LES CATHOLIQUES ADORENT-ILS LE MÊME DIEU QUE LES MUSULMANS ?

De nos jours, beaucoup de gens sont persuadés que les catholiques et les musulmans rendraient un culte d’adoration au même Dieu. C’est en tout cas l’enseignement constant des dirigeants de la société gouvernée par les promoteurs de Vatican II qui se fait passer pour l’Église catholique.
Paul VI : « Mais le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour. » 1
Paul VI : « Nous voudrions aussi que vous sachiez que l’Église reconnaît les richesses de la foi islamique, une foi qui nous lie au Dieu unique. » 2
Jean-Paul II : « Nous croyons au même Dieu, le Dieu unique, le Dieu vivant, le Dieu qui crée les mondes et porte ses créatures à leur perfection. […] L’homme est un être spirituel. Nous, croyants, nous savons que nous ne vivons pas dans un monde fermé. Nous croyons en Dieu. Nous sommes des adorateurs de Dieu. Nous sommes des chercheurs de Dieu. L’Église catholique regarde avec respect et reconnaît la qualité de votre démarche religieuse, la richesse de votre tradition spirituelle. » 3
Or, toutes ces déclarations ne sont pas correctes. La raison étant que – selon la formule employée par un célèbre docteur de l’Église – le Coran s’oppose à la morale et au culte du vrai Dieu.
Saint Jean Bosco : « Le Coran, si l’on peut dire, est une série d’erreurs les plus énormes, contre la morale et contre le culte du vrai Dieu. Par exemple, il excuse quiconque nie Dieu par peur de la mort, permet la vengeance, assure à ses disciples un paradis, mais rempli des seuls plaisirs terrestres. En somme, la doctrine de ce faux prophète permet tellement d’obscénités, que l’âme chrétienne a en horreur de les nommer. » 4
En effet, il existe notamment quatre raisons qui prouvent que le Coran ne vient pas du Vrai Dieu.
Premièrement, le Coran permet à ses adeptes d’apostasier sous la contrainte.
Sourate An-Nahl, verset 106 : « Quiconque a renié Allah après avoir cru – sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi – mais ceux qui ouvrent délibérément leurs cœurs à la mécréance, ceux-là ont sur eux une colère d’Allah et ils ont un châtiment terrible. »
Or, cette permission est totalement contraire à l’Évangile qui n’a jamais permis aux fidèles de renier Dieu, même s’ils craignent d’être tués pour avoir refusé de le faire.
Évangile selon Saint Matthieu, Chapitre 10, verset 28 à 33 : « Ne craignez point ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l’âme ; mais craignez plutôt celui qui peut précipiter l’âme et le corps dans la géhenne. […] Quiconque donc me confessera devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux ; mais celui qui m’aura renié devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux.»
Deuxièmement, le Coran permet à ses adeptes de consommer le mariage avec des filles prépubères (et de les répudier après une période d’attente de trois mois).
Sourate Al-Talaq, verset 1 et 4 : « Quand vous répudiez les femmes, répudiez-les conformément à la période d’attente prescrite ; et comptez la période ; et craignez Allah votre Seigneur. […] Si vous avez des doutes à propos de la période d’attente de vos femmes qui n’espèrent plus avoir de règle, leur délai est de trois mois. De même pour celles qui n’ont pas encore de règles. »
Or, cette permission s’oppose à la loi naturelle qui nous défend d’avoir une relation sexuelle avec une fille trop jeune pour être capable de réaliser la première finalité du mariage, à savoir : la procréation et l’éducation des enfants.
Saint Thomas d’Aquin : « Au moment de contracter mariage, les époux doivent avoir non seulement l’esprit suffisamment mûr, mais encore les aptitudes physiques nécessaires pour être à l’âge où l’on peut transmettre la vie. » 5
Code de droit canonique de 1917, Canon n° 1067, § 1-2 : « L’homme ne peut contracter validement mariage avant seize ans accomplis, et la femme avant quatorze ans accomplis. Quoique le mariage contracté après cet âge soit valide, les pasteurs d’âmes tâcheront cependant d’en écarter ceux qui n’ont pas encore atteint l’âge admis par les usages de la région pour contracter mariage. »
Troisièmement, le Coran prétend que Dieu aurait prêté serment sur des choses créées comme les vents, les Anges, ainsi que toutes les choses visibles et invisibles (y compris les démons).
Sourate Ad-Dariat, verset 1 : « Par les vents qui tourbillonnent… »
Sourate Ad-Dariat, verset 4 : « Par les anges qui se répartissent les charges… »
Sourate Al-Haaqqa, versets 38 à 39 : « Je jure par ce que vous voyez, ainsi que par ce que vous ne voyez pas… »
Or, Dieu a explicitement révélé qu’il ne pouvait jurer que par lui-même.
Livre d’Isaïe, chapitre 45, verset 22 à 24 : «Convertissez-vous à moi et vous serez sauvés, vous tous, confins de la terre ; parce que moi je suis Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre. Par moi-même j’ai juré ; il sortira de ma bouche une parole de justice, et elle ne reviendra pas : que devant moi tout genou fléchira, et toute langue jurera par mon nom. »
Épitre aux Hébreux, chapitre 6, verset 13 : « Dieu n’ayant personne de plus grand par qui il pût jurer, jura par lui-même. »
Saint Alphonse de Liguori : « On trouve encore dans le Coran bien des choses indignes de Dieu. […] On y représente Dieu jurant par les vents, par les Anges, et même par les démons, tandis que Dieu ne peut jurer que par lui-même, et nullement par les créatures. » 6
Quatrièmement, le Coran prétend que le paradis serait en partie un lieu de jouissance sexuelle.
Ibn Qayyim El Jawzyya : « Et Dieu a dit : “Aucun homme avant eux ne les a jamais déflorées, pas plus qu’aucun génie.” [Sourate Ar-Rahman, verset 74]. […] Ces Houris n’ont jamais eu de relation sexuelle auparavant. Elles furent créées au paradis. Et Dieu, qu’Il soit magnifié, a dit : […] “Les gens pieux l’emportent sur les autres au paradis. Ils y auront des jardins et des vignobles, des jeunes filles aux seins juvéniles, et toutes du même âge.” [Sourate An-Naba, versets 31 à 33]. La forme des Houris a été décrite par Dieu : leurs seins ressemblent à des grenades qui ne tombent pas, naturellement redressés. […] D’après le Hadith d’Abou Houreira, les compagnons ont demandé au prophète : “Est-ce que l’on couchera avec nos femmes ?” Et il leur répondit : “Les habitants du paradis copuleront avec leurs femmes, elles redeviendront vierges après chaque coït.” Selon Amar Ibn Rachid et Abou Houreira, le messager de Dieu fut questionné ainsi : “Est-ce que les habitants du paradis toucheront leurs femmes ?” Et il leur répondit : “Par celui qui m’a envoyé avec la vérité, les sexes ne se fatigueront pas et le désir ne se lassera pas.” Dans un autre Hadith, le prophète d’Allah a dit : “Les pieuses pour les pieux, ils jouiront ensemble, de la même manière que dans la vie terrestre. La seule différence réside dans le fait que la femme ne tombera pas enceinte.” » 7
Or, cette croyance s’oppose radicalement à l’enseignement du Christ aux Saducéens.
Évangile selon Saint Matthieu, chapitre 22, versets 29 à 30 : « Vous errez, ne comprenant ni les Écritures, ni la puissance de Dieu.Car, à la résurrection, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris ; mais ils seront comme des anges de Dieu dans le ciel. »
De plus, l’Église précise également que cette conception lubrique de la vision béatifique est contraire à la raison naturelle.
Pie II : « Votre loi admet au paradis des plaisirs que ni Solon ni Lycurgue 8 n’ont permis sur terre. Que de souillures naissent de la nourriture, de la boisson et des autres plaisirs, dont il serait honteux de parler au paradis ? Car, ou bien les hommes seraient engendrés sans fin et rempliraient tout pour ne jamais mourir ; ou bien les rapports entre l’homme et la femme seraient vains, sans fruit, ce qui est condamné dès ce monde. Vous dites : “À quoi bon les femmes, s’il n’y a pas de rapports sexuels ?” Nous disons aussi : “À quoi bon les rapports sexuels, s’il n’y a pas de génération ?” Vous direz : “À cause du plaisir.” Mais c’est un plaisir vil et indigne qui n’a pas sa place au paradis. Car comment cette souillure peut-elle y être tolérée, alors qu’ici-bas elle est interdite comme obscène, et n’est permise que pour la descendance, ou pour éviter un mal plus grand ? » 9
Saint Alphonse de Liguori : « Le paradis que promet le Coran, est un paradis dont les brutes mêmes auraient honte, si elles étaient douées de raison, un paradis qui ne fait goûter que les plaisirs des sens ; c’est au point que le Mahométan Avicenne, rougissant d’une semblable promesse, prétend que Mahomet avait parlé à ce propos d’une manière allégorique ; mais le Coran n’admet nulle part cette interprétation d’Avicenne. » 10
En conséquence, puisque ces quatre “dogmes” coraniques constituent autant de blasphèmes contre la Divinité, nous devons logiquement en conclure que les musulmans n’adorent pas le Vrai Dieu, car son Église enseigne qu’il est impossible de L’adorer en blasphémant contre Lui.
Jean XXII, Constitution In agro dominico (27 Mars 1329), Erreur d’Eckhart concernant le rapport de Dieu au monde et à l’homme, Article n°6 : « Celui qui blasphème Dieului-même, loue Dieu. [Censure] : […] Pour que des articles de ce genre ou leur contenu ne puisse continuer de corrompre les cœurs des gens simples qui les ont entendus, Nous condamnons et réprouvons expressément comme hérétique les quinze premiers articles. »
En résumé, le dieu de Mahomet ne peut pas être le Dieu véritable, car il ne convient pas au Vrai Dieu de révéler des lois immorales et des croyances absurdes. Il s’agit donc en réalité d’un dieu étranger, d’un faux dieu, d’un démon.
Pie II, Lettre au sultan Mehmet II (1460) : « La loi de Mahomet n’a pas converti à Dieu, mais elle a détourné de Lui. »
Objection n°1 :
Le pape Pie XI dit que les musulmans croient encore en Dieu et l’adorent.
Pie XI : « Dans ce combat engagé par la puissance des ténèbres contre l’idée même de la Divinité, Nous gardons l’espérance que la lutte sera vaillamment soutenue, non seulement par ceux qui se glorifient de porter le nom du Christ, mais aussi par tous les hommes (et ils sont l’immense majorité dans le monde) qui croient encore en Dieu et l’adorent.» 11
Réponse :
Dans la déclaration ci-dessus, Pie XI dit simplement qu’il espère que la lutte contre l’athéisme sera soutenue par tous ceux qui – même s’ils ne se glorifient pas de porter le nom du Christ – croient encore en Dieu et l’adorent. Mais rien n’indique que cette phrase faisait allusion aux musulmans. Dans un autre document, Pie XI explique qu’un grand nombre de tièdes et de peureux – même s’ils adorent Dieu dans le fond de leur conscience – ont matériellement coopéré à la déchristianisation, parce qu’ils ont craint de subir des persécutions de la part des ennemis de Dieu.
Pie XI : « Cependant,les ennemis de Dieu et de Jésus-Christ sont malheureusement parvenus à attirer aussi un grand nombre de tièdes et de peureux qui, tout en adorant Dieu dans le fond de leur conscience, coopèrent toutefois, au moins matériellement, soit par respect humain, soit par crainte des maux terrestres, à la déchristianisation d’un peuple qui doit à la religion ses plus belles gloires. » 12
Cette citation montre bien que Pie XI ne parlait pas des musulmans, car ces derniers ne font pas partie des tièdes qui adorent Dieu dans le fond de leur conscience, mais plutôt des ennemis de Dieu (comme nous le verrons dans la réponse à la deuxième objection).
Objection n°2 :
Dans une lettre adressée à un roi de confession musulmane, le pape saint Grégoire VII dit que les catholiques adorent le même Dieu que les musulmans.
Saint Grégoire VII : « Cette charité, nous et vous, nous nous la devons plus encore que nous la devons aux autres peuples, nous qui confessons et reconnaissons, bien que de façon différente, un seul Dieu, et qui le vénérons et le louons chaque jour comme créateur des siècles et gouverneur de ce monde. » 13
Réponse :
Dans cette lettre, ce pape dit simplement que les musulmans et les catholiques partagent en commun le fait de confesser et de reconnaître un seul Dieu (même s’ils le font d’une manière différente). Ceci dit, il n’affirme pas que les catholiques et les musulmans adorent le même Dieu. Dans le texte Latin, ce souverain pontife a utilisé la formule : unum Deum (qui signifie : un seul Dieu). Mais, contrairement à ce que soutiennent nos adversaires, il n’a jamais employé la formule eumdem Deus (qui veut dire : le même Dieu). Dans une autre lettre adressée à l’un de ses évêques, ce pape allait même jusqu’à écrire que les Sarrasins constituaient une nation mauvaise et perverse, car ils obligeaient les prêtres à enfreindre la loi de Dieu.
Saint Grégoire VII : « Nous comprenons que tu sois lassé d’un double combat, puisque tu souffres des embûches dissimulées des chrétiens et que, du fait dela persécution des Sarrasins, tu es poussé à perdre non seulement la subsistance nécessaire à la fragilité humaine, mais encore la foi elle-même. En effet, pour un prêtre, enfreindre la loi de Dieu sur l’ordre d’un pouvoir temporel n’est-il rien d’autre que renier sa foi ? Mais, grâce à Dieu, au milieu d’une nation mauvaise et perverse, la constance de ta foi s’est fait connaître à tous comme un astre, au point que, présenté à l’audience royale, tu as choisi de souffrir divers tourments, plutôt que de célébrer sur ordre du roi des ordinations contre les canons. » 14
De plus, dans une autre lettre adressée à un empereur, ce souverain pontife encourageait ses fidèles à prendre les armes contre ces ennemis de Dieu.
Saint Grégoire VII : « Je le crois et je l’affirme, par l’inspiration de Dieu, cet avertissement, les Italiens et les Ultramontains l’acceptèrent avec joie, et déjà plus de cinquante mille se préparaient à ce but, et s’ils pouvaient m’avoir comme chef et pontife dans l’expédition, ils se lèveraient les armes à la maincontre les ennemis de Dieu et, conduits par le Seigneur lui-même, atteindraient le tombeau du Seigneur. » 15
Ainsi, le fait que ce pape considère les musulmans comme des ennemis de Dieu prouve clairement que l’interprétation que nos adversaires ont fait de sa lettre au roi de Mauritanie est totalement erronée.
Objection n°3 :
Le catéchisme de saint Pie X dit que les musulmans adorent le seul vrai Dieu.
Catéchisme de saint Pie X (1905), Chapitre X, § 6 : « Qu’est-ce que les infidèles ? Les infidèles sont ceux qui ne sont pas baptisés et qui ne croient pas en Jésus-Christ ; soit qu’ils croient à de fausses divinités et les adorent, comme les idolâtres ; soit que, tout en admettant le seul vrai Dieu, ils ne croient pas au Christ Messie, venu en la personne de Jésus-Christ ou encore à venir : tels sont les mahométans et autres semblables. »
Réponse :
La première version du catéchisme de Saint Pie X n’enseigne pas que les musulmans adorent le seul vrai Dieu, mais plutôt qu’ils admettent le seul vrai Dieu, car ils ne professent pas le polythéisme. Toutefois, ce catéchisme précise en outre que les musulmans ne croient pas au Christ. La raison étant que, selon la croyance Mahométane, le Christ est censé revenir à la fin des temps pour briser la croix.
Mahomet : « Par celui qui tient mon âme entre ses mains, il ne fait aucun doute que le fils de Maryam descendra parmi vous et qu’il jugera équitablement. Il brisera la croix, tuera les porcs et abrogera la capitation. L’argent sera tellement en abondance que personne n’en voudra plus, et une seule prosternation vaudra mieux que le monde entier et ce qu’il contient. » 16
Cette déclaration du fondateur de l’islam est manifestement en contradiction avec l’enseignement du Christ qui enjoignait ses disciples à porter leur croix (au sens propre comme au sens figuré).
Évangile selon saint Luc, chapitre 14, verset 27 : « Et qui ne porte point sa croix et ne me suit point, ne peut être mon disciple. »
De plus, l’Apôtre saint Paul nous a clairement mis en garde contre les personnes qui marchent en ennemis de la croix du Christ.
Épitre aux Philippiens, chapitre 3, versets 18 à 19 : « Caril y en a beaucoupdont je vous ai souvent parlé (et je vous en parle encore avec larmes), qui marchent en ennemis de la croix du Christ ; dont la fin sera la perdition, dont le Dieu est le ventre, qui mettent leur gloire dans leur ignominie, et qui n’ont de goût que pour les choses de la terre. »
Tout ceci montre bien que les musulmans et les catholiques ne croit pas au même Messie. Car le vrai Messie ne brisera jamais la croix.
Notons cependant que, dans la deuxième version du catéchisme de saint Pie X, la phrase stipulant que les musulmans admettent le seul vrai Dieu a été supprimée.
Catéchisme de la doctrine chrétienne publié par ordre de S.S le pape Pie X (1912), Partie I, Chapitre VI, Question 125, p. 34 : « Qu’est-ce que les infidèles ? Les infidèles sont les non-baptisés qui ne croient en aucune manière au Sauveur promis, c’est-à-dire au Messie ou Christ ; tels sont les idolâtres et les mahométans. »
Objection n°4 :
Lors du concile œcuménique du Vatican, l’Église catholique a condamné l’opinion selon laquelle le Dieu unique ne peut pas être connu à la lumière naturelle de la raison humaine.
Pie IX : « Si quelqu’un dit que le Dieu unique et véritable, notre créateur et Seigneur, ne peut être connu avec certitude par ses œuvres à la lumière naturelle de la raison humaine, qu’il soit anathème. » 17
Or, sachant que les musulmans admettent l’existence d’un Dieu unique créateur de l’univers, nous sommes donc obligés d’en conclure qu’ils adorent le vrai Dieu avec les catholiques.
Réponse :
Les musulmans ont seulement une connaissance naturelle de Dieu. Mais cette connaissance n’est pas suffisante pour posséder la foi divine, sans laquelle il est impossible d’adorer Dieu « en esprit et en vérité » (Jean 4 ; 24).
Pie IX : « Si quelqu’un dit que la foi divine n’est pas distincte de la connaissance naturelle que l’on peut avoir de Dieu et des règles de la moralité, et que, par suite, il n’est pas requis pour la foi divine que l’on croie à la vérité révélée à cause de l’autorité de Dieu qui révèle, qu’il soit anathème. » 18
En effet, le docteur Angélique nous explique que l’on ne peut pas connaître réellement Dieu en ayant une fausse opinion de Lui.
Saint Thomas d’Aquin : « Or, c’est par l’infidélité que l’homme est le plus éloigné de Dieu, parce qu’il n’en a pas la vraie connaissance, et que par la fausse connaissance qu’il en a, il ne s’approche pas, mais s’éloigne plutôt de Lui. Et il est impossible aussi que celui qui a une fausse opinion de Lui le connaissepourtant en quelque chose, car ce que cet homme a dans son opinion n’est pas Dieu. » 19
Objection n°5 :
Jésus-Christ enseigne que l’on peut adorer Dieu sans le connaître (Jean 4 ; 22). Donc les musulmans adorent le vrai Dieu, comme les Samaritains.
Réponse :
Quand Notre Seigneur disait à la femme samaritaine que les Samaritains adoraient ce qu’ils ne connaissaient pas, Il ne voulait pas dire par-là que les Samaritains adoraient le vrai Dieu, mais qu’ils adoraient autre chose que Lui. Dans l’Ancien Testament, le fait d’adorer ce que l’on ne connaît pas signifiait que l’on adorait de fausses divinités (Deutéronome 13 ; 2-13). Sur cette question, le docteur Angélique expliquait également que l’on ne pouvait pas adorer Dieu en croyant qu’Il serait quelque chose qu’Il n’est pas, comme c’était le cas des Samaritains qui tenaient plusieurs opinions erronées sur Dieu (et ce qui est aussi le cas des musulmans).
Saint Thomas d’Aquin : « Ainsi, puisque Dieu est absolument simple, si l’on a de Lui une connaissance fausse, ce ne peut être en connaissant quelque chose de Lui et en ignorant de Lui autre chose ; cela ne peut venir que de ce qu’Il n’est pas atteint et qu’Il reste inconnu. Par conséquent, quiconque croit que Dieu est quelque chose qu’Il n’est pas, par exemple un corps 20 ou autre chose de ce genre, n’adore pas Dieu, parce qu’il ne Le connaît pas, mais adore autre chose.Or, les Samaritains avaient de Dieu une opinion doublement fausse. En premier lieu, ils Le croyaient corporel, et par suite croyaient qu’Il était localisé dans un lieu unique, corporel, et que c’était en cet endroit qu’il fallait L’adorer. De plus, ils ne croyaient pas qu’Il est au-dessus de tout [Ephésiens 4 ; 6], mais Le pensaient égal à certaines créatures ; aussi, avec Lui, adoraient-ils des idoles, comme si elles Lui étaient égales. Ils ne Le connaissaient donc pas, puisqu’ils ne parvenaient pas à une connaissance vraie de Lui. Voilà pourquoi le Seigneur dit: “Vous adorez, vous, ce que vous ne connaissez pas”[Jean 4 ; 22], et vous n’adorez pas Dieu, car ce n’est pas Lui que vous connaissez, mais ce que vous avez imaginé et que vous prenez pour Dieu.» 21
Objection n°6 :
Saint Paul dit que les Athéniens adoraient Dieu sans le connaître (Actes 17 ; 23). Donc les musulmans adorent Dieu de la même manière que les Athéniens.
Réponse :
Dans ce même verset (Actes 17 ; 23), saint Paul qualifie les cultes des Athéniens de « simulacres ». Et dans le verset suivant (Actes 17 ; 24), l’Apôtre des gentils explique aux Athéniens que le « Dieu inconnu » auquel ils avaient construit un autel était en fait le Créateur de l’univers. Ce passage indique simplement que les Athéniens adoraient Dieu de manière inconvenable, puisqu’ils L’adoraient à égalité avec les fausses divinités, alors qu’Il exige que le culte de latrie ne lui soit rendu qu’à Lui seul. C’est pourquoi la Sainte Écriture nous rapporte au sujet de saint Paul que « son esprit était ému en lui, en voyant cette ville livrée à l’idolâtrie » (Actes 17 ; 16). Ceci dit, il n’y a aucun rapport entre les cultes des Athéniens et le culte des musulmans, puisque ces derniers n’ont jamais prétendu adorer plusieurs divinités. Néanmoins, cela ne prouve pas que les disciples de Mahomet adorent le vrai Dieu ; car, comme nous l’avons vu précédemment, ces derniers ont une fausse conception de la divinité (contrairement aux Athéniens, qui – malgré leur polythéisme – savaient au moins que le Dieu qu’ils ne connaissaient pas ne leur avait jamais promis un paradis rempli d’esclaves sexuelles appelées “Houris”). D’ailleurs, nous savons aujourd’hui que – bien avant la naissance du Mahométisme au VIIème siècle – certains païens avaient parfaitement conscience de l’unité de Dieu (au point que leurs paroles contredisaient leurs propres cultes) …
Saint Alphonse de Liguori : « De là vient, ainsi que le remarque Saint Cyrille, que plusieurs philosophes païens, guidés par les seules lumières naturelles, ont été d’avis qu’il ne pouvait y avoir qu’un seul Dieusouverain, indépendant, maître absolu du monde, et que tous les autres dieux dépendaient de lui. Cette opinion a été émise par un philosophe de l’école de Pythagore, nommé Onatus et cité par Stobée. Il y a, dit-il, un Dieu qui l’emporte en force, en grandeur, en puissance, et qui commande à tous les autres : c’est là le Dieu qui gouverne l’univers. Mais il y a aussi d’autres dieux qui parcourent le ciel d’après le mouvement imprimé à l’univers, et en suivant régulièrement cette Intelligence suprême : Imperat omnibus isqui robore, magnitudine, ac virtute prœsiat, qui quidem sit universi moderator Deus. Reliqui vero dii sunt, qui per cœlum universi motu decurrunt, primum ordine sequentes Intelleclum [Cf. Apud Stobœum. Eclogar, l, 1. c. 3]. — Cicéron écrit, de son côté, que Dieu ne peut se concevoir que comme une intelligence indépendante et libre, comprenant et animant toutes choses : Deus alio modo intelligi non potest nisi ut mens soluta et libera, omnia senliens et movens [Cf. Tuscut. 1. 1]. — Aristote écrit également que le sentiment commun parmi les hommes est que les dieux sont soumis à une domination : Omnes homines affirmant Deos esse sub imperio ; c’est-à-dire que tous les dieux obéissent à un seul. — Saint Jean Chrysostome affirme que tous les poètes ont partagé ce sentiment, et qu’ils ont regardé le dieu principal comme le père de toutes choses : Poetœ omnes primum principemque Deum universe parentem appellant rerum omnium. […] Clément d’Alexandrie écrit qu’Anaxagore, Protagoras, Evhémère, et Diodore, furent regardés par les Grecs comme des athées, mais qu’en réalité ils ne l’étaient pas : ils passèrent pour tels, parce qu’ils méprisaient la pluralité des dieux, et croyaient qu’il n’y a qu’un seul Dieu, créateur et conservateur de toutes choses. […] Quant aux Perses, Zoroastre, leur législateur, a laissé par écrit la définition suivante de Dieu : Ens est primum, œternum, immortale, sine socio mil œquali, a se existens, perpetuum, etc. [Apud Euseb. Prœpar. evang. I. 1. c. 10. ad fin] : Le premier des êtres, éternel, immortel, sans adjoint ni égal, existant par lui-même, immuable, etc. […] Saint Cyprien [Cf. De ldolor. vanit. vers. Fin] fait observer que parmi les païens, le peuple, tout en adorant plusieurs dieux, reconnaissait néanmoins comme instinctivement un Dieu suprême ; en effet, il avait fréquemment à la bouche des paroles de ce genre : « O Deus ; Deus videt ; Deo commendo ; Deus mihi reddet : O Dieu ! —. Dieu le voit ; — Je le recommande à Dieu ; — Dieu me le rendra ; » — paroles que Tertullien appelle les cris d’une âme naturellement chrétienne : Testimonium animœ naluraliter christianae [Cf. Apologet. c. 17]. » 22
Objection n°7 :
Le cardinal Bellarmin dit que les musulmans adorent le seul vrai Dieu.
Saint Robert Bellarmin : « Même s’ils sont impies, les juifs et les Turcs adorent un seul Dieu. » 23
Réponse :
Ici, le cardinal Bellarmin admet effectivement que les juifs et les musulmans adorent un seul Dieu, mais il ne précise pas qu’il s’agit du Vrai. D’ailleurs, en écrivant que les juifs et les musulmans sont impies, ce docteur de l’Église admet implicitement qu’ils n’adorent pas le vrai Dieu, puisque l’adoration véritable est incompatible avec l’impiété.
Catéchisme de la doctrine chrétienne publié par ordre de S. S le pape saint Pie X (1912), Partie II, Chapitre I, Question 171, p. 44 : « Qu’est-ce que l’impiété ? L’impiété est le refus à Dieu de tout culte. »
De surcroît, ce saint docteur nous rappelle également que les faux prophètes cherchent toujours à convaincre d’adorer des faux dieux.
Saint Robert Bellarmin : « Le Deutéronome, au chapitre 13, commande, avec la plus grande sévérité, que soient mis à mort, sans pitié, les faux prophètes qui persuadent d’adorer les dieux étrangers. » 24
Or, si les partisans de Vatican II admettent que Mahomet était un faux prophète, alors ils sont obligés d’en déduire que ce dernier a parlé au nom d’un dieu étranger. Car, si les modernistes prétendent que Mahomet adorait le Dieu véritable, alors ils sont obligés d’en conclure que Mahomet était un vrai prophète (puisqu’un faux prophète ne saurait adorer le vrai Dieu, ni un vrai prophète adorer un dieu étranger). En conséquence, prétendre que les disciples de Mahomet adoreraient le vrai Dieu avec les catholiques reviendrait à admettre que Mahomet fut un vrai prophète.
Conclusion :
L’Apôtre saint Jacques nous enseigne qu’il est bon de croire en l’existence d’un seul Dieu, mais que cette croyance n’a rien de méritoire, car même les démons savent que Dieu est unique.
Épitre de saint Jacques, chapitre 2, verset 19 : « Tu crois qu’il n’y a qu’un seul Dieu, tu fais bien ; mais les démons le croient aussi, et ils tremblent. »
Dès lors, puisque les démons ne sont pas de véritables adorateurs de Dieu, la prédication du monothéisme n’est donc pas un critère suffisant pour déterminer si les musulmans adorent le vrai Dieu avec les catholiques.
Notre Seigneur Jésus-Christ a dit : « Celui qui n’honore point le Fils, n’honore point le Père qui l’a envoyé. » (Jean 5 ; 23).
Ce à quoi l’Apôtre saint Jean ajoutait : « Qui croit au Fils de Dieu a le témoignage de Dieu en soi. Qui ne croit pas au Fils fait Dieu menteur, parce qu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu de son Fils. » (1 Jean 5 ; 10).
Or, nous lisons dans le Coran la phrase suivante : « Il ne convient pas à Allah de s’attribuer un Fils. » (Sourate Maryam, verset 35).
Mais si les musulmans ne croient pas que Dieu puisse avoir un Fils, alors comment peuvent-ils adorer le Père ? Du reste, l’Église catholique nous enseigne que – pour croire Dieu – il est indispensable d’adhérer au vrai concept de la Divinité (ce que les musulmans ne font pas).
Pie XI : « Ne croit pas en Dieu, celui qui se contente de faire usage du mot “Dieu” dans ses discours, mais seulement celui qui, à ce mot sacré, unit le vrai et digne concept de la Divinité. […] Notre Dieu est le Dieu personnel, surnaturel, tout-puissant, infiniment parfait, unique dans la Trinité des personnes, et tri personnel dans l’unité de l’essence Divine, le Créateur de tout ce qui existe, le Seigneur et Roi, et l’ultime consommateur de l’histoire du monde, qui n’admet, ni ne peut admettre à côté de lui aucun autre Dieu. […] Aucune foi en Dieu ne peut se maintenir pure et sans alliage si elle n’est pas soutenue par la foi au Christ. “Personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et personne ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler” (Luc 10 ; 22). “La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé Jésus-Christ.” (Jean 17 ; 3). Personne ne peut donc dire : “Je crois en Dieu, cela me suffit en fait de religion.”La parole du Sauveur ne laisse aucune place à des échappatoires de cette sorte. “Qui renie le Fils n’a pas non plus le Père, et qui confesse le Fils a aussi le Père.” (1 Jean 2 ; 23). » 25
De ce fait, pour pouvoir connaître le vrai Dieu et l’adorer avec les catholiques, il faut obligatoirement adhérer au mystère de la Très Sainte Trinité.
Pie II : « Nous confessons un Dieu en trois personnes : le Père, le Fils, et le Saint Esprit. Vous ne voulez en recevoir qu’une, et encore, car selon votre manière de parler, celle-ci ne doit être appelée ni “Père”, ni “Fils”, mais seulement “Dieu”. […] Vous ne reconnaissez point la divinité du Père. Nous confessons sa divinité, et aussi celle de son Fils. Vous rejetez la divinité du Saint-Esprit, nous le considérons de la même essence. […] Si vous êtes donc sages, vous vous détournerez de votre aveuglement, et une fois informé du mystère de la Très Sainte Trinité, par la lumière rayonnante de la vérité, vous sortirez des ténèbres, et vous adorerez avec Nous Notre Dieu, et en l’adorant, vous le connaîtrez, et vous ne serez plus en contradiction avec le saint Évangile dans lequel s’est exprimé le Verbe qui s’est fait chair. » 26
Or, ce mystère de la Très Sainte Trinité est enseigné par l’Église catholique, en dehors de laquelle il est impossible d’avoir Dieu pour Père, car celle-ci est « la maison de Dieu » (1 Timothée 3 ; 15).
Saint Cyprien de Carthage : « On ne peut pas avoir Dieu pour Père quand on n’a pas l’Église pour mère. » 27
En d’autres termes, puisque les musulmans n’appartiennent pas à l’Église catholique, ils ne peuvent pas adorer Dieu véritablement.
Grégoire XVI : « Omettant d’autres passages appropriés qui sont presque innombrables dans les écrits des Pères, Nous louerons saint Grégoire le Grand qui témoigne expressément que tel est bien l’enseignement de l’Église catholique. Il dit : “La sainte Église universelle enseigne qu’il n’est pas possible d’adorer Dieu véritablement si ce n’est en elle et affirme que tous ceux qui sont en dehors d’elle ne seront pas sauvés.” Les actes officiels de l’Église proclament le même dogme. » 28
Pierre Joly
1 5ème session de Vatican II (21 novembre 1964), Constitution Lumen Gentium, Chapitre II, § 16.
2 Discours au nouvel ambassadeur de la république islamique du Pakistan (9 septembre 1972).
3 Discours aux jeunes musulmans de Casablanca (19 août 1985).
4 Le Catholique instruit de sa religion : entretien d’un père de famille et ses fils, selon les besoins du temps (1853).
5 Somme théologique. Supplément, Question 43, Article 2.
6 Œuvres complètes de S. Alphonse de Liguori, Tome II, éd. H. Casterman (1867), Vérité de la foi, Partie III, Chapitre IV, p. 73-74
7 Le Paradis. Hadi El Arwah Ila biladi El Af’rah : Le rapprochement des âmes dans le monde des merveilles. éd. Universel (2004), Chapitre II, p. 89-92
8 Solon et Lycurgue sont deux législateurs Grecs qui ont vécu plusieurs siècles avant la naissance de Jésus-Christ.
9 Lettre au sultan Mehmet II (1460).
10 Œuvres complètes de S. Alphonse de Liguori, Tome II, éd. H. Casterman (1867) : Vérité de la foi. De la vraieÉglise contre les sectaires. Évidence de la foi catholique. Partie I, Chapitre I, p. 397
11 Encyclique Divini Redemptoris (19 mars 1937).
12 Encyclique Firmissimam Constantiam (28 mars 1937).
13 Lettre au Roi de Mauritanie Al-Na sir Ibn Alannas (1076).
14 Lettre à Cyriacus, évêque de Carthage (15 septembre 1073).
15 Lettre à l’empereur Henri IV (7 décembre 1074).
16 Sahih al-Bukhari, hadith n°3448.
17 3ème session du concile du Vatican (24 avril 1870), Constitution dogmatique Dei Filius, Chapitre 2, Canon 1.
18 3ème session du concile du Vatican (24 avril 1870), Constitution dogmatique Dei Filius, Chapitre 3, Canon 2.
19 Somme théologique, IIa IIae, Question 10, Article 3.
20 Précisons ici que le fait que Dieu ne puisse pas être un corps ne contredit en rien le mystère de l’Incarnation. Nous savons que « Dieu est Esprit » (Jean 4 ; 24), mais comme nous savons aussi qu’Il est Tout-puissant, nous croyons qu’Il possède également le pouvoir de prendre une forme humaine, de la même manière que l’homme peut revêtir un vêtement. Ainsi, la substance divine peut parfaitement habiter dans la chair du Christ sans que celle-ci puisse devenir un être corporel.
21 Commentaire de l’Évangile selon saint Jean, Chapitre IV, § 603
22 Œuvres complètes de S. Alphonse de Liguori, Tome II, éd. H. Casterman (1867) : Vérité de la foi. De la vraieÉglise contre les sectaires. Évidence de la foi catholique, Partie III, Chapitre II, p. 43-46
23 Les controverses de la foi chrétienne contre les hérétiques de ce temps, Tome I, 1ère controverse, Livre III, Chapitre X.
24 Les controverses de la foi chrétienne contre les hérétiques de ce temps, Tome II, 5ème controverse, Livre III, Chapitre XXI.
25 Encyclique Mit Brennender Sorge (14 mars 1937).
26 Lettre au sultan Mehmet II (1460).
27 De l’unité de l’Église catholique, § 6.
28 Encyclique Summo Iugiter Studio (27 mai 1832).

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