Comment les valeurs de la République ont-elles favorisé l’islamisation de la France ? Contre Révolution en Marche

« Du simple point de vue politique, la construction officielle de la mosquée [de Paris] et surtout son inauguration en grande pompe républicaine, exprime quelque chose qui ressemble à une pénétration de notre pays et à sa prise de possession par nos sujets ou nos protégés. Ceux-ci la tiendront immanquablement pour un obscur aveu de faiblesse. […] Nous venons de transgresser les justes bornes de la tolérance, du respect et de l’amitié. Nous venons de commettre le crime d’excès. Fasse le ciel que nous n’ayons pas à le payer avant peu et que les nobles races auxquelles nous avons dû un concours si précieux ne soient jamais grisées par le sentiment de notre faiblesse. » [1]
Charles Maurras
« L’islam, c’est sans doute la religion qui aura le moins de difficulté à pouvoir travailler avec la République, par rapport à toutes les autres [religions]. » [2]
Gérald Darmanin
À l’heure où les valeurs de la République sont souvent brandies par les laïcards comme un bouclier contre l’islamisation de la France, il est nécessaire de rappeler sur quels principes reposent ce système de pensée. À la base, ce que l’on appelle les valeurs de la République viennent de la Révolution de 1789, qui fut elle-même le pur produit de la philosophie des Lumières. Or, pour savoir si ces valeurs peuvent constituer une protection réelle contre l’islamisation de la France, il est important de connaître l’opinion de certains philosophes des Lumières sur la prétendue « religion » islamique.
En 1739, Voltaire écrira une pièce de théâtre intitulée : La fanatisme ou Mahomet le prophète. Pourtant, son opinion sur ce faux prophète va évoluer avec le temps…
En 1763, dans un de ses essais, Voltaire ira même jusqu’à écrire au sujet de Mahomet que : « Ce fut certainement un très grand homme, et qui forma de grands hommes. » [3]
En 1767, dans un autre ouvrage, ce même philosophe a également écrit que : « Le mahométisme était sans doute plus sensé que le christianisme. » [4]
En 1762, un autre penseur non moins célèbre n’a pas hésité à faire l’éloge du fondateur de l’islam, et même l’apologie du califat. Il s’agit de Jean-Jacques Rousseau. Voici ce que nous pouvons lire sous sa plume : « Mahomet eut des vues très saines, il lia bien son système politique, et tant que la forme de son gouvernement subsista sous les califes, ses successeurs, son gouvernement fut exactement un, et bon en cela.» [5]
Comme nous pouvons le constater, certains philosophes des Lumières n’étaient pas vraiment hostiles à l’islam (bien au contraire). Mais au-delà de l’islamophilie relative [6] de la philosophie des Lumières, il existe un autre facteur qui a contribué à l’islamisation de la France. Il s’agit de la liberté de culte. Selon ce principe, un musulman ne doit pas être inquiété pour ses opinions religieuses, du moment qu’il ne trouble pas l’ordre public.
Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789), Article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » [7]
De plus, non seulement l’idéologie Droit-de-l’hommiste garantit aux catholiques le droit d’apostasier leur religion pour se convertir à l’islam, mais en plus, elle garantit aussi aux musulmans le droit de manifester publiquement leur prétendue « religion ».
Constitution Universelle des Droits de l’Homme (1948), Article 18 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. » [8]
Malheureusement, cette liberté de culte accordée à l’islam a eu des conséquences catastrophiques, puisque celle-ci a logiquement entraîné la prolifération des lieux de cultes musulmans. Rappelons que, sous l’Ancien régime, il y avait seulement 3 mosquées dans le Royaume de France (à savoir : la mosquée Omeyyade de Narbonne, la mosquée Tsingoni de Mayotte et la mosquée des galériens Turques à Marseille). Aujourd’hui (en 2025), nous pouvons compter à peu près 900 mosquées sur le territoire Français (sur un total d’environ 2600 lieux de culte musulman, dont les 2/3 sont des salles de prières).
Ceci dit, de nos jours, beaucoup de gens invoquent la loi de 1905 comme si elle pouvait les secourir du péril de l’islamisation. Or, au-delà de la liberté de culte qu’elle accorde à l’islam, cette loi est profondément injuste envers la religion catholique, et cela pour plusieurs raisons. La première est qu’elle refuse de prendre financièrement en charge l’entretien des édifices catholiques. [9] La seconde est qu’elle confisque les biens de l’Église. [10] Et la troisième est qu’en plus de chercher à enlever tous les symboles religieux dans les lieux publics, elle s’arroge le droit de dicter aux catholiques comment ils doivent pratiquer leur culte en allant jusqu’à légiférer sur le volume de la sonnerie des cloches. [11]
Notons du reste que l’Église a solennellement condamné la loi de 1905 pour plusieurs motifs. Le premier est que cette loi s’inscrit dans une succession de mesures visant à décatholiciser l’espace public. [12] Le second est que cette loi vise à soumettre l’Église au pouvoir civil. [13] Le troisième est que cette loi vise à faire en sorte que l’autorité ecclésiastique perde son pouvoir sur les laïcs (à qui elle confie entièrement la gestion des biens destinés au culte public). [14] Le quatrième est que cette loi viole le droit de propriété de l’Église en décrétant arbitrairement que certains édifices catholiques appartiennent à l’État. [15] Et le cinquième est que cette loi refuse de s’engager à subvenir à l’entretien des édifices catholiques en guise de dédommagement pour la spoliation des biens de l’Église commis par l’État sous la première république. [16]
Au final, toutes ces mesures anticléricales ne sont pas sans rappeler le traitement qui était réservé aux chrétiens en terre d’islam. En effet – comme le rappelait l’imam Ibn Kathir – le deuxième calife de l’islam Omar Ibn Khattab a obligé les chrétiens de la région du Châm à conclure un pacte avec lui. Dans ce pacte, les chrétiens devaient s’engager : Premièrement, à ne plus construire ni couvent, ni église, ni ermitage et à ne plus restaurer ceux qui sont en ruines. Deuxièmement, à ne plus empêcher leurs proches d’embrasser l’Islam. Troisièmement, à ne plus montrer la croix sur leurs églises ou sur la route des musulmans. Quatrièmement, à ne plus montrer leurs Évangiles sur les marchés. Cinquièmement, à ne plus sonner la cloche que très légèrement. Sixièmement, à ne plus hausser la voix dans leurs églises. Et septièmement, à ne plus célébrer leurs fêtes publiquement. Si ces clauses n’étaient pas respectées, les chrétiens devaient être traités comme des rebelles et des ennemis. [17] Ainsi, nous pouvons remarquer que, sous la IIIème république, les catholiques de France étaient aussi bien traités que dans un régime gouverné par la charia…
De ce fait, la loi de 1905 ne peut guère constituer un rempart contre l’islamisation de la France, puisque cette loi a été précisément faite pour lutter contre la religion catholique.
Le 3 mars 1904, lors d’un discours prononcé à la chambre des députés, le député Jean Jaurès – qui fut un grand défenseur de la loi de 1905 – affirmait à ce propos : « Nous combattons l’Église et le christianisme parce qu’ils sont la négation du droit humain et renferment un principe d’asservissement humain. » [18]
Cette haine du catholicisme s’est parfaitement illustrée pendant la période de la terreur.
Pie VI, Allocution Quare lacrymæ (17 juin 1793) : « On avait décrété que chacun était libre d’exercer la religion qu’il choisirait, comme si toutes les religions conduisaient au salut éternel ; et cependant, seule la religion catholique était proscrite. Seule, elle voyait couler le sang de ses disciples dans les places publiques, sur les grands chemins et dans leurs propres maisons. On eût dit qu’elle était devenue un crime capital. » [19]
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