Le procès des Templiers… réhabilitons-les !

En 1307, l’Ordre du Temple est accusé de plusieurs chefs d’accusation par une royauté française corrompue.
Hérésie, simonie, sodomie et idolâtrie seront les maîtres mots d’une terrible enquête judiciaire internationale qui secoua le XIVe siècle.
Cette affaire délirante est l’une des conséquences de la lutte entre le roi de France Philippe le Bel et le Pape Boniface VIII. Ce dernier a affirmé la supériorité du pouvoir Pontifical sur le pouvoir temporel des rois, en publiant la Bulle Pontificale “Unam Sanctam” en 1302.
La réponse du roi de France arrive sous la forme d’une demande expéditive de concile aux fins de destituer le Pape, il envoie ses troupes au palais Pontifical pour emprisonner le Très Saint Père avant que ce dernier l’excommunie, lui et toute sa famille par la Bulle “Super patri solio”.
Boniface VIII meurt le 11 octobre 1303. Son successeur, Benoît XI, a un Pontificat très bref puisqu’il meurt à son tour le 7 juillet 1304. Clément V est élu pour lui succéder le 5 juin 1305.

Le rouleau compresseur monstrueux du roi était lancé et ne faisait que commencer. Philippe le Bel ne s’arrêtera pas là, et fit emprisonner un nombre conséquent de Templiers afin de faire barrage au pouvoir temporel militaire le plus puissant de la Papauté, demandant aux autres monarques d’Europe de faire de même, en répandant à l’encontre des moines-soldats toutes les allégations ignominieuses imaginables.
Trompée par tant de rumeurs abominables, l’Inquisition se charge très rapidement de l’affaire et procède à des interrogatoires musclés
- affaiblissement physique (nourriture limitée à du pain et de l’eau) et psychologique ;
- emploi du chevalet (écartèlement) ;
- supplice de l’estrapade (méthode de torture où les bras de la victime sont attaché à des cordes, elle est hissée jusqu’à ce qu’elle soit suspendue pour être laissé tomber brusquement, mais sans laisser le corps toucher terre. Cela provoque une dislocation des épaules accompagnée d’une intense douleur. Des poids sont parfois fixés aux pieds de la victime pour intensifier la traction) ;
- brûlure de la plante des pieds…

Le maître de l’Ordre du Temple, Jacques de Molay fait preuve de peur et d’épuisement devant les pressions subies. Il avoue ce qu’on lui demande. Cet élément est capital pour Philippe le Bel car il lui permet de jeter le discrédit sur l’Ordre du Temple en faisant propager la nouvelle.
Si le Pape Clément V ne peut arrêter la procédure en cours, il compte tout au moins en prendre le contrôle. Le 22 novembre 1307, S.S Clément V promulgue la Bulle “Pastoralis preeminentie” ; elle garantit alors un procès public et mené conjointement par les légats du Pape et les légistes royaux.
Le Pape entend de cette manière garder le contrôle sur la procédure lancée par l’impie roi de France en l’empêchant de clore le procès prématurément. Si le Pape s’était abstenu de faire une telle démarche, il aurait cautionné par son silence l’action entamée par le roi de France contre l’Ordre.
Ainsi, Jacques de Molay et deux cent cinquante Templiers sont remis aux envoyés pontificaux. Ceci va permettre au maître de l’Ordre de revenir sur ses aveux le 24 décembre 1307, en confiant aux cardinaux que sa confession a été obtenue sous la menace de partager la même torture que ses confrères.

Pendant les six premiers mois de 1308, le roi et le Pape se livrent une bataille acharnée pour le contrôle des événements. À cet effet, Philippe le Bel utilise ses meilleures armes : la propagande, les menaces et l’intimidation !
En février 1308, S.S Clément V suspend l’action des inquisiteurs un peu trop zélés. Entre fin 1309 et début 1310, beaucoup de Templiers révèlent, lors de leur comparution devant la commission pontificale, qu’ils ont avoué ce qu’on leur demandait à cause des traitements subis.
Le grand Concile œcuménique de Vienne est convoqué en 1311. Il a pour mission de statuer sur le sort de l’Ordre du Temple. Toutefois, l’affaire se présente mal car seulement cent quatorze prélats se présentent au Concile et aucun roi ne vient, à part Philippe IV le Bel qui arrive au printemps 1312, non pour prendre part aux travaux, mais pour faire pression sur le Pape au sujet de l’Ordre du Temple.
L’inquiétude commence à régner sur le Concile, d’autant plus que la mort et les maladies graves frappent de plein fouet parmi les dignitaires de l’Église, entraînant la mort de plusieurs cardinaux. Malgré tout, la majorité des prélats s’en tiennent à leur conviction que les Templiers doivent pouvoir se défendre.
Le 20 mars 1312, alors que le Pape déclare ne pas savoir s’il supprime ou maintient l’Ordre, un événement lui force la main le jour même : Philippe le Bel, accompagné de ses trois fils et deux frères, Charles de Valois et Louis d’Évreux, arrive à Vienne à la tête d’une grande armée.

Le 22 mars 1312, le Pape Clément V tient un consistoire secret auquel assistent les membres de la commission spéciale et quelques cardinaux. Sans doute intimidés et résignés, les quatre-cinquième des membres votent pour la suppression de l’Ordre. Seul l’Évêque de Valence, Ramón Despont, proteste contre cette décision qu’il qualifie de « contraire à la raison et à la justice ».
Le même jour, le Pape Clément V fulmine la bulle “Vox in excelso” qui officialise la dissolution de l’Ordre du Temple, déjà en état de mort effective, sans pour autant le condamner.
À la suite d’un procès peu équitable, Jacques de Molay est exécuté en mars 1314 sur un bûcher dressé sur l’île aux Juifs à Paris. Les mois qui suivent cet évènement tragique vont voir naître diverses exécutions de même nature à l’encontre de nombreux Templiers.
Voici en peu de mots l’histoire vulgarisée de la fin des “Pauvres Chevaliers du Christ”, victimes d’une guerre intestinale atroce entre un pouvoir temporel impie et une Papauté affaiblie et oppressée.
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Bonjour
C’est plaisant de lire enfin, dans un site catholique de surcroît, que l’ordre religieux-militaire du Temple a été victime d’une véritable conspiration menée essentiellement par le roi de France… Philippe IV le Bel n’a rien eu de très chrétien dans cette affaire. Quant aux Templiers, tous n’étaient pas des saints (comme dans tous les ordres religieux!!) mais beaucoup sont morts en martyrs pour défendre la Terre Sainte et dans ce procès ils étaient innocents des accusations qui leur étaient portées (tous les historiens honnêtes et compétents le reconnaissent aujourd’hui).
À comparer à cet extrait du principal ouvrage écrit pour répondre aux ennemis de la proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale au concile de Vatican I :
Et :
Le pape n’est un calife que pour des catholiques qui lisent entre lignes. La Tradition et les Écritures excluent au contraire cette chose, un califat, que serait la réunion du temporel et du spirituel sous une même autorité.
En regard, les simplifications très abusives (oubli des aveux de 1307, antérieurs à toute torture, ou ignorance de maints aspects de la procédure, ou simplification des thèses des historiens bien à tort présentés comme unanimes) sont peu de choses, de même que l’acceptation des thèses du frère Michelet.
https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-16900/les-templiers/
J’ai déjà précisé cela, mais perseverare diabolicum.
Adieu.
Comme souvent, pas de nuance.
Renseignez-vous mieux sur les Templiers, et après on en reparle…
Au secours! Guerre “intestinale” sic!! Non: intestine!