La communion spirituelle

En ces temps de crise et d’éclipse de l’Église, où il est difficile pour beaucoup de s’approcher du Saint sacrement de l’Eucharistie, il est important de comprendre ce qu’est la communion spirituelle et de la pratiquer fréquemment.

Car l’union à Dieu est le cœur de la vie chrétienne c’est l’œuvre de la sanctification qui est principalement l’œuvre de Dieu dans notre âme.

Notre-Seigneur l’a dit et répété :

« Sans Moi, vous ne pouvez rien faire. »

(Jn, XV, 5)

Nous ne pouvons en effet porter aucun fruit si nous ne sommes pas unis à Notre-Seigneur, de même qu’un sarment ne peut porter aucune grappe de raisins s’il n’est rattaché au cep de vigne. La vie chrétienne est essentiellement une vie d’union à Dieu.

Or, parmi tous les moyens que Dieu nous a donnés pour accroître cette union, le plus grand et le plus efficace, à n’en pas douter, est la sainte communion.

Plusieurs citations tirées du discours du pain de vie soulignent cette grande vérité avec une force sans égale :

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en Moi et Moi en lui. »

(Jn, VI, 57) 

« De même que le Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par Moi. »

(Jn, VI, 58)

Peut-on imaginer union plus intime et plus pénétrante ?

Mais il arrive qu’il ne soit pas possible de venir à la chapelle pour communier sacramentellement. Cela peut venir de la distance ou du devoir d’état qui empêche de venir chaque jour. Cela peut même être une circonstance telle que la messe du dimanche devienne impossible, comme par exemple pour ceux qui sont atteints par la maladie.

Face à l’impossibilité de communier sacramentellement, il existe un moyen tout simple pour participer aux effets de ce divin sacrement : la communion spirituelle.

Voici ce qu’en écrit saint François de Sales :

« Mais quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de communier réellement à la sainte messe, communiez au moins de cœur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur. »

(Introduction à la vie dévote, 2° partie, chap. 21)

Pour mieux cerner le fondement théologique de cette pratique si recommandable, il faut voir que l’union à Dieu dans la Sainte Eucharistie est double : elle est à la fois physique et spirituelle.

L’union sacramentelle se fait par la réception de Notre-Seigneur réellement présent, en chair et en os. Son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité sont réellement présents comme dans un tabernacle. Le fidèle se relevant de la sainte table est comme un ciboire, portant en lui-même son Seigneur et son Dieu.

De cette première union découle l’union spirituelle de l’âme avec Dieu, comme un effet découle de sa cause. Cette compénétration de Notre-Seigneur et de sa créature est un mystère insondable, véritable merveille de la Bonté de Dieu. Rappelons la parole de Notre-Seigneur citée plus haut :

« Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en Moi et Moi en lui. »

L’âme, ainsi unie spirituellement à son Dieu, voit se resserrer les liens de charité qui l’unissent à Notre-Seigneur. Les attaches au péché se dénouent, la volonté est affermie dans le bien. C’est l’accomplissement parfait de la promesse de Notre-Seigneur :

« Celui qui me mange vivra par Moi. »

De plus, cette présence si intime et si sanctifiante de Notre-Seigneur n’est pas passagère. Contrairement à la présence réelle et sacramentelle de Jésus qui ne dure qu’autant que durent les espèces eucharistiques, l’union spirituelle de l’âme avec son Dieu se prolonge sans limite de temps, et chaque nouvelle communion la ravive, l’augmente et renouvelle ses effets merveilleux.

La communion eucharistique opère en nous cette double union sacramentelle et spirituelle, et ce par la force même du sacrement. La communion spirituelle, quant à elle, opère dans notre âme l’union spirituelle avec Dieu sans passer par l’union sacramentelle.

Concrètement, ce que l’on appelle communion spirituelle, c’est tout simplement l’acte de désir de s’unir à Jésus-Eucharistie. Ainsi l’expose le dictionnaire de théologie catholique, citant le Concile de Trente :

« Communier spirituellement, c’est s’unir à Jésus-Christ présent dans l’Eucharistie, non pas en le recevant sacramentellement, mais par un désir procédant d’une foi animée par la charité. »

(Trente, session 13, c. 8)

En effet, Dieu n’est pas lié par ses sacrements : lorsqu’un acte sacramentel est impossible, un désir efficace peut y suppléer. Le sacrement est un signe sensible qui produit la grâce.

Le désir efficace atteint la grâce sacramentelle sans passer par le signe. Formellement, c’est donc le désir actuel de communier – ou de s’unir à Jésus-Eucharistie – qui constitue la communion spirituelle.

La communion spirituelle c’est un désir ardent et sincère de participer réellement au Corps et au Sang de Jésus-Christ lorsqu’on est privé de s’approcher de la Sainte Table par quelque empêchement légitime, désir qui doit être accompagné des mêmes actes dont se sert dans la communion réelle.

Il est vrai que la communion spirituelle n’est pas un sacrement qui opère de soi-même (ex opere operato) la grâce sanctifiante ; mais elle est une extension favorable du sacrement de l’Eucharistie, qui produit et qui augmente la grâce selon les dispositions qu’on y apporte et selon les degrés de l’amour et de l’ardeur des désirs qui l’accompagnent.

Elle est d’autant plus facile qu’on peut la pratiquer tous les jours et à toutes les heures du jour et de la nuit. On peut la pratiquer partout où l’on peut prier, pourvu que, s’unissant alors d’esprit et de coeur aux prêtres qui célèbrent les divins mystères dans le monde, on excite en soi le vrai désir de communier et qu’on pratique les actes qui doivent accompagner cette communion spirituelle pour la rendre méritoire.

Formule de communion spirituelle

Mon Jésus, je crois que Vous êtes réellement présent dans tous les tabernacles catholiques dans le monde. Je Vous aime par-dessus toutes choses et mon âme soupire après Vous. Puisque je ne puis maintenant vous recevoir dans le Saint Sacrement de l’Eucharistie, venez au moins d’une manière spirituelle dans mon coeur. Je Vous embrasse comme si Vous étiez en moi et je m’unis entièrement à Vous. Ô ne permettez pas que je me sépare de Vous ! Ô Jésus, mon Souverain et mon doux amour, blessez et enflammez mon coeur afin qu’il brûle toujours de votre amour.

Saint Alphonse de Liguori .

A vos pieds, ô mon Jésus, je me prosterne et je Vous offre le repentir de mon coeur contrit qui s’abaisse dans son néant et en Votre sainte Présence. Je Vous adore dans le Sacrement de votre amour, l’ineffable Eucharistie. Je désire Vous recevoir dans la pauvre demeure que Vous offre mon âme. En attendant le bonheur de la communion sacramentelle, je veux Vous posséder en esprit. Venez chez moi, ô mon Jésus, puisque je viens chez Vous (quand je suis dans une chapelle) ! Que Votre amour embrase tout mon être pour la vie et pour la mort. Je crois en Vous, j’espère en Vous, je Vous aime ! Prenez possession de mon coeur et rendez-le semblable au Vôtre pour qu’il veuille tout ce que Vous voulez, et déteste tout ce que Vous détestez, maintenant, toujours et pendant toute l’éternité.

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Catholiques de France

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One thought on “La communion spirituelle

  1. UN ARTICLE MAJEUR POUR LES CATHOLIQUES SINCÈRES,
    MERCI INFINIMENT À *CATHOLIQUES DE FRANCE*.

    C’ EST LE POINT CRUCIAL QUI NOUS UNI TOUS:
    JE PRÉCONISE SURTOUT DE SE RENDRE « en Esprit »….
    A LA MESSE CÉLÉBRÉE DANS L’EMPIRE CÉLESTE,
    TOUS LES SAINTS PRÊTRES LA DISENT-ILS « en Haut » ? (Certainement !)

    « TU ES PRÊTRE POUR TOUJOURS SELON L’ORDRE DE MELCHISÉDEK »…

    (L’idée est de procéder comme dans les exercices spirituels de St Ignace:
    fixer l’imagination par des représentations sonores, visuelles, olfactives…
    MÉDITER avec la liturgie valide de toujours le déroulement de l’Office,
    puis rester en Colloque avec DIEU, LUI parler en CŒUR à Cœur.)

    Alors VITE !!! « Comme•UNION(s) » ainsi de plus en plus jusqu’à….
    ….l’UNION PERMANENTE OÙ LE CHRIST RÈGNE 100% dans l’Âme,
    RÉapprenons le jeûn réel (pas manger du tout) comme nous l’a enseigné
    Notre Divin RoyJésus-Christ (40 jours… Le Carême, l’Avent…)

    BUT ULTIME DE LA RENAISSANCE CHRÉTIENNE :

    « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi.
    Ce que je vis aujourd’hui dans la chair,
    je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. »
    St Paul Apôtre.

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