Dimanche de Laetare
Ce Dimanche, appelé Lætare, du premier mot de l’Introït de la Messe, est un des plus célèbres de l’année. L’Église, en ce jour, suspend les saintes tristesses du Carême ; les chants de la Messe ne parlent que de joie et de consolation ; l’orgue, muet aux trois Dimanches précédents, fait entendre sa voix mélodieuse ; le diacre reprend la dalmatique, le sous-diacre la tunique [19] : et il est permis de remplacer sur les ornements sacrés la couleur violette par la couleur rose. Nous avons vu, dans l’Avent, ces mêmes rites pratiques au troisième Dimanche appelé Gaudete. Le motif de l’Église, en exprimant aujourd’hui l’allégresse dans la sainte Liturgie, est de féliciter ses enfants du zèle avec lequel ils ont déjà parcouru la moitié de la sainte carrière, et de stimuler leur ardeur pour en achever le cours. Nous avons parlé, au jeudi précédent, de ce jour central du Carême, jour d’encouragement, mais dont la solennité ecclésiastique devait être transférée au Dimanche suivant, dans la crainte qu’une trop grande liberté ne vint altérer en quelque chose l’esprit du jeune : aujourd’hui rien ne s’oppose a la joie des fidèles, et l’Église elle-même les y convie.
La Station, à Rome, est dans la Basilique de Sainte-Croix-en-Jérusalem, l’une des sept principales de la ville sainte. Élevée au IVe siècle par Constantin, dans la villa de Sessorius, ce qui l’a fait appeler aussi la basilique Sessorienne, elle fut enrichie des plus précieuses reliques par sainte Hélène, qui voulait en faire comme la Jérusalem de Rome. Elle y fit transporter, dans cette pensée, une grande quantité de terre prise sur le mont du Calvaire, et déposa dans ce sanctuaire, entre autres monuments de la Passion du Sauveur, l’inscription qui était placée au-dessus de sa tête pendant qu’il expirait sur la Croix, et qu’on y vénère encore sous le nom du Titre de la Croix. Le nom de Jérusalem attaché à cette Basilique, nom qui réveille toutes les espérances du chrétien, puisqu’il rappelle la patrie céleste qui est la véritable Jérusalem dont nous sommes encore exilés, a porté dès l’antiquité les souverains Pontifes à la choisir pour la Station d’aujourd’hui. Jusqu’à l’époque du séjour des Papes à Avignon, c’était dans son enceinte qu’était inaugurée la Rose d’or, cérémonie qui s’accomplit de nos jours dans le palais où le Pape fait sa résidence.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
4e DIMANCHE DE CARÊME
Jour de Providence
Pratique
Remerciez, à votre premier réveil, la divine providence de tous les secours que vous en avez reçus depuis que vous êtes au monde, des soins maternels qu’elle a pris de votre conduite, et des périls où elle vous a protégé sans que vous l’ayez mérité. Ensuite demandez-lui humblement qu’elle les continue et qu’elle les augmente à votre égard. Faites, dans la journée, de fréquents retours vers elle par des actes de foi, de confiance et d’abandon. Ayez-1a toujours devant les yeux ; adorez-la, rendez-vous digne de ses faveurs et de ses bontés ; attribuez-lui, et non à, votre industrie, tous vos heureux succès ; entrez avec un esprit de foi dans ses adorables desseins sur vous ; ne sortez point, ne vous émancipez jamais de sa conduite, et persuadez-vous qu’elle ordonne tout ce qui vous arrive pour votre bien et pour votre salut.
Méditation sur la providence
Ier POINT. — Jésus voulut aller au delà du lac de Tibériade, et il fut suivi d’une grande multitude, attirée par les guérisons miraculeuses qu’il faisait. (Saint Jean, 6.)
Joignez-vous en esprit au peuple qui suit Jésus-Christ, et qui ne s’embarrasse pas où il pourra trouver de quoi boire et manger. Abandonnez-vous comme lui à sa divine providence, et, si votre abandon est parfait, soyez sûr du succès, et que Jésus-Christ fera plutôt un miracle que de vous laisser manquer du nécessaire.
Commencez à vous laisser convaincre de la vérité et de l’infaillibilité de la divine providence. Soyez persuadé que si, par impossible, il n’y en avait point, dit saint Augustin, il n’y aurait point de religion, point de Jésus-Christ, et point de Dieu. Si vous avez jamais eu des doutes sur cette vérité fondamentale de notre religion, déposez-les, réparez- les au plus tôt par des actes de foi, de confiance et d’abandon ; et puisez dans la conduite des peuples de notre Évangile et dans les miracles de Jésus, et de quoi vous en convaincre, et de quoi ne vous en défier jamais.
L’infidélité contre la divine providence est tantôt dans l’esprit, quand on ne la croit pas, quand on ne la respecte pas, quand on se propose d’autres mesures pour parvenir à ses fins sans la consulter ; elle est tantôt dans le cœur, quand on n’y adhère pas, quand on ne l’aime pas, et quand on se révolte secrètement contre elle ; et tantôt dans les mains et dans les actions, quand on agit comme s’il n’y avait point de Providence ; et cette triple infidélité est d’autant plus criminelle, qu’outre les preuves évidentes que nous en avons dans toutes les créatures, qui en sont, dit saint Augustin, les prédicateurs muets, nous en portons toutes les preuves sensibles dans nous-mêmes. Faisons seulement une serieuse réflexion sur la conduite de Dieu à notre égard, et nous en conviendrons. Les périls que nous avons évités, les secours certains qui ne nous ont jamais manqué dans nos plus pressants besoins, les ressources que nous avons trouvées dans nos misères spirituelles et temporelles en sont des preuves. Vous me direz : Je n’en ai jamais douté. Mais trouvez bon qu’avant de vous croire, je vous demande si vous ne vous êtes jamais défié de cette providence. N’avez-vous jamais été agité de sollicitudes excessives pour l’avenir ? Ne vous êtes-vous point proposé, pour parvenir à vos fins, d’autres routes que celles qui vous étaient marquées par cette providence ? L’avez-vous toujours consultée pour vos projets et pour tous vos desseins ? N’avez-vous point murmuré contre elle, quand il vous est arrivé quelque chose de fâcheux ? Ne vous êtes-vous point soustrait et émancipé de sa conduite, en vous chargeant vous seul du soin de vous-même, sans lui rapporter vos vues ? Si cela est, vous prenez le change, vous en avez douté ; et si votre doute n’a pas été, selon vous, dans la spéculation et dans l’esprit, il a été dans votre cœur et dans toute votre conduite ; c’est ce qu’il est important de réformer.
IIe POINT. – Jésus leva les yeux sur le peuple qui le suivait, et il dit à Philippe : Où achèterons-nous du pain pour nourrir tout ce monde ?
Adorez, aimez la divine providence qui éclate aujourd’hui dans les regards des yeux de Jésus-Christ, dans les sollicitudes de son cœur, dans les miracles de ses mains qui en sont les dispensatrices. Il lève les yeux, marque de l’attention qu’il faisait aux besoins de ce peuple ; il fait connaître par là qu’il se charge du soin de nourrir ceux qui se reposent sur ses bontés, qui le suivent, qui écoutent sa parole, et qui n’oublient leurs besoins corporels que pour penser à ceux de l’âme, qui sont bien plus pressants.
Ses yeux adorables, qu’il lève sur son peuple, étaient les fidèles interprètes de son cœur ; il est touché, il entre en sollicitude, et la sollicitude d’un Dieu si bon et si puissant nous doit dispenser d’en avoir d’excessives. Sa bouche parle, elle demande, elle s’informe tendrement, quoiqu’il sût bien qu’il n’avait qu’a fouiller dans les trésors de sa providence pour trouver de quoi rassasier ce peuple. Enfin ses mains toutes-puissantes font un miracle éclatant ; et avec cinq pains d’orge et deux poissons il nourrit abondamment cinq mille hommes, pour nous faire connaître que voir nos misères, les sentir et nous secourir, c’est la même chose en lui.
Quelle consolation pour nous de savoir qu’il y a en notre Dieu une providence éclairée, compatissante, tendre et toute-puissante, qui se mêle de notre conduite, qùi a plus de plaisir à nous secourir que nous n’en avons à recevoir ses bienfaits ; de pouvoir sûrement, dans nos besoins et dans nos afflictions, nous jeter avec confiance entre ses bras, et d’être sûrs de n’être jamais repoussés ni délaissés !
Si vous la croyez, aimez-la ; si vous l’aimez, recourez-y dans tous vos besoins. N’ayez pas les mêmes abattements ni les mêmes alarmes quand vous craignez que quelque chose ne vous manque ; les mêmes réserves et la même duplicité dans votre conduite, la même confiance en votre savoir-faire et en votre propre industrie, comme si vous étiez le seul artisan de votre fortune et le seul arbitre de votre sort ; ni la même ardeur à chercher la consolation dans les créatures quand vous êtes dans l’affliction.
Que craignez-vous ? Cette providence si secourable a-t-elle abandonné aucun de ceux qui l’ont implorée avec confiance ? A-t-elle abandonné les trois enfants dans la fournaise de Babylone ? A-t-elle abandonné le jeune Moïse exposé sur les eaux ? A-t-elle abandonné le chaste Joseph dans sa prison ? A-t-elle abandonné Jonas dans un naufrage et dans le ventre d’une baleine ? A-t-elle abandonné la chaste Suzanne injustement accusée d’adultère ? A-t-elle abandonné, Job sur le fumier et Daniel dans la fosse aux lions ?
Sentiments
Divine providence, puissante dispensatrice de tous les biens, mère secourable dans tous nos besoins, je vous adore, je vous aime, je mets eu vous toute ma confiance ; je vous rends mille actions de grâces des bienfaits que j’ai reçus de vous, et je vous demande humblement pardon de toutes les infidélités que j’ai commises contre vous par mes ingratitudes, par mes défiances par mes injustes plaintes et par mes alarmes sur l’avenir. Je me restitue moi-même à vous ; je me remets en aveugle sous votre adorable conduite, dont je ne m’écarterai jamais.
Je veux dorénavant vous suivre jusque dans les déserts les plus écartés, pour écouter vos divines paroles et admirer vos prodiges. Je ne m’alarmerai plus de rien, pourvu que vous soyez avec moi, et vous serez ma force, ma lumière, ma richesse, mon espérance, ma nourriture et ma vie. Vous avez élevé vos yeux sur le peuple qui vous suivait, vous avez senti ses besoins, vous l’avez nourri ; abaissez vos yeux, Seigneur, sur mes misères ; considérez tendrement plutôt les besoins de mon âme que ceux de mon corps ; ouvrez-moi les entrailles de votre miséricorde ; nourrissez-moi du pain céleste de votre divine parole ; faites-la entendre aux oreilles de mon cœur, et rendez-moi digne de me nourrir souvent du pain substantiel de votre corps et de votre sang, beaucoup plus vivifiant que celui que vous donnâtes au prophète Élie, puisqu’il me soutiendra pour me conduire, non à la montagne d’Horeb, mais au céleste séjour que vous avez promis à ceux qui vous aiment.
Sentences de l’Écriture Sainte et des Saints Pères
Justes, craignez le Seigneur, parce que tous ceux qui le craignent ne manqueront de rien. (Ps. 33.)
Peuples de la terre, confiez-vous au Seigneur, espérez en lui, répandez vos cœurs en sa présence, parce qu’il est notre protecteur éternel. (Ps. 61.)
Si le monde était soustrait, par impossible, par un seul clin d’œil, de la conduite et du gouvernement de la divine providence, il périrait dans l’instant, et il retournerait au néant d’où il est sorti. (S. Jérôme.)
La divine providence ne consulte pas même les désirs des justes, quand il leur en échappe pour les biens temporels, parce qu’elle leur prépare des biens beaucoup plus précieux dans l’éternité. (S. Jérôme.)
Prière
Écoutez nos prières, ô Dieu de miséricorde ; exaucez nos vœux ; et ne méprisez pas les larmes de douleur que nous répandons en votre présence sur nos péchés et sur nos misères. Nous avons été dans l’affliction ; mais nous avouons sincèrement que nous l’avons mérité, parce que nous vous avons offensé. Nos péchés exigeaient de votre justice des châtiments bien plus rigoureux sans votre miséricorde, qui est infinie. Nous adorons votre divine providence dans nos peines, puisqu’elle ne nous les a envoyées que pour nous exempter des supplices de l’autre vie. Nous consentons de bon cœur, dans ce saint temps, à nous imposer encore des peines volontaires, pour apaiser votre justice. Mais, Seigneur, adoucissez-les par la consolation et par l’onction de votre grâce et de votre amour. Nous renonçons à toute autre consolation sensible : heureux si vous êtes avec nous dans nos peines et dans nos tribulations. Nous vous en prions par les mérites deJésus-Christ, votre Fils et notre Seigneur.
Point de la Passion
Préférence de Barabbas
Il est surprenant que les moyens dont Pilate se servait pour délivrer Jésus lui devaient causer plus de honte et plus d’infamie, Dieu le permettant ainsi par un décret de sa Providence, et Jésus-Christ le souffrant par un excès de son amour. En effet, le président, qui ne savait pas encore que la malice des Juifs était extrême, et leur fureur implacable contre le Sauveur, leur proposa un expédient qui aurait dû réussir, en se servant du droit qu’ils avaient de délivrer un criminel à la fête de Pâque. Il n’eut garde de proposer Jésus-Christ seul, persuadé qu’il eût été infailliblement rejeté ; mais pour venir plus sûrement à bout de son dessein, il le mit en parallèle avec le plus méchant de tous les hommes, à la mort duquel tout le monde devait s’intéresser ; et c’est ainsi qu’il espérait sauver Jésus-Christ.
Quelle odieuse comparaison, ô mon Sauveur ! et dans quelle étrange balance vous met-on aujourd’hui ! Ah ! que le Prophète avait raison de dire que les enfants des hommes étaient faux et menteurs dans leurs balances, frauduleux et injustes dans leurs jugements de comparaison ! Mendaces filii hominum instateris. (Ps. 62.) Levons-la, cette balance, et voyons lequel des deux l’emportera pour la vie ou pour la mort, de Barabbas ou de Jésus-Christ, du criminel ou de l’innocent, du fils de Bélial ou du Fils de Dieu, de l’homicide ou du Sauveur, du séditieux ou du Dieu de paix, d’un voleur qui dépouille et massacre les hommes, ou de Celui qui vient se dépouiller pour nous enrichir et s’immoler pour nous donner la vie. Levons-la, dis-je, cette balance, dont l’événement redoutable doit tenir en suspens tous les hommes qui y sont intéressés, et attendons ce qu’elle décidera. Je tremble, ô mon Dieu ! les cris du peuple décident contre vous en faveur du séditieux et de l’homicide. Le côté de la balance où vous êtes tombé et l’emporte sur l’autre, parce qu’avec vous mes péchés y sont, et ceux de tous les hommes qui ont été, qui sont et qui seront jusqu’à la consommation des siècles : ils font un poids si énorme et si pesant, qu’ils sont cause que Barabbas parait plus innocent que vous. Hélas ! il vivra, et vous mourrez ; son sang sera épargné, et le vôtre sera répandu !
Le peuple le demande, il prononce votre arrêt de mort ; il est confirmé dans le ciel : l’indigne président acquiesce à cette injustice contre ses lumières et contre sa propre conscience ; et cette cruelle ignominie était seule capable de vous donner la mort ; non seulement le peuple crie, mais il menace. Pilate, avant d’acquiescer, répond à leurs furieuses clameurs : Que voulez-vous donc que je fasse de Jésus, qui est appelé Christ ? Les cris du peuple, excité par les pharisiens, augmentent, et il demande hautement et avec la dernière insolence qu’il soit crucifié, et que Barabbas soit délivré.
Quelle humiliation ! quelle ignominie pour un Dieu de majesté, d’être ainsi l’opprobre des hommes, l’objet du mépris et de toute la fureur d’une population insolente ; d’être mis par la voix commune de son propre peuple au-dessous du plus scélérat et du plus corrompu de tous les hommes, et d’être destiné à une mort honteuse et cruelle, comme étant réputé plus pernicieux à la société des autres hommes, et plus méprisable qu’un voleur et un séditieux, et plus digne du plus cruel et du plus infâme genre de mort qu’un homicide !
Textes de la Messe
| Dominica Quarta in Quadragesima | Quatrième Dimanche de Carême |
| I Classis | 1èree Classe |
| Statio ad S. Crucem in Ierusalem | Station à Ste Croix en Jérusalemn |
| Ant. ad Introitum. Is. 66, 10 et 11. | Introït |
| Lætáre, Ierúsalem : et convéntum fácite, omnes qui dilígitis eam : gaudéte cum lætítia, qui in tristítia fuístis : ut exsultétis, et satiémini ab ubéribus consolatiónis vestræ. | Réjouis-toi, Jérusalem, et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez ; tressaillez de joie avec elle, vous qui avez été dans la tristesse afin que vous exultiez et soyez rassasiés à la mamelle de vos consolations. |
| Ps. 121, 1. | |
| Lætátus sum in his, quæ dicta sunt mihi : in domum Dómini íbimus. | Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur. |
| V/.Glória Patri. | |
| Oratio. | Collecte |
| Concéde, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, qui ex merito nostræ actiónis afflígimur, tuæ grátiæ consolatióne respirémus. Per Dóminum nostrum. | Faites, s’il vous plaît, Dieu tout-puissant, que, justement affligés à cause de nos péchés, nous respirions par la consolation de votre grâce. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ. |
| Léctio Epístolæ beáti Páuli Apóstoli ad Gálatas. | Lecture de l’Épitre de Saint Paul Apôtre aux Galates. |
| Gal. 4, 22-31. | |
| Fratres : Scriptum est : Quóniam Abraham duos fílios habuit : unum de ancílla, et unum de líbera. Sed qui de ancílla, secúndum carnem natus est : qui autem de líbera, per repromissiónem : quæ sunt per allegóriam dicta. Hæc enim sunt duo testaménta. Unum quidem in monte Sina, in servitútem génerans : quæ est Agar : Sina enim mons est in Arábia, qui coniúnctus est ei, quæ nunc est Ierúsalem, et servit cum fíliis suis. Illa autem, quæ sursum est Ierúsalem, líbera est, quæ est mater nostra. Scriptum est enim : Lætáre, stérilis, quæ non paris : erúmpe, et clama, quæ non párturis : quia multi fílii desértæ, magis quam eius, quæ habet virum. Nos autem, fratres, secúndum Isaac promissiónis fílii sumus. Sed quómodo tunc is, qui secúndum carnem natus fúerat, persequebátur eum, qui secúndum spíritum : ita et nunc. Sed quid dicit Scriptura ? Eíce ancillam et fílium eius : non enim heres erit fílius ancíllæ cum fílio líberæ. Itaque, fratres, non sumus ancíllæ fílii, sed líberæ : qua libertáte Christus nos liberávit. | Mes frères, il est écrit qu’Abraham eut deux fils, l’un de l’esclave, et l’autre de la femme libre. Mais celui de l’esclave naquit selon la chair ; et celui de la femme libre, naquit en vertu de la promesse. Cela a été dit par allégorie ; car ces femmes sont deux alliances : l’une sur le mont Sina, qui enfante pour la servitude, et c’est Agar ; car Sina est une montagne d’Arabie, qui correspond à la Jérusalem d’à présent, laquelle est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d’en-haut est libre, et c’est notre mère. En effet, il est écrit : Réjouis-toi, stérile, qui n’enfantes pas ; éclate, pousse des cris de joie, toi qui ne deviens pas mère ; parce que les enfants de la délaissée sont plus nombreux que ceux de la femme mariée. Pour nous, mes frères, nous sommes, comme Isaac, les enfants de la promesse. Et de même qu’alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’esprit, ainsi en est-il encore maintenant. Mais que dit l’Écriture ? Chasse l’esclave et son fils ; car le fils de l’esclave ne sera pas héritier avec le fils de la femme libre. Ainsi, mes frères, nous ne sommes point les enfants de l’esclave, mais de la femme libre ; et c’est par cette liberté que le Christ nous a rendus libres. |
| Graduale. Ps. 121, 1 et 7. | Graduel |
| Lætátus sum in his, quæ dicta sunt mihi : in domum Dómini íbimus. | Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur. |
| V/. Fiat pax in virtúte tua : et abundántia in túrribus tuis. | Que la paix soit dans tes forteresses, et l’abondance dans tes tours. |
| Tractus. Ps. 124, 1-2. | Trait. |
| Qui confídunt in Dómino, sicut mons Sion : non commovébitur in ætérnum, qui hábitat in Ierúsalem. | Ceux qui se confient dans le Seigneur, sont comme la montagne de Sion. Il ne sera jamais ébranlé, celui qui habite dans Jérusalem. |
| V/. Montes in circúitu eius : et Dóminus in circúitu pópuli sui, ex hoc nunc et usque in sǽculum. | Des montagnes sont autour d’elle ; et le Seigneur est autour de son peuple, dès maintenant et à jamais. |
| + Sequéntia sancti Evangélii secundum Joánnem. | Lecture du Saint Evangile selon saint Jean. |
| Ioann. 6, 1-15. | |
| In illo témpore : Abiit Iesus trans mare Galilǽæ, quod est Tiberíadis : et sequebátur eum multitúdo magna, quia vidébant signa, quæ faciébat super his, qui infírmabántur. Súbiit ergo in montem Iesus : et ibi sedébat cum discípulis suis. Erat autem próximum Pascha, dies festus Iudæórum. Cum sublevásset ergo óculos Iesus et vidísset, quia multitúdo máxima venit ad eum, dixit ad Philíppum : Unde emémus panes, ut mandúcent hi ? Hoc autem dicebat tentans eum : ipse enim sciébat, quid esset factúrus. Respóndit ei Philíppus : Ducentórum denariórum panes non suffíciunt eis, ut unusquísque módicum quid accípiat. Dicit ei unus ex discípulis eius, Andréas, frater Simónis Petri : Est puer unus hic, qui habet quinque panes hordeáceos et duos pisces : sed hæc quid sunt inter tantos ? Dixit ergo Iesus : Fácite hómines discúmbere. Erat autem fænum multum in loco. Discubuérunt ergo viri, número quasi quinque mília. Accépit ergo Iesus panes, et cum grátias egísset, distríbuit discumbéntibus : simíliter et ex píscibus, quantum volébant. Ut autem impléti sunt, dixit discípulis suis : Collígite quæ superavérunt fragménta, ne péreant. Collegérunt ergo, et implevérunt duódecim cóphinos fragmentórum ex quinque pánibus hordeáceis, quæ superfuérunt his, qui manducáverant. Illi ergo hómines cum vidíssent, quod Iesus fécerat signum, dicébant : Quia hic est vere Prophéta, qui ventúrus est in mundum. Iesus ergo cum cognovísset, quia ventúri essent, ut ráperent eum et fácerent eum regem, fugit íterum in montem ipse solus. | En ce temps-là, Jésus s’en alla au delà de la mer de Galilée ou de Tibériade ; et une multitude nombreuse le suivait, parce qu’elle voyait les miracles qu’il opérait sur les malades. Jésus monta donc sur une montagne, et là il s’assit avec ses disciples. Or la Pâque, jour de fête des Juifs, était proche. Ayant donc levé les yeux, et voyant qu’une très grande multitude venait à lui, Jésus dit à Philippe : Où achèterons-nous des pains pour leur donner à manger ? Mais il disait cela pour l’éprouver ; car, lui, il savait ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit : Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour que chacun en reçût un peu. Un de ses disciples, André, frère de Simon-Pierre, lui dit : Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? Jésus dit donc : Faites asseoir ces hommes. Or il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Jésus prit alors les pains et ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis ; il leur donna de même des poissons, autant qu’ils en voulaient. Lorsqu’ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : Ramassez les morceaux qui sont restés, pour qu’ils ne se perdent pas. Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze corbeilles avec les morceaux qui étaient restés des cinq pains d’orge après que tous eurent mangé. Ces hommes, ayant donc vu le miracle qu’avait fait Jésus, disaient : Celui-là est vraiment le prophète, qui doit venir dans le monde. Mais Jésus, sachant qu’ils allaient venir l’enlever pour le faire roi, s’enfuit de nouveau, tout seul, sur la montagne. |
| Credo | |
| Ant. ad Offertorium. Ps. 134, 3 et 6. | Offertoire |
| Laudáte Dóminum, quia benígnus est : psállite nómini eius, quóniam suávis est : ómnia, quæcúmque vóluit, fecit in cælo et in terra. | Louez le Seigneur, car il est bon : chantez à la gloire de son nom, car il est doux : tout ce qu’il a voulu, le Seigneur l’a fait au ciel et sur la terre. |
| Secreta. | Secrète |
| Sacrifíciis præséntibus, Dómine, quǽsumus, inténde placátus : ut et devotióni nostræ profíciant et salúti. Per Dóminum. | Jetez un regard favorable sur le présent sacrifice, nous vous en supplions, Seigneur, afin qu’il accroisse notre dévotion et contribue à notre salut. Par Notre-Seigneur. |
| Præfatio de Quadragesima. | . |
| Ant. ad Communionem. Ps. 121,3-4. | Communion |
| Ierúsalem, quæ ædificátur ut cívitas, cuius participátio eius in idípsum : illuc enim ascendérunt tribus, tribus Dómini, ad confiténdum nómini tuo. Dómine. | Jérusalem qui est bâtie comme une ville, dont toutes les parties se tiennent ensemble. Car c’est là que montaient les tribus, les tribus du Seigneur, pour célébrer votre nom, ô Seigneur ! |
| Postcommunio. | Postcommunion |
| Da nobis, quǽsumus, miséricors Deus : ut sancta tua, quibus incessánter explémur, sincéris tractémus obséquiis, et fidéli semper mente sumámus. Per Dóminum. | Donnez-nous, s’il vous plaît, ô Dieu miséricordieux, de traiter avec un respect sincère vos choses saintes dont nous sommes sans cesse nourris et de nous en approcher avec esprit de foi. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ. |
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