime… C’est pourquoi ceux qui se séparent d’eux-mêmes en la foi ou du gouvernement ne sauraient vivre dans l’unité de ce même Corps et de ce même Esprit divin. Cependant toute faute grave ne sépare pas de par sa nature, comme le schisme, l’hérésie ou l’apostasie, un homme coupable du Corps de l’Eglise. » On ne peut pas être plus clair et plus traditionnel. Il faut être aveugle et absurde comme un clerc d’Ecône pour prétendre qu’un “cardinal” Kasper est un vrai cardinal, ayant autorité puisque nommé par le Très Saint Père Jean-Paul II.
4°/ – Roncalli, Montini, Luciani, Wojtyla sont-ils hérétiques ?
Afin de lutter contre les hérétiques modernes, appelés modernistes, le pape saint Pie X instaura tout un programme de lutte : surveillance des séminaires, censure des livres et périodiques, conseils diocésains de vigilance, serment antimoderniste. Tout homme doit prêter ce serment avant de recevoir les ordres sacrés ou avant d’accéder à un office ecclésiastique ou une chaire d’enseignement. Ce serment dit : « Moi, N…, j’embrasse et reçois fermement toutes et chacune des vérités qui ont été définies, affirmées et déclarées par le magistère infaillible de l’Eglise, principalement les chefs de doctrine qui sont directement opposés aux erreurs de ce temps. » Tout prêtre est censé connaître l’enseignement du magistère sur les hérésies et les erreurs condamnées par les conciles et les papes. Le clerc achève par cette phrase : « Je me soumets aussi, avec la révérence voulue, et j’adhère de tout mon cœur à toutes les condamnations, déclarations, prescriptions qui se trouvent dans l’encyclique Pascendi et dans le décret Lamentabili. » Tout prêtre est censé connaître et adhérer de tout son cœur aux condamnations des hérésies modernistes. Saint Pie X précisa : « Cependant, si quelqu’un avait l’audace de violer ce serment, qu’il soit déféré immédiatement au tribunal du Saint Office. » Comme chacun sait, le Saint Office s’occupe de poursuivre les hérétiques.
Roncalli et ses successeurs n’ont pas pu se soustraire à cette obligation de prêter le serment antimoderniste, ils connaissent donc bien les hérésies modernistes condamnées par l’Eglise. C’est donc en toute lucidité et connaissance de cause qu’ils violèrent leur serment en désobéissant volontairement au magistère passé par toutes les réformes qu’ils ont entreprises et les discours publics qu’ils ont prononcés. Montini ira jusqu’à supprimer le serment ! Leur pertinacité est évidente, ils sont incontestablement des hérétiques publics et formels, donc en dehors de l’Eglise. En tant que parjures ayant violé leur serment antimoderniste, ils auraient dû être traduits devant le Saint Office de l’Inquisition de la perversité hérétique, conformément aux directives de saint Pie X. Qu’aucun évêque n’ait eu l’idée ou le courage de dénoncer au Saint Office fait partie du mystère d’iniquité. Il n’en reste pas moins que ces parjures hérétiques ne pouvaient pas être élus papes validement. Ils n’ont jamais été papes.
En conclusion, prions Notre-Dame gardienne de la foi, le Cœur Immaculé de Marie, de nous conserver une foi intacte et intègre afin de pouvoir plaire à Dieu et pratiquer de bonnes œuvres de miséricorde qui nous valent le Ciel éternel. La vertu de foi est le principe et fondement, la racine de toute notre vie spirituelle, nous ne ferons jamais assez d’efforts pour la protéger contre l’hérésie et les hérétiques conciliaires.
Abbé Xavier Rolland – La Tour de David N° 18 – Octobre 2002
Prêtre libre (2)
(1) Grâce aux Éditions Saint Rémi
(2) Libre de tous liens avec la secte gnostique et hérétique conciliaire mais esclave de la Très Sainte Vierge Marie !
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