Combattre son défaut dominant : une priorité du combat spirituel

La nécessité du combat spirituel

Chacun de nous porte en lui, conséquence directe du péché originel, une multitude de défauts : orgueil, paresse, gourmandise, médisance… Mais dans cette armée de vices, il en est un qui commande tous les autres : notre défaut dominant. C’est lui le chef de bataille qu’il faut identifier, attaquer et vaincre prioritairement. Car, une fois ce général spirituel mis en déroute, ses subordonnés—les autres défauts—deviennent plus aisément vaincables.

Identifier clairement son défaut dominant

Avant de combattre, il faut connaître précisément l’ennemi. Notre défaut dominant est généralement lié à notre tempérament naturel :

  • Le flegmatique sera souvent en proie à la paresse ou à l’indécision, évitant les responsabilités.
  • Le bilieux aura tendance à l’autoritarisme, à la colère, et à imposer sa volonté.
  • Le sanguin sera tenté par l’excès de parole, l’inconstance et la superficialité.
  • Le mélancolique, quant à lui, tombera facilement dans le perfectionnisme, la critique excessive, ou encore la tristesse.

Identifier ce défaut principal demande humilité et courage. C’est souvent humiliant, car ce défaut dominant aime à se cacher derrière une prétendue vertu. Ainsi, une personne médisante croira faire preuve simplement de lucidité ; un perfectionniste estimera son exigence légitime, alors qu’elle s’accompagne souvent d’une critique injuste et blessante.

Comment reconnaître précisément son défaut dominant ?

Voici quelques questions essentielles pour aider chacun à identifier ce général de bataille :

  1. À quoi pensons-nous spontanément ? Quelles pensées nous obsèdent le plus fréquemment ?
  2. Quelle est la cause habituelle de notre joie ou de notre tristesse ?
  3. Sur quel point sommes-nous le plus souvent tentés ? Quel péché confessons-nous le plus fréquemment ?
  4. Avec quelles personnes aimons-nous passer du temps, et quel est généralement le contenu de ces moments ?
  5. Que pensent nos proches (un bon ami, un père spirituel) de notre défaut dominant ? Leur regard extérieur est précieux.
  6. Dans les moments de ferveur spirituelle, quels sacrifices le Saint-Esprit nous a-t-il inspirés ? Ce point est souvent révélateur.

Cette identification honnête et profonde est la première étape vers la victoire.

Le plan de bataille spirituelle : quatre manœuvres essentielles

Une fois le défaut clairement identifié, il faut établir un plan d’attaque précis :

1. Affermir notre volonté de combattre

Demandons-nous sérieusement : voulons-nous vraiment vaincre ce défaut ? Pour renforcer cette volonté, méditons sur l’amour de Jésus-Christ : chaque défaut Lui déplaît, Le blesse profondément et nous éloigne du ciel, notre véritable but.

2. Prier intensément pour obtenir la grâce

Le combat spirituel n’est pas seulement humain, il est divin. C’est Dieu Lui-même qui nous donne la victoire. Prions avec confiance :

« Seigneur, enlevez-moi tout ce qui m’empêche d’aller à Vous, donnez-moi tout ce qui me conduit à Vous, prenez-moi à moi et donnez-moi à Vous » (Saint Nicolas de Flüe).

3. Examiner sa conscience quotidiennement

Chaque soir, passons quelques minutes à relire notre journée : quand avons-nous cédé à notre défaut dominant ? Dans quelles circonstances précises ? Prenons-en conscience, demandons pardon à Dieu, et établissons un plan concret pour éviter ces situations à l’avenir.

4. Offrir des pénitences et des actes réparateurs

Lorsque nous tombons dans notre défaut dominant, réagissons immédiatement par une pénitence : un acte concret, un petit sacrifice ou une prière particulière. Par exemple, si notre défaut est la critique, récitons aussitôt un Ave Maria pour la personne critiquée, privons-nous d’une petite chose agréable, et cherchons à dire sincèrement du bien de cette personne.

Un combat exigeant mais gratifiant : l’exemple de sainte Thérèse

Le combat contre le défaut dominant demande patience, persévérance et humilité. Mais chaque victoire est extrêmement fructueuse. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus nous en donne un exemple édifiant : petite fille sensible, elle était sujette aux larmes. Un soir de Noël, déçue par ses cadeaux, elle était sur le point de pleurer. Pourtant, à l’instant décisif, elle choisit de sourire et de garder sa peine pour elle-même. Cette petite victoire lui permit, selon ses propres mots, de faire « des pas de géant » dans sa vie spirituelle.

Ce récit nous montre combien une première victoire sur notre défaut dominant est déterminante. Elle ouvre le chemin à une croissance rapide dans la vertu.

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Gardons courage et confiance !

Le combat spirituel est long, parfois difficile, mais il est surtout rempli d’espérance. Nous ne combattons pas seuls : Dieu nous accompagne de Sa grâce à chaque étape.

Ayons donc la force et l’humilité d’identifier notre défaut dominant, la volonté ferme de le combattre, et la confiance absolue que Dieu couronnera nos efforts. Le ciel est à ce prix, et chaque effort consenti nous rapproche un peu plus de notre Seigneur Jésus-Christ.

Que la Très Sainte Vierge Marie, victorieuse de tout péché, nous aide dans ce noble combat !

Combattons courageusement notre défaut dominant : c’est le premier pas vers la sainteté.

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