VATICAN II ET LES FAUSSES RELIGIONS

L’Église catholique respecte-t-elle les autres religions ? Considère-t-elle que celles-ci sont louables ? Pour répondre à ces deux questions, nous allons tenter d’exposer brièvement l’enseignement de plusieurs papes en le comparant avec quelques déclarations de Paul VI et de ses successeurs.

La doctrine catholique :

1° L’Église catholique condamne tous ceux qui pensent des choses contraires à ce qu’Elle enseigne.

Eugène IV, Concile de Florence (4 février 1442), Bulle Cantate Domino : « Donc tous ceux qui pensent des choses opposés ou contraires, l’Église les condamne, les réprouve, les anathématise et les dénonce comme étrangers au corps du Christ qu’est l’Église. » 1

2° L’Église catholique enseigne que le vrai Dieu ne peut pas approuver les fausses religions.

Léon XII, Encyclique Ubi primum (5 mai 1824) : « Il est impossible au Dieu véritable, qui est la Vérité même, le meilleur et le plus sage pourvoyeur, le rémunérateur des hommes de bien, d’approuver toutes les sectes qui professent de faux enseignements souvent incompatibles les uns avec les autres et contradictoires, et de conférer des récompenses éternelles à leurs membres. » 2

3° L’Église catholique professe que ceux qui suivent une fausse religion ne vivent pas dans la même condition que les catholiques.

Pie IX, 3ème session du concile du Vatican (24 avril 1870), Constitution dogmatique Dei Filius, Chapitre 3 :« C’est pourquoi la condition de ceux qui ont adhéré à la vérité catholique grâce au don céleste de la foi n’est en rien semblable à ceux qui, guidés par des opinions humaines, suivent une fausse religion ; en effet, ceux qui ont reçu la foi sous le magistère de l’Église ne peuvent jamais avoir un juste motif de changer ou de remettre en question cette foi. » 3

4° L’Église catholique rappelle que ceux qui ne pensent pas comme Elle sur n’importe quel point de sa doctrine sont des rebelles qui doivent être chassés loin d’Elle.

Léon XIII, Encyclique Satis Cognitum (29 juin 1896) : « Pénétrée à fond de ses principes et soucieuse de son devoir, l’Église n’a jamais rien eu de plus à cœur, rien poursuivi avec plus d’effort, que de conserver de la façon la plus parfaite l’intégrité de la foi. C’est pourquoielle a regardé comme des rebelles déclarés, et chassé loin d’elle tous ceux qui ne pensaient pas comme elle, sur n’importe quel point de sa doctrine» 4

5° L’Église catholique ordonne d’éviter de fréquenter ceux qui respectent toutes les religions.

Léon XIII, Encyclique Custodi di quella fede (8 décembre 1892) :« Il faut éviter toute familiarité, non seulement avec ces libertins impies qui promeuvent ouvertement le caractère de la secte, mais aussi avec ceux qui se cachent sous le masque de la tolérance universelle, du respect de toutes les religions et du désir de concilier les Maximes de l’Évangile avec celles de la Révolution. Ces hommes cherchent à réconcilier le Christ et Bélial, l’Église de Dieu et l’État sans Dieu. » 5

6° L’Église catholique déclare que l’adhésion à la théorie erronée que toutes les religions seraient plus ou moins bonnes et louables constitue un acte d’apostasie de la foi catholique.

Pie XI, Encyclique Mortalium animos (6 janvier 1928) : « De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En véritéles partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l’athéisme. La conclusion est claire :se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée. » 6

La doctrine moderniste :

1° Monsieur Montini proclame de façon mensongère que l’Église catholique respecte les doctrines qui diffèrent de ce qu’Elle enseigne ; car, selon lui, celles-ci reflèteraient soi-disant un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes (comme si l’erreur pouvait refléter autre chose que le mensonge qui nous aveugle).

Paul VI, 7ème session de Vatican II (28 octobre 1965), Déclaration Nostra Ætate, § 2 : « L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, reflètent cependant assez souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. » 7

2° Monsieur Wojtyla prétend que l’obstination des membres de fausses religions dans leurs croyances serait un effet de l’Esprit-Saint.

Jean-Paul II, Encyclique Redemptor Hominis (4 mars 1979), § 6 : « N’arrive-t-il pas parfois que la fermeté dela croyance des membres des religions non chrétiennes effet elle aussi de l’Esprit de vérité opérant au-delà des frontières visibles du Corps mystique – devrait faire honte aux chrétiens, si souvent portés à douter des vérités révélées par Dieu et annoncées par l’Église, si enclins à laisser se relâcher les principes de la morale et à ouvrir les portes à une morale permissive ? » 8

3° Les partisans de Vatican II soutiennent que l’Esprit-Saint serait présent dans les fausses religions et qu’elles seraient guidées par Lui.

Commission théologique internationale présidée par Joseph Ratzinger (1997), Le Christianisme et les religions, § 84-85 : « En raison de cette reconnaissance explicite de la présence de l’Esprit du Christ dans les religions, on ne peut exclure la possibilité que celles-ci exercent, en tant que telles, une certaine fonction salvifique, c’est-à-dire que, même malgré leur ambiguïté, elles aident les hommes à atteindre leur fin ultime. Dans les religions, la relation de l’homme avec l’Absolu (sa dimension transcendante) est explicitement thématisée. Il serait difficilement pensable que ce que le Saint-Esprit réalise dans le cœur des hommes pris individuellement ait une valeur salvifique, mais que ce que ce même Esprit réalise dans les religions et dans les cultures ne l’ait pas. Le magistère récent ne semble pas autoriser une différenciation si radicale. […] L’Esprit qui agit dans les religions est le même que celui qui guide l’Église. » 9

4° Monsieur Wojtyla affirme également que les fondateurs de fausses religions auraient été aidés par l’Esprit de Dieu.

Jean-Paul II, Audience générale du mercredi 9 septembre 1998 : « Il est opportun de s’arrêter pour approfondir dans quel sens et par quelles voies l’Esprit-Saint est présent dans la recherche religieuse de l’humanité et dans les diverses traditions qui les expriment. […] C’est précisément de l’ouverture primordiale de l’homme à l’égard de Dieu que naissent les diverses religions. À leur origine, on trouve fréquemment des fondateurs qui ont réalisé, avec l’aide de l’Esprit de Dieu, une expérience religieuse profonde. » 10

5° Monsieur Bergoglio déclare que les fausses religions seraient voulues par Dieu.

François, Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune (4 février 2019) :«Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. » 11

6° Monsieur Bergoglio enseigne aussi que Dieu agirait dans les fausses religions.

François, Encyclique Fratelli Tutti (3 octobre 2020), Chapitre 8, § n°277 : «L’Église valorise l’action de Dieu dans les autres religions et ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui […] reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes (Cf.Conc. Œcum. Vat. II, Déclaration Nostra aetate sur les relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes, n. 2). » 12

Conclusion :

Puisque l’Église catholique nous apprend que « Dieu, souveraine vérité,ne peut être l’auteur d’aucune erreur » 13 (Cf. Encyclique Providentissimus Deus, 18 novembre 1893), il s’ensuit logiquement que les fausses religions ne peuvent pas venir de Dieu. Soutenir l’opinion inverse reviendrait à en conclure, soit que Dieu serait l’auteur de l’erreur, soit que toutes les religions seraient vraies. Cette dernière conclusion est sans aucun doute conforme à l’hérésie moderniste.

Saint Pie X, Encyclique Pascendi Dominici Gregis (8 septembre 1907) : « Ce que Nous voulons observer ici, c’est que la doctrine de l’expérience, jointe à l’autre du symbolisme, consacre comme vraie toute religion, sans en excepter la religion païenne. Est-ce qu’on ne rencontre pas dans toutes les religions, des expériences de ce genre ? Beaucoup le disent. Or, de quel droit les modernistes dénieraient-ils la vérité aux expériences religieuses qui se font, par exemple, dans la religion mahométane ? Et en vertu de quel principe attribueraient-ils aux seuls catholiques le monopole des expériences vraies ? Ils s’en gardent bien : les uns d’une façon voilée, les autres ouvertement, ils tiennent pour vraies toutes les religions. C’est aussi bien une nécessité de leur système. Car, posés leurs principes, à quel chef pourraient-ils arguer une religion de fausseté ? » 14

Cependant, l’Église catholique a toujours prêché qu’il n’existait qu’une seule vraie religion.

Léon XIII, Encyclique Immortale Dei (1er novembre 1885) : « Quant à décider quelle religion est la vraie, cela n’est pas difficile à quiconque voudra en juger avec prudence et sincérité. En effet, des preuves très nombreuses et éclatantes, la vérité des prophéties, la multitude des miracles, la prodigieuse célérité de la propagation de la foi, même parmi ses ennemis et en dépit des plus grands obstacles, le témoignage des martyrs et d’autres arguments semblables prouvent clairement que la seule vraie religion est celle que Jésus-Christ a instituée lui-même et qu’il a donné mission à son Église de garder et de propager.» 15

Saint Jean Bosco : « Les différentes religions pratiquées dans le monde peuvent-elle être également vraies ? Certainement pas. Il y a les mahométans, les protestants, c’est-à-dire les calvinistes et les luthériens, et l’Église catholique Romaine ; dans laquelle de ces sociétés se trouve la vraie religion ? La vraie religion ne se trouve que dans l’Église catholique Romaine, parce qu’elle seule conserve la révélation divine intacte… » 16

Saint Alphonse de Liguori : « Mais, reprend Rousseau, “Dieu se contente de tout culte, pourvu qu’il vienne du cœur.” Cela est complètement faux ; car le cœur dépend de l’intelligence ; par conséquent, si les sentiments de l’intelligence sont justes, le culte aussi est juste ; mais si ces sentiments sont faux, le culte aussi est faux ; or,comme la vérité est une, il n’y a qu’un seul culte qui puisse être agréé de Dieu, et tous les autres lui sont en abomination. Lampride rapporte que l’empereur Alexandre voulant élever, à Rome, un temple à Jésus-Christ parmi ceux des autres dieux, les prêtres idolâtres s’y opposèrent ; “car, dirent-ils, ce Dieu des chrétiens veut être adoré seul ; si vous élevez ce temple, tous les autres dieux seront abandonnés.” Ils avaient raison de parler de la sorte ; car Dieu est un, et la foi par laquelle on l’honore, ne peut être qu’une. De même que du temps de Noé, tous ceux qui se trouvèrent hors de l’Arche, de vinrent la proie de la mort, de même, depuis la promulgation de la loi de grâce, il n’y a point de salut hors de l’Église Catholique. Tamerlan était dans l’erreur, lorsqu’il affirmait que c’est une gloire pour Dieu de supporter différentes religions opposées entre elles par leur croyance, comme c’est une gloire pour les monarques de subjuguer plusieurs nations opposées entre elles par leurs mœurs. » 17

En conséquence, l’enseignement de Vatican II sur les fausses religions est objectivement incompatible avec la foi catholique, sans laquelle il est impossible d’obtenir son salut.

Pie VIII, Lettre Apostolique Litteris alterno (25 mars 1830) : « Le dogme le plus ferme de notre religion, c’est que, hors de la foi catholique, personne ne peut être sauvé. » 18

1 Heinrich Denzinger : Symboles et définitions de la foi catholique, éd. Du Cerf (2010), p. 382

2 https://www.papalencyclicals.net/leo12/l12ubipr.htm

3 Heinrich Denzinger : Symboles et définitions de la foi catholique, éd. Du Cerf (2010), p. 681

4 https://laportelatine.org/formation/magistere/lettre-encyclique-satis-cognitum-1896

5 https://www.vatican.va/content/leo-xiii/en/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_08121892_custodi-di-quella-fede.html

6 https://www.vatican.va/content/pius-xi/fr/encyclicals/documents/hf_p-xi_enc_19280106_mortalium-animos.html

7 Heinrich Denzinger : Symboles et définitions de la foi catholique, éd. Du Cerf (2010), p. 900

8 https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_04031979_redemptor-hominis.html

9 https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/cti_documents/rc_cti_1997_cristianesimo-religioni_fr.html

10 https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/audiences/1998/documents/hf_jp-ii_aud_09091998.html

11 https://www.vatican.va/content/francesco/fr/travels/2019/outside/documents/papa-francesco_20190204_documento-fratellanza-umana.html

12 https://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html

13 https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_18111893_providentissimus-deus.html

14 https://www.vatican.va/content/pius-x/fr/encyclicals/documents/hf_p-x_enc_19070908_pascendi-dominici-gregis.html

15 https://www.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_01111885_immortale-dei.html

16 L’Église catholique et sa hiérarchie. XB éditeur (2020), p. 114

17 Œuvres complètes de S. Alphonse de Liguori, Tome II, Vérité de la Foi. De la vraie Église contre les sectaires. Évidence de la foi catholique. éd. H. Casterman (1867), Partie III, Chapitre XI, p. 344-345

18 Révérend Père Noël Barbara : Catéchèse catholique du mariage. éd. Forts dans la foi (2003), p. 332

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3 thoughts on “VATICAN II ET LES FAUSSES RELIGIONS

  1. Toutes les religions sont remplies d’hommes et de femmes qui cherchent Dieu !
    Dieu est, il n’y en a qu’un !
    Les religions ont une perception de Dieu, un regard et une compréhension plus ou moins éloignés de la réalité de Dieu…
    Dieu a offert à l’Église catholique la plénitude de la Révélation en effet ; ( là où certaines religions n’ont bénéficié que des bribes ou du moins qu’une révélation partielle).
    … Mais nous sommes tous pécheurs, le Christ s’offre entièrement pour chacun ; mais nous, Le recevons nous entièrement au point de vivre de Sa Vie, au point d’aimer nos frères comme Il nous aime, au point d’accomplir la Volonté du Père ? … et ceci à chaque instant de notre vie… jusqu’au bout ? …

    Rendons grâce à Dieu et ayons en nous les sentiments du Christ-Jésus (réf. philippiens 2, 5), laissons nos frères et sœurs d’autres religions continuer de chercher Dieu, car nous savons nous, qu’alors Il se laisse trouver.

    1. Celui qui cherche Dieu le trouvera forcément dans l’Église (mais pas dans les fausses religions) ; car, pour reprendre une célèbre formule de saint Cyprien de Carthage : « On ne peut pas avoir Dieu pour Père quand on n’a pas l’Église pour mère. » (Cf. De l’unité de l’Église catholique, § 6).

      1. Tout à fait ! … à nous d’être des témoignages vivants en laissant Dieu agir à travers notre cœur, à travers notre vie et demeurer ainsi un membre du Corps du Christ…. L’Église.

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