Apostolat : l’existence de Dieu

Preuve et principe de l’existence de Dieu

Monseigneur Gaume, Catéchisme de persévérance


« II n’y a point d’effet sans cause. Un palais suppose un architecte, un tableau suppose un peintre, une statue suppose un statuaire ; la terre avec ses montagnes gigantesques, et ses plaines fertiles, et ses lacs, et ses rivières ; la mer, et son immensité, et son mouvement régulier, et ses vagues écumantes, et ses monstrueux habitants ; le Ciel avec ses globes lumineux, immenses, innombrables, supposent aussi une cause toute puissante, créatrice de tant de merveilles. Cette cause, quelle est-elle ? Ces merveilleux ouvrages sont-ils à eux-mêmes leur propre cause ? Mais tous vous répondent dans leur éloquent langage : « Ipse fecit nos, et non ipsi nos. C’est Dieu qui nous a faits, ce n’est pas nous qui nous sommes faits nous-mêmes. » Non, ils ne se sont pas faits, car ils ne sont pas Dieu ; la terre n’est pas Dieu, la mer n’est pas Dieu, le Ciel n’est pas Dieu, l’univers n’est pas Dieu : dans ces créatures, ne sont ni les propriétés ni les caractères incommunicables de l’Être par excellence, l’éternité, l’indépendance, l’immensité, la liberté, la spiritualité.Quelle est donc la cause qui a produit tant de merveilles ? Le hasard ? Mais le hasard n’est rien ; c’est un mot vide de sens dont l’homme se sert pour cacher son ignorance, comme le mendiant d’un haillon pour couvrir sa nudité. En effet, nous disons qu’une chose se fait par hasard, pour signifier que nous n’en connaissons pas la cause ; mais cette cause n’en existe pas moins. Le hasard n’est donc rien, il n’a donc pas fait le monde. Quelle est donc la cause créatrice de l’univers ? Les hommes ? Vraiment l’histoire est inexcusable de n’avoir pas conservé le nom de l’astronome qui a fabriqué le soleil et attaché les étoiles au firmament, le nom du géologue qui a fabriqué les Alpes et les Pyrénées ; le nom du chimiste qui a fait l’Océan. Hélas ! tous les hommes ensemble ne pourraient faire un moucheron, un grain de sable, et ils auraient fait l’univers ! Ainsi, d’une part, ce n’est ni le hasard ni l’homme qui ont fait les merveilles qui frappent nos regards ; d’autre part, ces admirables ouvrages n’ont pas toujours existé et n’ont pu se faire eux-mêmes, puisqu’ils n’ont pas les propriétés de l’Être nécessaire ; que reste-t-il ? sinon qu’ils sont l’ouvrage de cet Être éternel, infini, tout-puissant, que la langue de tous les peuples appelle Dieu. »

Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique (Ia, Question 2, Article 3)


« Que Dieu existe, on peut prendre cinq voies pour le prouver :


La première voie et la plus manifeste est celle qui se prend du mouvement. Il est évident, nos sens nous l’attestent, que dans ce monde certaines choses se meuvent. Or, tout ce qui se meut est mû par un autre. En effet, rien ne se meut qu’autant qu’il est en puissance par rapport au terme de son mouvement, tandis qu’au contraire, ce qui meut le fait pour autant qu’il est en acte; car mouvoir, c’est faire passer de la puissance à l’acte, et rien ne peut être amené à l’acte autrement que par un être en acte, comme un corps chaud en acte, tel le feu, rend chaud en acte le bois qui était auparavant chaud en puissance, et par là il le meut et l’altère. Or il n’est pas possible que le même être, envisagé sous le même rapport, soit à la fois en acte et en puissance; il ne le peut que sous des rapports divers; par exemple, ce qui est chaud en acte ne peut pas être en même temps chaud en puissance; mais il est, en même temps, froid en puissance. Il est donc impossible que sous le même rapport et de la même manière quelque chose soit à la fois mouvant et mû, c’est-à-dire qu’il se meuve lui-même. Il faut donc que tout ce qui se meut soit mû par un autre. Donc, si la chose qui meut est mue elle-même, il faut qu’elle aussi soit mue par une autre, et celle-ci par une autre encore. Or, on ne peut ainsi continuer à l’infini, car dans ce cas il n’y aurait pas de moteur premier, et il s’ensuivrait qu’il n’y aurait pas non plus d’autres moteurs, car les moteurs seconds ne meuvent que selon qu’ils sont mus par le moteur premier, comme le bâton ne meut que s’il est mû par la main. Donc il est nécessaire de parvenir à un moteur premier qui ne soit lui-même mû par aucun autre, et un tel être, tout le monde comprend que c’est Dieu.


La seconde voie part de la notion de cause efficiente. Nous constatons, à observer les choses sensibles, qu’il y a un ordre entre les causes efficientes; mais ce qui ne se trouve pas et qui n’est pas possible, c’est qu’une chose soit la cause efficiente d’elle-même, ce qui la supposerait antérieure à elle-même, chose impossible. Or, il n’est pas possible non plus qu’on remonte à l’infini dans les causes efficientes; car, parmi toutes les causes efficientes ordonnées entre elles, la première est cause des intermédiaires et les intermédiaires sont causes du dernier terme, que ces intermédiaires soient nombreux ou qu’il n’y en ait qu’un seul. D’autre part, supprimez la cause, vous supprimez aussi l’effet. Donc, s’il n’y a pas de premier, dans l’ordre des causes efficientes, il n’y aura ni dernier ni intermédiaire. Mais si l’on devait monter à l’infini dans la série des causes efficientes, il n’y aurait pas de cause première ; en conséquence, il n’y aurait ni effet dernier, ni cause efficiente intermédiaire, ce qui est évidemment faux. Il faut donc nécessairement affirmer qu’il existe une cause efficiente première, que tous appellent Dieu.


La troisième voie se prend du possible et du nécessaire, et la voici. Parmi les choses, nous en trouvons qui peuvent être et ne pas être la preuve, c’est que certaines choses naissent et disparaissent, et par conséquent ont la possibilité d’exister et de ne pas exister. Mais il est impossible que tout ce qui est de telle nature existe toujours ; car ce qui peut ne pas exister n’existe pas à un certain moment. Si donc tout peut ne pas exister, à un moment donné, rien n’a existé. Or, si c’était vrai, maintenant encore rien n’existerait ; car ce qui n’existe pas ne commence à exister que par quelque chose qui existe. Donc, s’il n’y a eu aucun être, il a été impossible que rien commençât d’exister, et ainsi, aujourd’hui, il n’y aurait rien, ce qu’on voit être faux. Donc, tous les êtres ne sont pas seulement possibles, et il y a du nécessaire dans les choses. Or, tout ce qui est nécessaire, ou bien tire sa nécessité d’ailleurs, ou bien non. Et il n’est pas possible d’aller à l’infini dans la série des nécessaires ayant une cause de leur nécessité, pas plus que pour les causes efficientes, comme on vient de le prouver. On est donc contraint d’affirmer l’existence d’un Être nécessaire par lui-même, qui ne tire pas d’ailleurs sa nécessité, mais qui est cause de la nécessité que l’on trouve hors de lui, et que tous appellent Dieu.


La quatrième voie procède des degrés que l’on trouve dans les choses. On voit en effet dans les choses du plus ou moins bon, du plus ou moins vrai, du plus ou moins noble, etc. Or, une qualité est attribuée en plus ou en moins à des choses diverses selon leur proximité différente à l’égard de la chose en laquelle cette qualité est réalisée au suprême degré; par exemple, on dira plus chaud ce qui se rapproche davantage de ce qui est superlativement chaud. Il y a donc quelque chose qui est souverainement vrai, souverainement bon, souverainement noble, et par conséquent aussi souverainement être, car, comme le fait voir Aristote dans la Métaphysique, le plus haut degré du vrai coïncide avec le plus haut degré de l’être. D’autre part, ce qui est au sommet de la perfection dans un genre donné, est cause de cette même perfection en tous ceux qui appartiennent à ce genre: ainsi le feu, qui est superlativement chaud, est cause de la chaleur de tout ce qui est chaud, comme il est dit au même livre. Il y a donc un être qui est, pour tous les êtres, cause d’être, de bonté et de toute perfection. C’est lui que nous appelons Dieu.


La cinquième voie est tirée du gouvernement des choses. Nous voyons que des êtres privés de connaissance, comme les corps naturels, agissent en vue d’une fin, ce qui nous est manifesté par le fait que, toujours ou le plus souvent, ils agissent de la même manière, de façon à réaliser le meilleur ; il est donc clair que ce n’est pas par hasard, mais en vertu d’une intention qu’ils parviennent à leur fin. Or, ce qui est privé de connaissance ne peut tendre à une fin que dirigé par un être connaissant et intelligent, comme la flèche par l’archer. Il y a donc un être intelligent par lequel toutes choses naturelles sont ordonnées à leur fin, et cet être, c’est lui que nous appelons Dieu. »

Capitaine Alphonse Magniez, Répliques du bon sens aux attaques et objections modernes contre la Religion


« Vous dîtes que nul n’a jamais vu Dieu. Pour la bonne raison que Dieu est un esprit, et qu’un esprit ne se voit pas. Avez-vous jamais vu votre esprit, vous ? Et cependant vous pensez, vous réfléchissez, vous comprenez, vous voulez. Avez-vous vu tout cela ? Non. Et néanmoins vous croyez à votre pensée, à votre réflexion, à votre intelligence, à votre vouloir, et vous sentez tout cela en vous ; c’est votre esprit ; il se révèle par des actes sans se montrer en substance. Ainsi fait Dieu. Tout l’annonce, le proclame le révèle. Il y a bien d’autres choses qu’on ne voit pas et auxquelles on est oblige de croire. Avez-vous vu la souffrance, votre propre souffrance même ? Non. Vous avez vu souffrir, vous vous êtes senti souffrir, vous avez manifesté que vous souffriez mais, ni vous, ni d’autres, n’ont vu la souffrance, votre souffrance. On ne voit donc pas tout. Et puis, ici-bas, avec les yeux de notre corps qui ne se peuvent même fixer sur le soleil, comment pourrions-nous voir Dieu ? Dieu est si grand qu’il est en même temps dans toutes les profondeurs de la terre, dans toute l’immensité des cieux ; il est aussi bien sur la terre que dans les myriades d’étoiles et dans tous les espaces. Avouez-le, si nous pouvions voir Dieu avec les yeux du corps, nous le verrions d’une façon bien restreinte, nous n’en verrions « qu’un bien petit morceau » et ainsi vu, nous le comprendrions encore moins qu’avec notre intelligence seule, qui, elle, faite à l’image de Dieu, esprit comme lui, saisit une multitude de choses que notre corps ne peut ni voir ni toucher.Lorsque vous voyez une locomotive, une automobile, filer à toute vapeur, vous vous dites qu’il a fallu un homme fort intelligent pour faire une pareille machine. Vous ne doutez pas un seul instant que ce soit un homme qui l’ait faite, et que vraiment il est intelligent. Et cependant, avez-vous vu cet homme ? Avez-vous vu son intelligence ? Non ! Vous n’avez pas besoin de le voir pour savoir qu’il existe et pour croire à son génie. Faites donc de même pour Dieu, créateur de ces immenses automobiles et locomotives qu’on appelle la terre le soleil les étoiles. »

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One thought on “Apostolat : l’existence de Dieu

  1. Cet article cherche a montrer comment l’experience de «l’echarde dans la chair» provoque chez l’apotre Paul un changement important de conviction. La permanence de cette affliction dont il aurait bien voulu etre debarrasse lui permet de comprendre comment, au c?ur d’une souffrance extreme, la grace de Dieu donne sa pleine mesure. Les drames de l’existence ne sont plus ressentis comme limite ou abandon de la grace, mais reconnus comme des lieux ou la puissance et la bonte de Dieu peuvent s’exprimer sans se contredire. This article attempts to show how the experience of « the thorn in the flesh » provokes in the apostle Paul an important change of conviction. The permanency of this affliction, from which he would have liked to be freed, permitted him to understand how, in the midst of extreme suffering, the grace of God is fully shown. The dramas of life are no longer felt as the limit or the cessation of grace, but are recognized as scenes in which the power and goodness of God can be expressed without contradiction.

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