À quoi ressemblerait le monde sans la religion chrétienne ?

Beaucoup de non-croyants imaginent que sans la religion le monde s’en porterait mieux, que les hommes vivraient en harmonie, libérés de sa tyrannie et son obscurantisme. Ils s’appuient pour cela sur ce qu’ils appellent les crimes de l’église, sur lesquels ils sont intarissables, mais ignorent ou prennent soin d’ignorer les services qu’elle a rendus et qu’elle rend encore à l’humanité.

On peut pourtant citer l’exemple que nous ont donné les régimes communistes et nazi qui étaient, eux, intrinsèquement anti-religieux. Bien que prônant la liberté et la prospérité pour tous, ces régimes ont apporté la misère et la destruction dans tous les pays où ils ont régné.

S’ils rejetaient la religion, c’est bien parce qu’elle menaçait leur domination sur les peuples. D’où la nécessité pour eux de détruire toutes les croyances, les traditions, la moralité et même l’histoire pour pouvoir les remplacer et asseoir ainsi leurs pouvoirs dans toutes les sphères de la société.

Cela nous montre que la religion n’est pas qu’une croyance ou une conviction personnelle, mais également « une reconnaissance d’un principe supérieure, avec l’attitude intellectuelle et la morale qui en résulte ». (définition du dictionnaire)

Puisque l’on juge un arbre à ses fruits, regardons les fruits de la religion chrétienne dans le monde et nous verrons apparaître, en creux, à quoi ressemblerait le monde sans elle.

L’Église et l’esclavage

Si l’on peut dire que l’église s’est accommodé de l’esclavage pendant le premier millénaire, c’est parce que l’ensemble de la société elle-même l’acceptait comme quelque chose de normal. Mais dire qu’elle l’a approuvé ou encouragé est totalement faux.

En effet, dès le 4ᵉ siècle, on appelle l’évêque « l’émancipateur d’esclaves« . A partir de cette époque dans les sociétés christianisées, les esclaves sont affranchis d’abord à certains endroits par milliers, puis peu à peu, leur condition va évoluer au regard de l’ensemble de la société pour acquérir des droits en devenant des serfs, puis en obtenant l’égalité totale.

Parce que l’église enseigne l’égalité entre les hommes et condamne explicitement l’esclavage, d’abord dans le nouveau testament, puis renouvelé par un grand nombre de papes.

« nous avons tous été baptisés d’un même Esprit, pour être un même corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres »

Corinthiens 12:13

«  Il n’y a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre; mais Christ est tout et en tous »

Colossiens 3:11

On peut donc affirmer que si l’esclavage à disparu, c’est grâce à l’influence chrétienne. L’histoire nous le prouve, comme elle nous montre aussi que s’il existe encore aujourd’hui des formes d’esclavages plus ou moins marquées dans le monde, notamment en chine, en Inde, au Pakistan, au Soudan, en Mauritanie et dans le golfe persique, c’est dans des régions majoritairement athée, bouddhiste ou islamique.

L’Église et la condition de la femme (et de l’enfant)

En comparant à nouveau la condition de la famille dans les sociétés chrétiennes et non chrétiennes, on voit très bien que des différences de taille apparaissent.

Dans la famille antique, la seule personne qui compte c’est le père. L’enfant, lui, est relégué au rang de marchandise que le père peut vendre et racheter comme bon lui semble. Dans les sociétés païennes, la loi autorise à étouffer ou noyer un enfant à la naissance, si le sexe ne convient pas à sa famille, à condition qu’il n’ait pas été nourri.

Pour la femme ce n’est pas mieux puisqu’elle est perpétuellement sous la tutelle de son mari, et même une fois veuve, elle reste sous la tutelle de ses fils.

La polygamie, encore pratiquée dans certains endroits du monde, reste une situation humiliante pour la femme. On peut ajouter aussi que dans certaines tribus primitives, la femme est destinée aux travaux les plus durs et les plus ingrats.

Dans les sociétés chrétiennes, au contraire, l’enfant a toujours été l’objet de grandes sollicitudes. Beaucoup d’œuvres de charité sont là pour nous le rappeler. On peut rappeler par exemple la création des crèches, hospices, orphelinats, écoles primaires et patronages pour lui.

Ce sont également des curés qui dès le Moyen Âge sont à l’origine de la création d’écoles du village, gratuites et ouvertes à tous, et surtout aux pauvres, permettant ainsi d’assurer une éducation minimum pour l’ensemble de la société. On peut citer enfin les œuvres de Saint-Vincent de Paul envers les enfants abandonnés, ou bien encore l’association de la Sainte-Enfance qui sauva une multitude d’enfants de la mort.

L’Église a également relevé la femme de son abaissement. Au cours des siècles elle a toujours revendiqué pour elle la place qu’elle doit occuper dans la société et dans la famille. Elle fait l’éloge de la virginité et de la fidélité, si peu recherchées et souvent ridiculiser aussi bien dans les temps anciens que de nos jours. Elle élève le mariage du rang de simple formalité ou contrat commercial, en un lien étroit, qui crée entre les époux des devoirs réciproques et sacrés.

Elle supprime la polygamie et le divorce, si dommageable à la dignité de la femme et à la bonne éducation des enfants, donnant ainsi une garantie de vie stable et tranquille.

Mais enfin elle offre aussi aux veuves un but chrétien, en leur permettant d’employer leur temps à de multiples bonnes œuvres.

Alors, quand les néo-féministes s’attaquent à un patriarcat oppresseur, ce qui est déjà contestable en soit, et qu’elles ajoutent l’église sur la liste des ennemis à abattre, on voit clairement qu’avec un peu de recul historique l’accusation est injuste.

À moins bien sûr qu’elles considèrent que le fait d’être une femme, épouse et mère dans le plus beau sens des termes soit un problème en soi…

L’église et la société

La société doit aussi à l’église sa civilisation et son bien-être actuel.

Il est intéressant de cité ici Ferdinand Buisson, homme politique protestant, cofondateur de la ligue des droits de l’homme, militant en faveur de l’enseignement laïque, et président de la commission parlementaire en 1905, sur la séparation des églises et de l’état.

Il disait à l’époque de l’Église catholique que :

« Elle introduit l’idée d’un Dieu-Esprit qu’elle invite tous les hommes indistinctement à appeler Notre-Père – l’idée que tout être de la race humaine, même la femme, même l’esclave, même l’enfant au berceau, a une âme immortelle ; – l’idée que pour sauver cette âme, un Dieu a voulu souffrir et mourir ; – l’idée enfin que le plus grand de tous les intérêts ici-bas, est pour chacun d’assurer, au prix de tous les sacrifices, le salut de cette âme en danger, et qu’enfin l’Église est là, établie pour y pourvoir. Une fois investie de ce rôle, l’Église est investie d’une majesté que n’a pas connue la Rome impériale ; elle refait la cité tombée en ruine, la famille, l’école, la loi… Qu’on déteste ou qu’on admire cette puissante création, on ne peut nier que telle est l’origine du monde moderne… »

Ferdinand Buisson – Revue politique et parlementaire – Octobre 1903

Par son enseignement, son prestige et sa sainteté, l’église a su moraliser les paysans en leur apprenant à aimer le travail et discipliner les mœurs barbares des Francs.

Elle présente comme modèle le Fils de Dieu, né dans une étable et travaillant comme charpentier. Les corporations qu’elle organise en partie sous l’ancien régime, malgré des abus indépendants d’elle, participent également a rendre les plus grands services aux ouvriers.

Mais là ou elle est incomparable, c’est dans les œuvres de charité. Partout, dès les premiers siècles du christianisme, elle se met au service des malades, des infirmes, des enfants abandonnés, des vieillards. Bref, de toutes les faiblesses.

Au Moyen Âge, il y a un Hôtel-Dieu dans chaque ville d’occident, et à la révolution on compte en France 700 hôpitaux, dirigés par des frères et des sœurs de tout ordre. Le tout gratuitement ou a des prix infimes, par la réduction au minimum des besoins physiques de chaque religieux ou religieuse.

Enfin, sans pouvoir être exhaustif, on peut citer les œuvres principales qu’elle a fondés pour le peuple : syndicats professionnels, société de secours mutuel, caisses rurales, dispensaires, secours catholique, Emmaüs, Petites sœurs des pauvres, Frères de Saint-Jean de Dieu, Œuvre des cancéreuses des Dames du calvaire, sœurs aveugles de Saint-Paul, hospitalité du travail et hospitalité de nuit.

L’église et les arts

Même si ce n’est pas de son domaine particulier, L’église a compris que favoriser le bien, le beau et le vrai, dans la littérature, les arts et la science participe à élever l’âme vers des pensées et des sentiments nobles.

Supposons un instant que tous cela n’est pas existé : enlevez de tous les musées l’image du Christ et de la Vierge, les tableau et statues qui représentent des saints, des martyrs et des apôtres. Enlevez aussi les églises et les cathédrales, effacez Haendel, Palestrina, Bach et retirez des œuvres de Beethoven, Mozart, Pergolèse, Monteverdi ou Rossini tout ce qui a été inspiré par la religion chrétienne. Supprimez Bossuet, Pascal, Fénelon, et le nom du Christ dans les vers de Lamartine, Victor Hugo, Dante et Musset.

Quel vide n’est-ce pas ?

Conclusion

Nous mesurons alors, avec ce simple examen, à quoi ressemblerait le monde sans la religion chrétienne. Et notre société actuelle en prend malheureusement le chemin. Nous vivons une parenthèse de l’histoire où les athéistes semblent se cantonner de plus en plus à un nihilisme destructeur qui les pousse à la bien-pensance et à la non-fertilité, à l’individualisme et au jeunisme, au divertissement et à la jouissance personnelle comme seul but.

Alors, la prochaine fois que vous entendrez quelqu’un dire que le monde serait meilleur sans la religion chrétienne et l’église, rappelez-lui simplement ses bienfaits. Et surtout les exemples que nous donnent aujourd’hui les pays où son influence ne s’est pas exercé efficacement.

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