Qu’est-ce que la bienséance ?

« Si vous voulez être vertueux vivez comme si vous étiez toujours sous le regard de quelque personnage de grand mérite et de grande vertu et ne faites et ne dites rien que comme vous le feriez en sa présence. » Sénèque

D’après le dictionnaire la bienséance est une conduite sociale conforme aux usages. Ce terme littéraire désigne un ensemble de règles de savoir-vivre. La bienséance change en fonction des lieux, époques et sociétés.

Dans le livre des Mortifications chrétienne du cardinal Mercier on peut lire :

« Rien n’était parfait comme le port de saint François ; il tenait toujours la tête droite, évitant également la légèreté qui la tourne en tous sens, la négligence qui la penche en avant et l’humeur fière et hautaine qui la rejette en arrière. Son visage était toujours tranquille, dégagé de tout gêne, toujours gai, serein et ouvert, sans cependant aucun enjouement ou badinage indiscret, sans rires bruyants, immodérés ou trop fréquents. »

« Étant seul il était aussi composé qu’en une grande assemblée. Il ne croisait pas les jambes, n’appuyait point sa tête sur son coude. Quand il priait, il était immobile comme une colonne. Lorsque la nature lui suggérait de prendre ses aises, il ne l’écoutait pas. »

Dans une société catholique, la bienséance est bien plus qu’une simple conduite sociale, puisque pour Saint Jean Baptiste de la Salle la bienséance n’a pour motif que la gloire de Dieu, pour qui on se tient bien, ainsi que la charité qu’on doit à son prochain :

« Leur modestie devait paraître à tous les hommes parce que le Seigneur était proche d’eux, c’est-à-dire par respect pour la présence de Dieu (…) et c’est un témoignage de bienveillance, d’honneur et de respect qu’on donne à des membres de Jésus-Christ ».

Loin d’être un usage mondain, Saint Jean Baptiste de la Salle pensait que cela était d’une importance capitale et que là où ne se trouvait pas la bienséance, il n’y avait pas l’esprit de Jésus-Christ.

« C’est une chose surprenante que la plupart des chrétiens ne regardent la bienséance et la civilité que comme une qualité purement humaine et mondaine et que, ne pensant pas à élever leur esprit plus haut, ils ne la considèrent pas comme une vertu qui a rapport à Dieu, au prochain et à nous-mêmes. C’est ce qui fait bien connaître le peu de christianisme qu’il y a dans le monde, et combien il y a peu de personnes qui y vivent et se conduisent selon l’Esprit de Jésus-Christ (Galat. 5, v. 10). »

Le sujet est d’une telle importance que ce grand Saint lui a consacré un ouvrage entier à l’usage de tous les chrétiens de son temps intitulé :

LES RÈGLES DE LA BIENSÉANCE ET DE LA CIVILITÉ CHRÉTIENNES.

Dans cette ouvrage le fondateur des « Frères des écoles chrétiennes » commence par définir l’importance et le but de la bienséance :

C’est cependant ce seul Esprit qui doit animer toutes nos actions pour les rendre saintes et agréables à Dieu, et c’est une obligation dont saint Paul (Ga 5, 25) nous avertit en nous disant en la personne des premiers chrétiens que, comme nous devons vivre par l’Esprit de Jésus-Christ, nous devons aussi nous conduire en toutes choses par le même Esprit (Galat. 5, v. 25).

Comme il n’y a aucune de vos actions, selon le même Apôtre (Rm 12, 1, Col 3, 17), qui ne doive être sainte, il n’y en a aussi pas une qui ne doive être faite par des motifs purement chrétiens, et ainsi toutes nos actions extérieures – qui sont les seules qui peuvent être réglées par la bienséance – doivent toujours avoir et porter avec soi un caractère de vertu. C’est ce que les pères et les mères sont obligés de considérer dans l’éducation de leurs enfants, et c’est à quoi les maîtres et maîtresses, chargés de l’instruction des enfants, doivent faire une attention particulière.

Ils ne doivent jamais, en leur donnant des règles de bienséance, oublier de leur enseigner qu’il ne faut les mettre en pratique que par des motifs purement chrétiens, et qui regardent la gloire de Dieu et le salut ; et, bien loin de dire aux enfants dont ils ont la conduite, que s’ils ne font pas une telle chose on les blâmera, qu’on n’aura pas d’estime pour eux, qu’on les tournera en ridicule – qui sont toutes manières qui ne sont bonnes qu’à leur inspirer l’esprit du monde et à les éloigner de celui de l’Évangile – lorsqu’ils voudront les porter à des pratiques extérieures qui regardent le maintien du corps et la seule modestie, ils auront soin de les y engager par le motif de la présence de Dieu, dont se sert saint Paul (Ph 4,5) pour le même sujet en avertissant les fidèles de son temps, que leur modestie devait paraître à tous les hommes parce que le Seigneur était proche d’eux, c’est-à-dire par respect pour la présence de Dieu devant qui ils étaient ; s’ils leur apprennent et leur font faire des pratiques de bienséance qui ont rapport au prochain, ils les engageront à ne donner ces témoignages de bienveillance, d’honneur et de respect que comme à des membres de Jésus-Christ et à des temples vivants, et animés du Saint-Esprit.

C’est ainsi que saint Pierre (1 Pi 2, 17.16) exhorte les premiers fidèles auxquels il écrit d’aimer leurs frères et de rendre à chacun l’honneur qui lui est dû pour se montrer de véritables serviteurs de Dieu, en témoignant que c’est Dieu qu’ils honorent en la personne de leur prochain.

Si tous les chrétiens se mettent en état de ne donner des marques de bienveillance, d’estime et de respect, que dans ces vues et par des motifs de cette nature, ils sanctifieront par ce moyen toutes leurs actions et donneront lieu de distinguer, comme on doit le faire, la bienséance et la civilité chrétienne de celle qui est purement mondaine et presque païenne ; et vivant ainsi en véritables chrétiens, ayant des manières extérieures conformes à celles de Jésus-Christ et à celles de leur profession, ils se feront discerner des infidèles et des chrétiens de nom, comme Tertullien dit qu’on connaissait et qu’on discernait les chrétiens de son temps par leur extérieur et par leur modestie.

La bienséance chrétienne est donc une conduite sage et réglée que l’on a fait paraître dans ses discours et dans ses actions extérieures par un sentiment de modestie, ou de respect, ou d’union et de charité à l’égard du prochain, faisant attention au temps, aux lieux et aux personnes avec qui l’on converse, et c’est cette bienséance qui regarde le prochain, qui se nomme proprement civilité.

On doit dans les pratiques de bienséance et de civilité avoir égard au temps – car il y en a plusieurs qui ont été en usage dans les siècles précédents, ou même il y a plusieurs années, qui ne le sont pas présentement, et celui qui voudrait encore s’en servir passerait pour un homme singulier, bien loin d’être regardé comme une personne civile et honnête.

Il faut aussi se conduire dans ce qui regarde la bienséance selon ce qui se pratique dans les pays où l’on demeure et où on se trouve – car chaque nation a ses manières de bienséance et de civilité qui lui sont particulières, ce qui fait que très souvent ce qui est messéant (inconvenable) dans un pays est regardé comme civil et honnête dans un autre.


Il y a même des choses que la bienséance exige en quelques endroits particuliers et qui sont entièrement défendus en d’autres lieux – car ce qui se doit faire chez le roi ou même dans sa chambre ne doit pas se faire ailleurs, parce que le respect qu’on doit avoir pour la personne du roi demande qu’on ait de certains égards dans sa maison qu’il ne faut pas avoir dans celle d’un particulier.

On doit aussi se conduire autrement dans sa propre maison que dans les maisons des autres, et chez les personnes qu’on connaît que chez celles qu’on ne connaît pas.

Puis donc que la civilité demande qu’on ait et qu’on fasse paraître un respect particulier pour les uns qu’on n’est pas obligé, et qu’il serait même contre la bienséance d’avoir pour les autres, quand on se rencontre ou qu’on converse avec quelqu’un, il faut faire attention à sa qualité pour le traiter et agir avec lui selon que sa qualité le demande.
Il faut aussi se considérer soi-même et ce que l’on est, car celui qui est inférieur à d’autres est obligé d’avoir de la soumission pour ceux qui lui sont supérieurs, soit par leur naissance, soit par leur emploi, soit par leur qualité, et de leur témoigner beaucoup plus de respect que ne ferait pas un autre qui leur serait tout à fait égal.

On a pris le dessein de traiter dans ce livre de ces deux choses séparément :

1. De la modestie qui doit paraître dans le port et le maintien des différentes parties du corps.

2. Des marques extérieures de respect ou d’affection particulière qu’on doit donner dans les différentes actions de la vie à toutes les personnes en présence de qui on les fait et avec qui on peut avoir affaire.

Encore aujourd’hui certain blogueur et Youtubeur toujours des femmes, évoquent la bienséance et donnent de nombreux conseils aux personnes désireuses de s’améliorer en ce domaine.

Thérèse du blog Femme à part, a rédigée un petit fascicule très instructif à l’usage des femmes, mais qui peut servir à tous :

Un site et une chaine YouTube consacrés aux bonnes manières existent également :

https://apprendre-les-bonnes-manieres.com/hanna-gas-coach-expert/

N’hésitez pas à télécharger le livre de Saint Jean Baptiste de la Salle :

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