Le R.P Saenz y Arriaga, le plus grand résistant au conciliabule Vatican II
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Le Père Joaquin Sàenz y Arriaga S.J. naquit le 12 octobre 1899, et fut ordonné prêtre jésuite en avril 1930, il mourut en avril 1976.
Le jeune Sàenz y Arriaga fut élevé dans l’esprit du groupe de pression des Cristeros Miguel Pro et plusieurs autres martyrs catholiques qui combattirent contre le mouvement anti-catholique mexicain des années 1920.
Sentinelle acclamée et gardien de la Pierre du Bienheureux Prince des Apôtres, il détenait un doctorat en philosophie, en théologie, et en droit canon.
Tout comme le P. Denis Fahey, le P. Sàenz y Arriaga mettait énormément d’emphases sur la doctrine catholique du Règne social de Jésus-Christ, qui militait contre le sécularisme et la séparation de l’Église et de l’état. Quand les réformes de Vatican II furent mises en œuvre au Mexique et en Amérique du Nord, le P. Sàenz y Arriaga dirigea la réaction contre les néo-modernistes.
Son traditionalisme intransigeant l’amena à rejeter la « nouvelle église » et il devint le premier à prôner la doctrine du sédévacantisme dès 1969, idée qui consiste à voir dans les réformes de Vatican II la prise d’assaut de l’Église catholique Romaine par des modernistes infiltrés, et que celle-ci, étant devenu apostate, avait cessée d’être la vraie Église catholique, et qu’il y avait une vacance du Siège à Rome depuis la mort du dernier Pape catholique orthodoxe en octobre 1958 (Sa Sainteté Pie XII).
Actif et prodigieux écrivain traditionaliste, Il fut l’auteur/co-auteur de plus de 50 livres exposants le néo-gnosticisme de l’église post-conciliaire, incluant des textes bien connus tels : Sede Vacante, Pour le Christ et contre le Christ, La nouvelle messe n’est pas la Messe catholique, Le complot contre l’Église sous le pseudonyme de Maurice Pinay.
Étoile brillante de la Compagnie de Jésus, et de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, il publia pour la première fois La Nueva Iglesia Montiniana (La Nouvelle Eglise Montiniene) le jour de la fête de l’Assomption du 15 août 1971.
Par la suite, cet ouvrage traduit et publié en italien, créa une telle fureur au sein de l’église conciliaire qu’il s’en suivra une excommunication invalide de la main d’un évêque conciliaire n’ayant même pas juridiction sur le P. Sàenz, et qui n’avait même pas fait appel à un tribunal afin d’entendre la cause.

Il réussit à convertir beaucoup de ses confrères à la seule position véritablement catholique, le sédévacantisme, l’imposture de Paul VI-Montini et de toute l’église conciliaire.
La quasi-totalité des prêtres au Mexique opposé à la Rome apostate étaient sédévacantistes. L’Abbé Knittel de la FSSPX avouera plus tard dans une interview donné à La Porte Latine que les prêtres de la FSSPX, une fois arrivé au Mexique ont combattu les sédévacantistes pour que les mexicains catholiques adhèrent aux erreurs et incohérences doctrinales de la FSSPX.
En raison de ses attaques continuelles à l’encontre du concile du Vatican II et des « papes » post-conciliaires, il fut déclaré excommunié en 1972 par la « Conférence des évêques catholiques (conciliaires) romains du Mexique ». Il est considéré comme étant le père spirituel du sédévacantisme. (source : https://notredamedesanges.wordpress.com/2015/01/22/le-r-p-saenz-y-arriaga-le-plus-grand-resistant-au-conciliabule-vatican-ii/)
Le père Saenz y Arriaga n’y allait pas de main morte avec les modérés. Dans ces choses de Dieu, dans ce qui est divin, on ne peut être modéré, parce que Dieu est infini :
« Ayant épuisé l’opportunité d’une dévotion excessive pour le pape, certains théologiens sont tombés sur une troisième ligne défensive, qui, dès l’origine, était loin du conseil évangélique que « la vérité vous rendra libre ». Cette troisième ligne de défense est une fausse version de la « doctrine du moindre mal ». La doctrine du moindre mal, le péché capital dans notre religion, dans la politique et dans l’histoire, est revenu avec ce plan d’action : « Certes, nous reconnaissons que le Concile [Vatican II] et le pontificat de « Paul VI » ont donné des fruits amers, mais le proclamer et essayer de les guérir serait encore pire ; il vaut mieux nous dissimuler, céder et attendre tranquillement que notre Seigneur Dieu résolve le problème… » (nouveau divinisme [néo-quiétisme]). La doctrine morale du moindre mal déclare que lorsqu’il n’y a pas d’autre remède, quand il est absolument inévitable de choisir entre deux maux, alors, et alors seulement, le moindre mal doit être tranquillement accepté, mais avec la volonté de s’en débarrasser lorsque ce sera possible. Nous devons préciser s’il existe ou non une solution différente à la rébellion scandaleuse et l’acceptation résignée de l’« auto-démolition ». Au cas où il n’y a pas d’autre issue, nous devrions discerner lequel des deux moyens est vraiment le moins mauvais. Je crois qu’il y a une troisième issue, celle de l’art du subterfuge : obéir, mais ne rien accomplir, faire tout ce qui n’est pas expressément interdit et qui symbolise l’esprit de la véritable Église, offrir des services légaux, résistance active et passive aux innovations progressistes, et de perdre du temps et attendre que le personnel et ses idées changent. Si cette solution était pleinement exploitée, il suffirait probablement de nous délivrer du danger. »
Extrait de La nouvelle église montinienne, Père Saenz y Arriaga (prêtre jésuite mexicain, docteur en théologie, qui connut et fit partie des Cristeros, un des premiers prêtre catholique à avoir déclaré le Siège de Pierre vacant), 1971.
Il est certain que la notion de “nouvelle Eglise montinienne” est assez appropriée, notamment quand on pense aux auteurs suivants, tous assez proches de Paul VI, qui a été, bien plus que Jean XXIIII, le pape du Concile : Daniélou, de Lubac, Guitton, Journet, Maritain, Zundel, et quand on pense au climat intellectuel et moral que l’on doit à chacun de ces six auteurs et au relatif “ensemble” constitué par les mêmes auteurs.
Voici deux des caractéristiques fondamentales de cette nouvelle Eglise montinienne : une grande intransigeance anti-traditionnelle ad intra et un grand modérantisme philo-oecuméniste ad extra.
Le moins que l’on puisse dire est que ces deux caractéristiques fondamentales ont amplement survécu au pape Paul VI et à son pontificat, mais ce qui précède n’est pas en contradiction avec ce qui suit : d’une part, le Concile Vatican II est le Concile des Trente glorieuses, et même du beau milieu des Trente glorieuses, et, d’autre part, la décennie Vatican II, de l’annonce du Concile à celle du NOM, que les conciliaires l’acceptent ou non, s’est déroulée dans la “chapelle Sixties”, d’où certains ne sont manifestement pas encore sortis.
C’est dire dans quelle mesure et jusqu’à quel point nous sommes ici en présence d’une nouvelle Eglise montinienne dont les sources d’inspiration et les actes d’instauration sont extrêmement datés, au sens de : localisés, dans l’espace-temps européen occidental contemporain, sous l’angle historico-culturel.
On peut en dire autant de chaque Concile, mais le moins que l’on puisse dire est que cela fait mauvais effet, dans le cas de CE Concile, quand on voit à quel point certaines tendances typiquement conciliaires, dont les tendances à l’adogmatisme, à l’eudémonisme, à l’humanisme, à l’irénisme, à l’onirisme, à l’optimisme et à l’utopisme, apparaissent, avec le recul, comme étant asservies à toute une ambiance,
– qui a fait office ou tenu lieu de culture, de vision de Dieu, de l’Eglise, de l’homme et du monde, pour une partie du haut-clergé de toute une époque,
et
– dont on peut dire qu’elle a commencé à apparaître dès les années 1920-1930 puis surtout à partir de 1945.
Ainsi, non seulement nous sommes en présence de clercs qui ont pris leurs désirs, leurs désirs de changement, de communion, de dialogue, de mouvement, de renouveau et d’unité, pour autant de réalités, de réalités en devenir, mais en outre nous sommes en présence de ces clercs en tant que partisans et promoteurs d’une imposition particulièrement directive des mêmes désirs à toute l’Eglise et aux fidèles.
On peut voir dans l’intransigeance anti-traditionnelle le complément du modérantisme philo-oecuméniste, sur le plan programmatique, mais il est également possible de la percevoir comme une compensation ou une contrepartie, sur le plan psychologique.
En effet, nous avons ici affaire à des clercs qui ont été en colère, parce que l’échec du Concile a débouché, dès l’année 1965-1966, sur la faillite de l’après-Concile. Il a bien fallu que cela fut de la faute de quelqu’un, mais comme il était “impossible”, et même “impensable”, que cela fut de la faute des conciliaires conservateurs et des catholiques qui étaient situés à leur “gauche”, cela n’a pu être que de la faute des catholiques qui ont refusé ou répugné, d’une manière coupable (car archaïque, intégriste, nostalgique, passéiste, etc…), à s’adapter, à évoluer, à innover et à s’ouvrir…
Ce qui précède nous montre à quel point le catholique montinien est
– non seulement pétri de contradictions : c’est au même Paul VI que l’on doit la Profession de foi et Humanae vitae, en 1968, puis le NOM, en 1969,
– mais aussi pétri par le ressentiment, par un ressentiment anti-traditionnel légitimé, hier, par le pape Paul VI, et actualisé, aujourd’hui, par le pape actuel, François.
Aucun croyant non catholique n’est conciliaire, puisque aucun croyant non catholique n’est catholique, et, par ailleurs, d’un point de vue conciliaire, tout croyant non catholique, et même non chrétien, a des conceptions ou des convictions religieuses pleinement légitimes ou tout à fait recevables et respectables.
Mais malheur aux croyants catholiques qui ne sont pas conciliaires, et qui ne le sont pas en raison de leur adhésion claire et ferme au contenu de la foi catholique, et en raison, découlant de cette adhésion, de leur refus des chimères conciliaires, car c’est sur eux que s’abattra le ressentiment (post-)montinien…