Le Pape Borgia, Alexandre VI, était-il un débauché ?

Alexandre VI, Pape de 1492 à 1503, aussi connu sous le nom d’« Alexandre VI Borgia » (de son nom de famille) est sans cesse calomnié ! En effet, vous avez forcément entendu à son sujet que c’était un débauché, fornicateur, bisexuel, assassin, voleur etc. À la réalité, rien n’est plus faux ! Plusieurs historiens ont réfutés ces mensonges.
L’abbé Benjamin-Marcellin CONSTANT
Une étude rapide mais suffisante fut réalisée par l’abbé Benjamin-Marcellin CONSTANT en 1859 dans son remarquable ouvrage L’Histoire et l’infaillibilité des Papes. La partie concernant la réalité de la vie et des mœurs du Pape Alexandre VI se trouve dans le deuxième tome aux pages 367 à 383.
Vous trouverez les deux tomes de ce livre à lire en PDF dans cet article (c’est le deuxième livre). Attention toutefois aux numéros de pages: celles que j’ai indiqué sont ceux apparaissant sur le livre imprimé et scanné, le PDF comporte plus de pages que cela en raison du scan de la couverture et des premières pages non numérotées, les pages 367 à 382 du livre imprimé correspondent donc aux pages 377 à 392 du PDF.
Le même tome du même livre traite d’ailleurs de différentes autres accusations d’immoralité à l’endroit des Papes Innocent III, saint Grégoire VII, Innocent VIII, Serge III, Jean X et Jean XII de ses pages 323 à 367.
Mgr Justin FÈVRE
Après cette « mise en bouche », on lira avec profit ce que dit Mgr Justin FÈVRE dans son Histoire apologétique de la Papauté, tome 5, pages 599 à 647.
Père Marie-Joseph Henri OLLIVIER
Lire en ligne son livre Le pape Alexandre VI et les Borgia : Le Cardinal de Llançol y Borgia : cliquer ici.
Abbé Augustin CLEMENT (de VEBRON)
Lire en ligne son livre Les Borgia : histoire du pape Alexandre VI, de César et de Lucrèce Borgia : cliquer ici.
Matthew OLSON
Un opuscule en anglais condense la défense du Pape Alexandre VI : Apologia pro Alexander VI: The Case for Rodrigo Borgia de Matthew OLSON. Consultable ici
Il reprend en grande partie les arguments du monumental ouvrage suivant, également en anglais :
Mgr Peter De ROO
Il existe une étude magistrale qui réhabilite entièrement ce grand Pape. Celle-ci fut rédigée en anglais par Mgr Peter De ROO (Material for a History of Pope Alexander VI. His Relatives and His Time, The Universal Knowledge Fondation, New York 1924, 5 t). Cette étude est définitive, parce qu’elle n’a jamais été réfutée par qui que ce soit depuis sa parution. Mgr De ROO consacre le premier tome à la généalogie des Borgia afin de dissiper les confusions entretenues – volontairement ou non – par les historiens. Il travaille sur les documents contemporains : chroniques, biographies et archives. Il en ressort que ce pape fut la victime de sa propre générosité. Ses ennemis politiques – les familles romaines rivales : Orsini, Colonna, Savelli, Estouteville etc. – le noircirent parce qu’il avait entrepris de brider leurs ambitions. Lorsque le cardinal Rodrigo Borgia (futur Alexandre VI) accueillit ses neveux orphelins, on répandit la rumeur qu’ils étaient ses bâtards.
Voici l’intégralité de l’oeuvre en PDF : Volume I : ici Volume II : ici Volume III : ici Volume IV : ici Volume V : ici
Différence entre enseignement et comportement privé
Le Christ ordonne à Ses Apôtres :
« Les scribes et les pharisiens sont assis sur la chaire de Moïse. Observez donc tout ce qu’ils vous disent, mais ne faites pas ce qu’ils font. Car, ils disent bien ce qu’il faut faire, mais ne le font point. » (Matthieu XXIII, 2-3)
C’est une preuve que le comportement personnel d’un individus n’importe pas au regard de son office religieux lorsque c’est Dieu qui le protège (en lire plus en cliquant ici). Ainsi, même si les accusations portées contre Alexandre VI étaient vraies, on ne pourrait en tirer rigoureusement aucun argument contre la Papauté !
D’ailleurs, dans le cas contraire, que devrions-nous dire de bien des prophètes et autorités infaillibles mentionnées dans l’Ecriture Sainte ?
– Noé fut le premier ivrogne de l’histoire (Genèse IX, 20-23)
– Moïse fut un meurtrier (Exode II, 12) et Dieu ne permit pas à Moïse et Aaron d’entrer en Terre promise à cause leur manque de foi dans le Seigneur (Nombres XX, 12), est-ce pour cela qu’il faut rejeter mes Dix Commandements rapportés par Moïse ?
– Le Roi David commis un adultère puis un meurtre pour cacher ce dernier (II Samuel XI), il dut d’ailleurs pour cela subir la mort prématurée de son fils (II Samuel XII, 14-15), est-ce pour cela que nous devrions rejeter environ la moitié des Psaumes qui sont de lui ?
– Le roi Salomon, se laissant corrompre par des femmes étrangères offrit de l’encens aux idoles des faux dieux et pour cela, une partie de son royaume n’échut pas a ses descendants (I Rois XI, 1-13), est-ce pour autant qu’il faille rejeter ceux des Psaumes qui sont de lui ainsi que les livres des Proverbes, l’Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques qu’il écrivit ?
– Caïphe prophétisa de manière infaillible « étant grand prêtre cette année-là », c’est-à-dire par un charisme divin inconditionnel, alors même que son intention était la plus criminelle qui puisse être : condamner Jésus à mort (Jean XI, 47-52)
– Que dire des Apôtres qui ont laissé Jésus seul pendant son agonie (Matthieu XXVI, 40; Marc XIV, 37, Luc XXII, 44-46) et qui se sont enfuit pendant sa Passion, faut-il rejeter les livres du Nouveau Testament qu’ils ont écrit ?
– Et enfin, que dire de saint Paul qui persécuta dans la violence et le sang l’Église de Dieu et qui même après sa conversion dira de lui-même qu’il « ne mérite pas d’être appelé apôtre » (I Corinthiens XV, 10) et qu’il est « le moindre de tous les saints » (Ephésiens III, 8) ?
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