Que celui qui a soin des oiseaux aura aussi soin des hommes

Le Sauveur nous ne donne une seconde preuve dans ces paroles :

« Regardez cette multitude presque infinie d’oiseaux de toute espèce dont l’air est rempli (Matth. 6) ; ils ne sèment ni ne moissonnent jamais ; ils n’ont ni greniers, ni caves, ni réservoirs pour mettre leurs provisions, et pour amasser l’été de quoi vivre l’hiver : cependant votre Père céleste ne les laisse manquer de rien, et les pourvoit jusqu’aux délices et à l’excès : ils ne craignent point le serein de la nuit, quoiqu’ils y soient souvent exposés ; la providence de Dieu les tient couverts de toutes les impressions de l’air ; et quelque froid qu’il fasse, ils ne s’approchent pas du feu pour se garantir de la rigueur de la saison. Celui qui a créé le feu n’a pas besoin de lui pour échauffer ces petits animaux, il peut y suppléer par mille autres moyens qu’il tire des trésors de sa providence. Y a-t-il de la comparaison des oiseaux aux hommes ? n’êtes-vous pas d’une nature bien supérieure à celle des animaux, et créés pour une plus noble fin ? ne voyez-vous pas qu’étant d’une nature plus relevée, Dieu vous aime aussi infiniment plus que les animaux ? que craignez-vous donc, ô hommes de peu de foi ?».


Écoutez avec attention ces paroles remarquables :

« Votre Père céleste les nourrit (Matth. 6). »

C’est comme si ce divin Sauveur disait :

« Votre Père s’emploie avec tant de charité et de libéralité à l’entretien des oiseaux, qui sont de pauvres créatures faites pour votre service ; avec quel soin, quelle affection pensez-vous donc qu’il doive vous entretenir, vous qu’il reconnaît pour les images vivantes de sa divinité, et pour ses enfants légitimes à qui il a promis son royaume pour héritage ; vous, pour l’amour de qui il n’a point fait difficulté de livrer son Fils unique, semblable à lui, entre les mains des bourreaux, de le faire mourir sur une croix, rassasié de souffrances et d’opprobres, afin que par sa mort il pût vous adopter pour ses enfants, vous rendre cohéritiers et frères de ce Fils adorable, et vous ouvrir le ciel ! »


La sagesse de Dieu s’appelle en quelque endroit la nourrice de ses créatures. Quelques-uns d’entre les saints Pères, voulant montrer aux mères l’obligation qu’elles ont de nourrir leurs enfants au lieu de s’en fier, comme elles font ordinairement, à des femmes étrangères et inconnues, dont elles achètent le lait pour épargner le leur et ne pas se gêner, n’allèguent point de plus puissante raison que celle qu’ils prennent de l’exemple du Créateur qui nourrit lui-même toutes ses créatures, jusqu’aux fourmis et aux moucherons, qui sont encore moins que les oiseaux : il prépare aux fourmis leur grain en son temps, et nourrit les moucherons dans les palais des rois aussi bien que dans les cabanes du berger.

Si Dieu est si soigneux de l’entretien et de la nourriture de ces vils insectes, parce qu’ils sont ses créatures, quelque méprisables qu’ils paraissent ; croiriez-vous qu’il n’ait pas pour le moins autant de soin des hommes, qu’il a établis les maîtres de tous les animaux, et pour qui il a créé tout ce qui est visible dans le ciel et sur la terre ? Si le souverain Maître fait tant de bien aux serviteurs de ses enfants, que ne doit-il pas faire à ses enfants mêmes qu’il institue ses héritiers, qu’il appelle ses délices et ses entrailles, et pour le salut de qui il n’a pas épargné ce qu’il y a de plus saint, de plus grand et de plus adorable dans le ciel et sur la terre, son Fils bien-aimé, l’objet de toutes ses complaisances !


Le glorieux saint François avait tant de confiance en Dieu pour les choses temporelles, qu’ayant une fois convoqué ses religieux à Assise au nombre de cinq mille, et les considérant tous comme des pensionnaires de la Providence, il leur défendit très-expressément que personne se mît en peine pour les provisions nécessaires à cette multitude de religieux : « Laissez, disait-il, à Notre-Seigneur le soin de votre vie ; il vous nourrira. »

Saint Dominique, qui fut témoin de cette conduite, craignit que ce grand Saint ne semblât tenter Dieu par trop de confiance ; mais il fut étrangement surpris que de tous les environs on apportât des vivres et des meubles en abondance : ce qui le toucha si vivement, qu’il se résolut aussi lui-même à ôter les revenus à ses religieux, estimant que son ordre serait mieux fondé sur la confiance en Dieu que sur tous les biens du monde.

(Traité sur la confiance en Dieu)

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