François approuve publiquement les unions civiles homosexuelles

Après un été de relative discrétion, l’actualité vaticane a repris à toute vitesse ces dernières semaines. Tout d’abord, la publication de l’encyclique Fratelli Tutti, dans laquelle François a pu confirmer une nouvelle fois de nombreuses hérésies et aberrations qu’il n’avait jusque-là qu’effleurées. Ensuite, la récente journée de prière interreligieuse qu’il a organisé au Vatican occupé, en invitant plusieurs de ses collègues, membres d’autres sectes non-catholiques. Et puis, ce mercredi 21 octobre, les premiers extraits du documentaire « Francesco » parurent. Ce documentaire, consacré à « l’histoire de Jorge Mario Bergoglio » et dont le but est d’aborder « les thèmes principaux de son pontificat à travers une série d’interviews », a été réalisé par un certain Evgeny Afineevsky et son avant-première a été diffusée ce mercredi après-midi au festival du film de Rome. Ce documentaire, réalisé avec l’approbation des autorités modernistes, a reçu ce jeudi le 18e prix Kinéo dans les jardins du Vatican. Dans le documentaire apparaissent également des théologiens modernistes, des réfugiés, des victimes d’abus sexuels, un couple homosexuel, un survivant de la shoah, des rabbins et des musulmans.

Il est également utile de noter que le réalisateur Afineevsky, citoyen américain juif originaire de Russie, se déclare ouvertement homosexuel.

Les déclarations de François qui ont fait polémique sont celles-ci :

Les personnes homosexuelles ont des droits à être dans une famille, ils sont enfants de Dieu. On ne peut pas expulser quelqu’un d’une famille ou lui rendre la vie impossible pour cette raison. Ce que nous devons faire, c’est une loi d’union civile, car ils ont le droit à une couverture légale. C’est ce que j’ai défendu.

Catholic News Agency, Pope Francis calls for civil union law for same-sex couples, in shift from Vatican stance, 21 Octobre 2020, traduction reprise de La Croix, Couples homosexuels, qu’à vraiment dit le pape sur les unions civiles ? 20 Octobre 2020

Réactions modernistes aux propos de François

Ces déclarations ont évidemment immédiatement déclenché des réactions très divers, autant dans la presse mainstream, que dans les milieux modernistes et les milieux catholiques traditionnalistes.

Devant l’énormité des propos contenus dans le documentaire, les apologistes modernisto-loyalistes ont immédiatement tenté de trouver des explications, tout en jetant l’opprobre sur les « traitres » qui ne manquent aucune occasion pour attaquer le pape. La méthode a d’abord consisté, comme souvent, à dire que la presse mainstream étant supposément anti-catholique, les rapports journalistiques ne peuvent pas être pris au sérieux, car ils ont probablement déformé les propos de François. Cette approche ridicule n’a pas fait long feu, premièrement parce que les extraits vidéos du documentaire avaient déjà fait le tour de la toile.

Ensuite, les apologistes modernistes ont prétendu que les propos de François (en espagnol sous-titré en anglais dans l’extrait vidéo) ont probablement été mal traduits et donc mal compris : François y parle d’une loi de « convivencia civil », terme traduit par « union civile » dans le documentaire. Et puisque le mot espagnol « convivencia » peut se traduire par « cohabitation » ou « convivialité », les apologistes modernistes aux abois pensaient avoir démontré que clairement, François n’avait pas voulu parler d’unions civiles de type PACS, mais qu’il avait plus probablement voulu parler d’une simple loi pour garantir les droits des homosexuels au sein de leur famille (pour les protéger du rejet, par exemple). D’autres spéculèrent encore sur une possible manigance de la part du réalisateur, lequel aurait volontairement cherché à manipuler les vraies paroles de François en trafiquant le montage vidéo. Il faut dire que nos amis modernistes ne manquent pas d’imagination quand il s’agit pour eux d’échapper à la réalité. Quant à la théorie du complot des médias anti-catholiques, elle ne tient pas non plus. Les médias mainstream n’attaquent que les catholiques traditionalistes, c’est-à-dire qu’ils n’attaquent que tout ce que la révolution reproche au catholicisme. En revanche, ces mêmes médias libéraux sautent de joie dès que l’église moderniste valide l’un ou l’autre dogme globaliste, que ce soit l’écologisme, la liberté religieuse, l’indifférentisme, ou dans le cas qui nous occupe, l’homosexualisme :

De plus, toutes ces théories du complot ne tiennent pas une seconde, d’une part, parce que François s’était déjà prononcé en faveur des unions civiles homosexuelles auparavant (comme on va le voir plus loin dans l’article), ensuite parce que le terme « le de convivencia civil » peut parfaitement se traduire par « loi d’union civile », comme l’a rapidement confirmé une haute autorité moderniste, à savoir le pseudo-archevêque argentin Victor Manuel Fernandez, proche conseiller théologique de François depuis de nombreuses années :

Ce que soutient le Pape François sur l’union civile des homosexuels est ce qu’il soutenait aussi quand il était l’archevêque de Buenos Aires. Cela implique deux choses différentes :

1. Pour lui, l’expression « mariage » a un sens précis et ne s’applique qu’à une union stable entre un homme et une femme, propre à communiquer la vie. Cette union est unique, car elle implique la différence entre l’homme et la femme qui se rapprochent en réciprocité et s’enrichissent dans cette différence, naturellement capable d’engendrer la vie. Le mot « mariage » qui ne s’applique qu’à cette réalité. Toute autre union semblable nécessite une autre dénomination.

2. Cependant, Bergoglio a toujours reconnu que, sans l’appeler « mariage », il existe en fait des liens très étroits entre des personnes du même sexe, qui n’impliquent pas en soi des relations sexuelles, mais une alliance très intense et stable. Ils se connaissent profondément, partagent le même toit pendant de nombreuses années, prennent soin de l’autre, se sacrifient l’un pour l’autre. Alors il se peut qu’ils préfèrent que dans un cas extrême ou dans le cas d’une maladie, on ne consulte pas leurs proches, mais la personne qui connaît profondément leurs intentions. Et pour la même raison ils préfèrent que ce soit cette personne qui hérite de tous leurs biens, etc. Cela peut être prévu par la loi et s’appelle « union civile », ou « loi sur la cohabitation civile », pas le mariage.

Bergoglio a toujours eu cette opinion, et il y a même des années, il y a eu une dispute dans l’épiscopat argentin, où Bergoglio défendait cela, mais a perdu. La plupart d’entre eux disaient que cela allait se confondre avec le mariage et préféraient ne pas innover.

Catholic News Agency, Argentine archbishop and Pope Francis advisor says « civil union » not mistranslated in documentary, 22 Octobre 2020

En somme, contrairement à ce que plusieurs moderno-loyalistes ont péniblement tenté de réfuter, François a tout simplement confirmé dans le documentaire ce qu’il avait déjà défendu auparavant.

Comme le rappelle un article de La Croix :

En disant « C’est ce que j’ai défendu », le pape fait allusion à sa position lors des débats, en Argentine, sur la légalisation du mariage des personnes homosexuelles. En 2010, alors archevêque de Buenos Aires, il s’était fermement opposé au mariage entre des personnes de même sexe, qu’il considérait même comme un « grave revers ». Il plaidait en revanche pour une possibilité d’union civile – l’équivalent du Pacs en France –, le considérant en quelque sorte comme un « moindre mal », a expliqué plus tard Sergio Rubin, auteur d’une biographie de Bergoglio.

François avait également réaffirmé cette position dans un livre d’entretiens réalisé avec le sociologue français Dominique Wolton, et indiqué :

Le mariage, c’est un homme avec une femme. Ça, c’est le terme précis. Appelons l’union du même sexe “union civile” (…) Mais ce n’est pas un mariage, c’est une union civile. “Il n’y a pas d’autre voie”, faisons comme ça…

Il existe encore de très nombreux autres actes ou déclarations de François ayant démontré publiquement son approche de la question homosexuelle. Vous pourrez en trouver la liste chez nos confrères de Novus Ordo Watch.

Or, voici l’astuce utilisée par François dans cette affaire. François pense pouvoir distinguer le « mariage », qu’il définit correctement comme étant l’union sacramentelle et contractuelle d’un homme et d’une femme, de la simple « union civile », laquelle n’est que contractuelle, et peut donc concerner légalement une paire d’homosexuels. Et, si l’on suit l’explication de Victor Manuel Fernandez, François et ses partisans prétendent qu’on devrait accepter la légalité de telles unions, car ces relations homosexuelles seraient purement platoniques. De son côté, l’évêque moderniste occupant le diocèse de Fort Worth aux Etats-Unis, s’est fendu d’un communiqué officiel pour rassurer ses troupes, tout en suggérant que la distinction mariage/union civile pouvait être moralement acceptable. Quant aux modernistes-radicaux pro-LGBT de la revue « America », ils ont accuelli avec beaucoup de joie la récente polémique, en titrant : « François se déclare en faveur des unions entre personnes de même sexe pour la première fois en tant que pape ».

Réactions des traditionalistes aux propos de François

Or, il est évident pour tout catholique que ces invraisemblables sophismes n’ont aucun effet sur les réalités du droit et de la morale. C’est par principe, c’est en théorie, que l’Eglise condamne les relations homosexuelles. En conséquence de quoi, il est évidemment impossible à l’Eglise, et donc au pape, d’accepter par principe, les unions civiles homosexuelles, étant donné que les seules relations sexuelles, qu’elles soient plus ou moins actives, sont condamnées par principe. Le 11e Canon du 3e Concile de Latran, sous le pape Alexandre III, déclare :

Que tous ceux qui sont trouvés coupables du vice contre-nature de sodomie, lequel a provoqué la colère de Dieu contre les fils de la rébellion et causé la destruction par le feu de cinq cités, s’ils sont des clercs, soient expulsés du clergé et confinés dans des monastères pour y faire pénitence ; s’ils sont laïcs, qu’ils soient excommuniés et soient complètement exclus de la société des fidèles.

Pape Alexandre III, 3e Concile de Latran, Canon 11

En plus de citer le Décalogue et toutes les condamnations de la Sainte Ecriture contre le péché contre-nature, il nous faudrait également citer tous les pères, les docteurs, les exégètes, les conciles et tous les autres documents de la théologie catholique qui condamnent radicalement l’homosexualité sous toutes ses formes.

D’ailleurs, même l’enseignement de l’église moderniste condamnait jusque-là, non seulement l’homosexualité, mais même l’idée de reconnaitre moralement et légalement le concept d’union civile pour les couples d’invertis. Evoquant une déclaration de la « Congrégation de la Doctrine de la Foi » publiée en 2003 (à l’époque sous le règne de Jean-Paul II et sous l’autorité de Ratzinger), un article de la Catholic News Agency en cite quelques passages en relation :

Le respect pour les personnes homosexuelles ne peut en aucune façon conduire à l’approbation des comportements homosexuels ou d’une reconnaissance légale d’unions homosexuelles. La reconnaissance légale d’unions homosexuelles, ou le fait de placer ces dernières sur le même plan que le mariage, signifirait non seulement l’approbation de comportements déviants, avec pour conséquence d’en faire un modèle de vie dans la société actuelle, mais résulterait aussi dans la dégradation de valeurs basiques qui appartiennent à l’héritage commun de l’humanité.

Bien entendu, les moderno-loyalistes de « Where Peter Is », qui se sont fendus d’un article tentant désespérément de disculper leur pseudopape, n’ont pas manqué d’indiquer que les déclarations de François n’étaient pas magistérielles, mais simplement une opinion privée. C’est également ce qu’a exprimé le conservateur Raymond Burke dans une récente déclaration publique :

Même son de cloche chez le pseudo-cardinal Gerhard Muller. Il semble toutefois que tout ce beau monde ne s’aperçoive pas que les déclarations de François, si elles ne sont pas (encore) inscrites dans le magistère moderniste, n’en restent pas moins des déclarations publiques, et non pas privées. Et non seulement publiques, mais aussi répétées et réaffirmées avec pertinacité depuis des années. Même s’il persiste à résister au constat de la vacance du siège, l’évêque Novus Ordo Athanasius Schneider a peut-être eu la réaction la plus substantielle. Mais Schneider aura beau citer des déclarations de Jean-Paul II ou du catéchisme post-Vatican 2 condamnant clairement l’homosexualité, ainsi que les législations immorales, cela n’a aucun sens. François peut bien demain publier un enseignement magistériel en contradiction avec l’un de ses prédécesseurs modernistes, qu’est-ce que cela change, puisque tout le magistère de Vatican 2 est intrinsèquement en contradiction avec le magistère de l’Eglise catholique ?

Donc, au final, qu’est-ce que cela change, que François ait publiquement reconnu la pertinence des unions civiles homosexuelles, face à soixante ans d’hérésies duovaticanes ? Comme l’a dit ce matin un excellent prêtre Novus Ordo : il sera bientôt temps de lancer une croisade pour libérer Rome.

Encore faudrait-il que nos amis traditionalistes d’ici et d’ailleurs, acceptent enfin certaines réalités criantes.

La réaction de l’abbé Vigano

Enfin, l’une des réactions les plus attendues fut certainement celle du Père Vigano, lequel a fait entendre sa voix par une déclaration parue sur LifeSiteNews. Selon lui, « ces paroles [celles de François, ndt] constituent une énième provocation par laquelle le parti « ultra-progressiste » de la hiérarchie cherche à habilement provoquer un schisme, comme il tenta déjà de le faire avec l’exhortation post-synodale Amoris Laetitia, la modification de la doctrine sur la peine de mort, le synode amazonien et l’infecte Pachamama, et avec la déclaration d’Abu Dhabi, laquelle a été réaffirmée et aggravée par l’encyclique Fratelli Tutti ».

Pour l’abbé Vigano, cette surenchère hétérodoxe permanente chez François et ses acolytes, serait donc une manœuvre visant à pousser à bout « la part saine de l’Eglise » à l’accuser d’hérésie, ceci afin que le parti moderniste ait la pleine justification de déclarer la « partie saine » comme schismatique et ennemie du pape. « Bergoglio cherche à forcer certains cardinaux et évêques à se séparer de toute communion avec lui, obtenant ainsi, non pas sa propre déposition pour hérésie, mais plutôt l’expulsion des catholiques qui veulent demeurer fidèles au magistère pérenne de l’Eglise ».

Dans une certaine mesure, l’analyse de l’abbé Vigano exprime quelques vérités très intéressantes. On sait en effet que depuis l’élection de Bergoglio à la tête de l’église moderniste, est clairement apparue une opposition entre deux forces adverses : d’un côté, le parti des « progressistes », représenté par François, Marx, Parolin, Schoenborn, Cupish, Tagle et d’autres. De l’autre, le parti des « conservateurs », tels que Sarah, Burke et les autres auteurs de la Dubia, Strickland, Schneider et naturellement, Vigano. Nous avions observé cette opposition dès les années 2016-2017.

Toutefois, dans le camp des « conservateurs », aucun, mis à part Vigano, n’a vraiment remis en cause les doctrines de Vatican 2, ni les hérésies du magistère de Jean-Paul II et de Benoit XVI. De plus, si l’abbé Vigano a admis précédemment qu’il avait été trop longtemps aveuglé par un système au sein duquel il a passé une grande partie de sa vie, nous supposons donc qu’il n’ignore pas que l’opposition des deux partis qu’il décrit, n’est pas une simple circonstance des années 2000 et 2010, mais qu’il s’agit d’un phénomène mécanique, propre à la nature même de la contre-église, née de Vatican 2.

Il serait donc bon que l’abbé Vigano s’aperçoive que le schisme a déjà été consommé depuis 1965 et la proclamation de Vatican 2, et qu’il n’y a nul besoin de déclaration juridique pour constater que l’entité qui est née de ce concile, n’est pas, et ne peut pas être l’Eglise catholique. Une fois que ce constat aura été accepté par le camp des conservateurs, il y aura alors peut-être une chance de mettre fin aux provocations de Bergoglio.

Sans quoi, il faut s’attendre à ce que ses récentes déclarations sur les unions homosexuelles se matérialisent dans le magistère ou le droit canon moderniste.

Guillaume Von Hazel

Guillaume Von Hazel

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