Fête de Saint Louis IX Roi de France (1214-1270)

Saint Louis fut baptisé à Poissy, et en conserva toujours religieusement le souvenir, car plus tard il signait ordinairement Louis de Poissy, marquant par là qu’il estimait la grâce du baptême comme son plus glorieux titre de noblesse. Sa mère, Blanche de Castille, voulut le nourrir elle-même. Tout le monde connaît la belle parole de cette grande reine:

« Mon fils, je vous aime après Dieu plus que toutes choses; cependant, sachez-le bien, j’aimerais mieux vous voir mort que coupable d’un seul péché mortel. »

Élevé à une telle école, le jeune Louis montra dès son enfance les grandes vertus qu’il devait faire éclater sur le trône, l’égalité d’âme, l’amour de la justice et une tendre piété. Comme on lui reprochait quelques fois de donner trop de temps aux pieux exercices:

« Les hommes sont étranges, disait-il; on me fait un crime de mon assiduité à la prière, et on ne dirait rien si j’employais des heures plus longues à jouer aux jeux de hasard, à courir les bêtes fauves, à chasser aux oiseaux. »

Devenu roi, il voulut établir avant tout le règne de Dieu, bien convaincu que c’était le meilleur moyen d’affermir sa propre autorité. On connaît sa loi condamnant les blasphémateurs à subir aux lèvres la marque d’un fer rougi au feu. Un des plus beaux jours de sa vie fut celui du 10 août 1239, où, les yeux baignés de larmes, il alla au-devant des religieux qui apportaient d’Orient la sainte Couronne d’épines, et la porta, pieds nus, dans sa capitale.

À la suite d’une maladie mortelle, guéri miraculeusement, il obéit à une inspiration du Ciel qui l’appelait aux Croisades. On le vit, dans ces luttes gigantesques, qui avaient pour but la conquête des Lieux Saints, faire des prodiges de valeur qui le mettaient au rang des plus illustres guerriers.

On se tromperait en croyant que le bon et pieux roi n’eût pas toute la noble fierté qui convenait à son rang. Les Sarrasins, qui le retinrent longtemps captif, après une désastreuse campagne, eurent lieu d’admirer sa grandeur d’âme, sa foi et son courage.

De retour en France, il s’appliqua plus que jamais à faire de la France un royaume puissant et chrétien; sa vertu le faisait regarder comme l’arbitre des princes d’Europe.

On sait avec quelle justice paternelle il réglait les différends de ses sujets. Saint Louis fut aussi un modèle du pur amour conjugal; il avait fait graver sur son anneau cette devise: « Dieu, France et Marguerite. »

Il mourut de la peste près de Tunis, en se rendant à une nouvelle Croisade, le 25 août 1270, après quarante-quatre ans de règne. Un beau monument s’élève sur le lieu de sa mort.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950

Textes de la Messe

die 25 augustile 25 août
SANCTI LUDOVICISAINT LOUIS
Regis, Conf.Roi, Confesseur
III classis (ante CR 1960 : semiduplex)IIIème classe (avant 1960 : semidouble)
Ant. ad Introitum. Ps. 36, 30-31.Introït
Os iusti meditábitur sapiéntiam, et lingua eius loquétur iudícium : lex Dei eius in corde ipsíus.La bouche du juste méditera la sagesse et sa langue proférera l’équité ; la loi de son Dieu est dans son cœur.
Ps. Ibid., 1.
Noli æmulári in malignántibus : neque zeláveris faciéntes iniquitátem.Ne porte pas envie au méchant et ne sois pas jaloux de ceux qui commettent l’iniquité.
V/. Glória Patri.
Oratio.Collecte
Deus, qui beátum Ludovícum Confessórem tuum de terréno regno ad cæléstis regni glóriam transtulísti : eius, quǽsumus, méritis et intercessióne ; Regis regum Iesu Christi, Fílii tui, fácias nos esse consórtes : Qui tecum vivit et regnat.Dieu, d’une royauté terrestre, vous avez élevé saint Louis, votre Confesseur, à la gloire du céleste royaume : daignez, nous vous en prions, nous accorder, en considération de ses mérites et de son intercession, la grâce d’être associés à la gloire du Roi des rois, Jésus-Christ votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne.
Léctio libri Sapiéntiæ.Lecture du livre de la Sagesse.
Sap. 10, 10-14.
Iustum dedúxit Dóminus per vias rectas, et ostendit illi regnum Dei, et dedit illi sciéntiam sanctórum : honestávit illum in labóribus, et complévit labores illíus. In fraude circumveniéntium illum áffuit illi, et honéstum fecit illum. Custodívit illum ab inimícis, et a seductóribus tutávit illum, et certámen forte dedit illi, ut vínceret et sciret, quóniam ómnium poténtior est sapiéntia. Hæc vénditum iusíum non derelíquit, sed a peccatóribus liberávit eum : descendítque cum illo in fóveam, et in vínculis non derelíquit illum, donec afférret illi sceptrum regni, et poténtiam advérsus eos, qui eum deprimébant : et mendáces osténdit, qui maculavérunt illum, et dedit illi claritátem ætérnam, Dóminus, Deus noster.Le Seigneur a conduit le juste par des voies droites, il lui a montré le royaume de Dieu, il lui a donne la science des saints, il l’a enrichi dans ses travaux, et a fait fructifier ses labeurs. Il l’a aidé contre ceux qui voulaient le tromper par leurs ruses et il l’a enrichi. Il l’a protégé contre ses ennemis, et l’a défendu contre les séducteurs. Il l’a engagé dans un rude combat, afin qu’il demeurât victorieux, et qu’il sût que la sagesse est plus puissante que toutes choses. Il n’a point abandonné le juste lorsqu’il fut vendu, mais il le délivra des mains des pécheurs. Il est descendu avec lui dans la fosse, et ne le délaissa point dans les chaînes, jusqu’à ce qu’il lui eût apporté le sceptre royal, et la puissance contre ceux qui l’opprimaient. Il convainquit de mensonge ceux qui l’avaient déshonoré, et le Seigneur notre Dieu lui donna une gloire éternelle.
Graduel
Iustus ut palma florébit : sicut cedrus Líbani multiplicábitur in domo Dómini.Le juste fleurira comme le palmier et il se multipliera comme le cèdre du Liban dans la maison du Seigneur.
V/. Ibid., 3. Ad annuntiándum mane misericórdiam tuam, et veritátem tuam per noctem.V/. Pour annoncer le matin votre miséricorde et votre vérité durant la nuit.
Allelúia, allelúia. V/. Iac. 1, 12. Beátus vir, qui suffert tentatiónem : quóniam, cum probátus fúerit, accípiet corónam vitæ. Allelúia.Allelúia, allelúia. V/. Heureux l’homme qui souffre patiemment l’épreuve, car lorsqu’il aura été éprouvé, il recevra la couronne de vie. Alléluia.
+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Lucam.Suite du Saint Évangile selon saint Luc.
Luc. 19, 12-26.
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis parábolam hanc : Homo quidam nóbilis ábiit in regionem longínquam accípere sibi regnum, et revérti. Vocátis autem decem servis suis, dedit eis decem mnas, et ait ad illos : Negotiámini, dum vénio. Cives autem eius óderant eum : et misérunt legatiónem post illum, dicéntes : Nólumus hunc regnáre super nos. Et factum est, ut redíret accépto regno : et iussit vocári servos, quibus dedit pecúniam, ut sciret, quantum quisque negotiátus esset. Venit autem primus, dicens : Dómine, mna tua decem mnas acquisívit. Et ait illi : Euge, bone serve, quia in módico fuísti fidélis, eris potestátem habens super decem civitátes. Et alter venit, dicens : Dómine, mna tua fecit quinque mnas. Et huic ait : Et tu esto super quinque civitátes. Et alter venit, dicens : Dómine, ecce mna tua, quam hábui repósitam in sudário : tímui enim te, quia homo austérus es : tollis, quod non posuísti, et metis, quod non seminásti. Dicit ei : De ore tuo te iúdico, serve nequam. Sciébas, quod ego homo austérus sum, tollens, quod non pósui, et metens, quod non seminávi : et quare non dedísti pecúniam me-am ad mensam, ut ego véniens cum usúris útique exegíssem illam ? Et astántibus dixit : Auferte ab illo mnam et date illi, qui decem mnas habet. Et dixérunt ei : Dómine, habet decem mnas. Dico autem vobis : Quia omni habénti dábitur, et abundábit : ab eo autem, qui non habet, et, quod habet, auferétur ab eo.En ce temps-là : Jésus dit cette parabole à ses disciples : Un homme de haute naissance s’en alla dans un pays lointain, pour prendre possession d’un royaume, et revenir ensuite. Ayant appelé dix de ses serviteurs, il leur donna dix mines, et leur dit : Faites-les valoir jusqu’à ce que je revienne. Mais ses concitoyens le haïssaient, et ils envoyèrent après lui une ambassade, pour dire : Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous. Et il arriva qu’à son retour, après avoir pris possession du royaume, il ordonna qu’on appelât les serviteurs auxquels il avait donné de l’argent, pour savoir comment chacun l’avait fait valoir. Le premier vint, et dit : Seigneur, ta mine a produit dix mines. Et il lui dit : C’est bien, bon serviteur ; parce que tu as été fidèle en peu de chose, tu auras puissance sur dix villes. Le second vint, et dit : Seigneur, ta mine a produit cinq mines. Et il lui dit : Et toi, sois établi sur cinq villes. Un autre vint, et dit : Seigneur, voici ta mine, que j’ai tenue enveloppée dans un mouchoir ; car je t’ai craint, parce que tu es un homme sévère : tu enlèves ce que tu n’as pas déposé, et tu moissonnes ce que tu n’as pas semé. Il lui dit : Je te juge par ta propre bouche, méchant serviteur. Tu savais que je suis un homme sévère, enlevant ce que je n’ai pas déposé, et moissonnant ce que je n’ai pas semé ; pourquoi donc n’as-tu pas mis mon argent à la banque, afin qu’à mon retour je le retirasse avec les intérêts ? Puis il dit à ceux que étaient présents : Ôtez-lui la mine, et donnez-la à celui qui en a dix. Et ils lui dirent : Seigneur, il a dix mines. Je vous le dis, on donnera à celui qui a déjà, et il sera dans l’abondance ; mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a.
Ant. ad Offertorium. Ps. 88, 25.Offertoire
Véritas mea et misericórdia mea cum ipso : et in nómine meo exaltábitur cornu eius.Ma vérité et ma miséricorde seront avec lui et par mon nom s’élèvera sa puissance.
SecretaSecrète
Præsta, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, sicut beátus Ludovícus Conféssor tuus, spretis mundi oblectaméntis, soli Regi Christo placére stúduit ; ita eius orátio nos tibi reddat accéptos. Per eúndem Dóminum.Faites, nous vous en prions, Dieu tout-puissant, que comme le bienheureux Louis votre Confesseur, méprisant les délices du monde, s’appliqua à ne plaire qu’au seul Christ-Roi, qu’ainsi sa prière nous rende agréable à vous.
Ant. ad Communionem. Matth. 24,46-47.Communion
Beátus servus, quem, cum vénerit dóminus, invénerit vigilántem : amen, dico vobis, super ómnia bona sua constítuet eum.Heureux le serviteur que le maître, à son arrivée, trouvera veillant ; en vérité, je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens.
PostcommunioPostcommunion
Deus, qui beátum Confessórem tuum Ludovícum mirificásti in terris, et gloriósum in cælis fecísti : eúndem, quǽsumus, Ecclésiæ tuæ constítue defensórem. Per Dóminum nostrum.Dieu, vous avez magnifié le bienheureux Louis, votre Confesseur, sur la terre, et l’avez glorifié dans le ciel : établissez-le, nous vous en prions, défenseur de votre Église.

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