« Les consécrations épiscopales de Mgr Thuc : valides et licites » Mgr Carmona

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Dans cette lettre à Monsieur Alvaro Ramirez Arandigoyen (18 Mai 1982), Mgr Moïsés Carmona Rivera explique pourquoi les consécrations épiscopales réalisées par l’archevêque Thuc étaient à la fois valides et licites, notamment en raison de la vacance du siège pontifical et de l’apostasie de la quasi-totalité de l’épiscopat déjà à cette époque.

« Cher ami,

En réponse à votre lettre je dois vous dire la chose suivante.

Il est clair que dans des circonstances normales, aucun évêque ne pourrait légalement consacrer un autre évêque sans la permission du pape, mais à l’heure actuelle nous vivons dans des circonstances qui ne sont pas du tout normales, car elles constituent un cas des plus inhabituel pour lequel rien n’a été clairement légiféré. Trois choses caractérisent notre situation actuelle :

1) Depuis la mort de Pie XII, nous n’avons eu que des imposteurs, ce qui signifie que depuis plus de vingt ans, le Saint-Siège est vacant.

2) Presque tout l’épiscopat s’est lancé dans une nouvelle religion, et a donc apostasié de la vraie Foi, renonçant à l’Église éternelle.

3) La véritable soif des fidèles de la parole de Dieu qui ne leur est plus prêchée, et leur demande de l’administration des sacrements catholiques.

Au début, nous avons placé nos espoirs sur Mgr Lefebvre, dans lequel nous avons vu un véritable évêque catholique, un défenseur de la vraie foi, avec qui la succession apostolique légitime se poursuivrait ; mais nous avons été trompés. Mgr Lefebvre n’a pas été épargné ; nous nous sommes sentis trahis en le voyant faire des affaires avec le Vatican d’où sont venus tous les coups portés à la véritable Église.

Bien que les hommes échouent, Dieu ne peut pas échouer, et Il ne peut pas abandonner Son Église. C’est pour cette raison que, providentiellement, le très illustre et humble archevêque de Hué, au Vietnam, avec ses vaillantes déclarations, a présenté à tous les hommes l’état désastreux dans lequel l’Église se trouvait aux yeux de Dieu. Il a déclaré la vacance du Saint-Siège et l’invalidité de la Nouvelle Messe, en s’engageant, comme un archevêque catholique, à faire tout ce qu’il pouvait pour l’Église.

L’épiscopat m’a été offert. J’ai dû y réfléchir beaucoup avant de pouvoir me décider. Finalement, je l’ai accepté pour la seule raison d’aider au sauvetage et au triomphe de l’Église.

Le 17 octobre, le Père Zamora et moi avons été consacrés par l’archevêque Thuc dans une véritable catacombe, avec seulement deux médecins distingués comme témoins. Nous étions tous les deux conscients des tempêtes furieuses de protestation qui allaient venir, mais les paroles de notre Divin Maître nous ont encouragés : “En vérité, en vérité, je vous le dis, vous gémirez et vous pleurerez, mais le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie.“ (Jean 16 : 20).

À notre retour au Mexique, les attaques ont commencé. Certains ont dit, sans aucun fondement, que nos consécrations étaient invalides parce que nous étions consacrés avec le nouveau rite ; d’autres, plus sérieux, ont déclaré que, sur la base des canons 953 et 2370, les consécrations étaient valables mais illicites, et qu’en conséquence nous étions suspendus. (Note de la rédaction : Mgr Carmona veut dire que certains ont affirmé faussement qu’il avait été consacré dans le nouveau rite afin de mettre en doute la validité de son épiscopat. Si Mgr Carmona avait été consacré dans le nouveau rite, ces personnes seraient en effet fondées à remettre en cause son épiscopat, mais ce ne fut pas le cas et ce n’est donc pas ce que veut dire Mgr Carmona. Il est en effet avéré que Mgr Thuc a utilisé le rite traditionnel de la consécration épiscopale — et non le nouveau rite — lorsqu’il a consacré Mgr Carmona. Nous avons les témoignages du Dr Eberhard Heller et de Mgr Zamora, tous deux présents lors de la consécration, attestant que c’est bien l’ancien rite qu’a utilisé Mgr Thuc. [1] )

Comme on peut le voir, nos détracteurs ignoraient l’axiome : “Qui cum regula ambulat, tuto ambulat“ – (Celui qui marche avec la règle, marche en toute sécurité). Ils devraient se souvenir, s’ils avaient oublié, que le pape Grégoire IX a laissé onze règles et Boniface VIII quatre-vingt-huit pour la véritable interprétation de la loi. Ces règles, selon le canon 20, peuvent fournir le défaut de la règle dans un cas particulier, comme dans le cas où nous nous trouvons actuellement. La quatrième règle de Grégoire IX stipule expressément : “Propter necessitatem, illicitum efficitur licitum“ (La nécessité rend licite ce qui est illicite). [2]

Or, on voit facilement la nécessité d’avoir des évêques et des prêtres catholiques et le manque de vrais sacrements ; dès lors, nous avons été consacrés valablement et licitement.

La règle 88 de Boniface VIII stipule également que : “Certum est quod est commis dans legem qui legem verbum complectens contra legis nititur“ (Il est certain que l’on pèche contre la règle si l’on adhère à la lettre en laissant de côté l’esprit). Il est donc injuste d’imputer au législateur le désir de nuire gravement à l’Église lors d’une vacance du Saint-Siège en interdisant l’ordination des évêques et des prêtres et l’administration des sacrements aux fidèles qui les demandent.

Par conséquent, en acceptant la consécration épiscopale de l’archevêque Thuc, nous nous sommes appuyés sur ces règles, conscients et certains que, compte tenu des circonstances dans lesquelles nous vivons, les consécrations sont à la fois valides et licites. Nous sommes également conscients et certains que nous aurions péché, si en nous fondant sur la lettre de la loi, nous avions rejeté les consécrations, car il n’y a qu’un seul évêque catholique qui puisse maintenant être trouvé pour transmettre la succession épiscopale.

(…)

Veuillez accepter mon affection la plus sincère. Je supplie Dieu de continuer à vous éclairer afin que vous puissiez continuer dans le combat, en défendant les droits du Christ et de son Église, aujourd’hui si honteusement offensés par ceux qui ont le devoir de les défendre, même si c’est au prix de leur vie.

Cordialement,
Moisés Carmona R.
18 mai 1982″


Traduction: Pierre Joly

Source: https://cmri.org/articles-on-the-traditional-catholic-faith/bishop-carmonas-defense-of-his-acceptance-of-episcopal-consecration/?hilite=Carmona

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