De la prédilection Divine de la France

DE LA PRÉDILECTION DIVINE POUR LA FRANCE SELON LES PAPES, LES SAINTS, LES GRANDS AUTEURS ECCLÉSIASTIQUES ET LES PROPHÉTIES ou
Réponse à ceux qui en doutent ou qui la nient.

Alors que certains courants de pensée tendent à minimiser, ou à passer sous silence ce choix divin sur la France, il nous semble bon de rappeler par le présent article, ce que l’Église veut signifier par ces mots prédilection divine pour la France. L’objet de cet écrit a donc pour but de montrer que la pensée de Dom Guéranger est, sur ce sujet, en pleine communion avec celle de l’Église, et de donner la vraie signification de cette expression.

L’Église s’est elle prononcée par la voix des papes sur cette question ? Les citations abondent, et nous n’aurons pas de mal à le prouver.
Laissons parler tout d’abord le pape Saint Grégoire le Grand :

« C’est par Clovis et les merveilleuses circonstances de son sacre que le roi de France acquit ce caractère de vicaire de Dieu, sergent du Christ, qui, dit Saint Grégoire le Grand, « le plaçait autant au dessus des autres monarques que les autres monarques étaient eux-mêmes au dessus des particuliers. »

St Grégoire le Grand Epist. Lib. VI, Caput VI, cité dans : La Mission Posthume de la Bienheureuse Jeanne d’Arc, Mgr Delassus, Ed Saint-Remi 1998, p. 137

Saint Pie X déclarait le 19 décembre 1907, à l’Archevêque de Reims, Monseigneur Luçon, nouvellement promu Cardinal :

« Reims conserve la source baptismale d’où est sortie toute la France Chrétienne, et elle est justement appelée pour cela le Diadème du Royaume. C’était une heure ténébreuse pour l’Église de Jésus-Christ. Elle était d’un côté combattue par les Ariens, de l’autre assaillie par les Barbares ; elle n’avait plus d’autre refuge que la prière pour invoquer l’heure de Dieu. Et l’heure de Dieu sonna à Reims, en la fête de Noël 496. Le baptême de Clovis marqua la naissance d’une grande nation : la tribu de Juda de l’ère nouvelle, qui prospéra toujours tant qu’elle fut fidèle à l’orthodoxie, tant qu’elle maintint l’alliance du Sacerdoce et du Pouvoir public, tant qu’elle se montra non en paroles, mais en actes, la Fille aînée de l’Église. »

Bulletin du Diocèse de Reims, 28 déc. 1907, p. 621

Le Pape Grégoire IX écrira à Saint Louis :

« De même qu’autrefois la tribu de Juda reçut d’En-Haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du patriarche Jacob, de même le royaume de France est au-dessus de tous les autres peuples, couronné par Dieu Lui-même de prérogatives extra-ordinaires. La tribu de Juda était la figure anticipée du Royaume de France. Aussi nous est-il manifeste que le Rédempteur a choisi le béni royaume de France comme l’exécuteur spécial de Ses divines volontés ; Il le porte suspendu autour de Ses reins, en guise de carquois, Il en tire ordinairement Ses flèches d’élection quand, avec l’arc, de Son bras tout puissant, Il veut défendre la liberté de l’Église et de la Foi, broyer l’impiété et protéger la justice…
« Ainsi, Il choisit la France, de préférence à toutes les autres nations de la terre, pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse ; pour ce motif, la France est le royaume de Dieu même, les ennemis de la France sont les ennemis du Christ. »

Ces seules citations suffiraient à clore le débat, mais bien d’autres papes ont parlé dans ce sens.
Le pape Anastase II dans une lettre adressée à Clovis :

« Illustre et glorieux Fils, soyez sa (de l’Église) gloire, soyez pour elle une colonne de fer ! »

« Nous louons Dieu, qui Vous a retiré de la puissance des ténèbres, pour faire d’un si grand Prince le défenseur de son Église et opposer votre gloire aux attaques des pervers. Continuez donc cher et glorieux Fils, afin que le Dieu tout-puissant entoure votre sérénité et votre royaume de sa protection et commande à ses anges de vous protéger dans toutes vos voies et vous donne la victoire sur tous vos ennemis »

Le pape saint Hormisdas (514-523) dans une lettre à Saint Rémi, lorsqu’il l’institua en ces termes Légat pour toute la France :

« Nous donnons tous nos pouvoirs pour tout le Royaume de notre cher Fils spirituel Clovis que par la grâce de Dieu vous avez converti avec toute Sa Nation, par un apostolat et des miracles dignes du temps des Apôtres. »

C’est également ce qu’affirmait Grégoire XI :

la France « un Royaume chéri et béni de Dieu dont l’exaltation est inséparable de celle de l’Église ».

Nous ne pouvons pas non plus passer sous silence le fait très gênant, de Sainte Jehanne d’Arc, l’envoyée de Dieu qui est venue proclamer au nom de Dieu :

« Vous ne tiendrez pas (dit-elle aux Anglais) le Royaume de France, de Dieu le Roi du Ciel… mais le tiendra le Roi Charles, vrai héritier, car Dieu le roi du ciel le veut. Gentil Dauphin, vous serez lieutenant du Roi des Cieux qui est roi de France. Tous ceux qui guerroient au saint royaume de France, guerroient contre le roi Jésus, roi du ciel et de tout le monde ».

Jehanne était à Saint-Benoît-sur-Loire le 21 juin 1429.
Là se fit cette « triple donation » devant notaire :

Jehanne dit à Charles :

« Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ? » Le Roi hésite, puis consent. « Sire, donnez-moi votre royaume ». Le Roi, stupéfait, hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l’ascendant surnaturel de la jeune fille : « Jehanne, lui répondit-il, je vous donne mon royaume ». Cela ne suffit pas : la Pucelle exige qu’un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi ; après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé de ce qu’il avait fait : « Voici le plus pauvre chevalier de France : il n’a plus rien ». Puis aussitôt après, très grave et s’adressant aux secrétaires : « Écrivez, dit-elle : Jehanne donne le royaume à Jésus-Christ ». Et bientôt après : « Jésus rend le royaume à Charles ».

Jehanne a été envoyée de Dieu pour faire sacrer à Reims l’oint de Dieu, avec le Saint-Chrême mêlé à l’huile de la Sainte Ampoule, afin de réaffirmer que Jésus-Christ est Roy de France à un titre spécial. Elle est comparée par la liturgie à Judith (ou à Déborah) de l’Ancien Testament, qui sauva in extremis le tribu de Juda.
De même Sainte Jehanne sauva in extremis « la nouvelle tribu de Juda », pour reprendre l’expression de Grégoire IX.

Il nous plaît aussi d’ajouter cette pratique liturgique de l’Église pour sacrer les rois chrétiens, qui n’est pas une petite preuve, mais une véritable confirmation de ce que nous défendons : « Le roi de France était sacré avec le Saint-Chrême, la plus noble des Huiles Saintes, celle qui est employée au sacre des évêques. Lorsque d’autres rois demandèrent à l’Église de les sacrer eux aussi, elle ne voulut leur appliquer que l’Huile des catéchumènes. Le sacre de la Sainte-Ampoule donnait au roi de France la prééminence sur tous les autres rois, prééminence reconnue et acceptée.

Ainsi l’onction royale donnait au roi une sorte de titre sacerdotal, un certain caractère de sainteté. La fonction royale est une mission divine. Dieu lui-même a placé le roi parmi les hommes pour les maintenir en justice et en paix. C’est Saint Thomas d’Aquin qui a qualifié ces rapports entre Dieu et nos rois de ce nom : sainteté ; et il en donne pour preuve de son existence ce qui s’est passé au baptême de Clovis et qui s’est renouvelé de siècle en siècle jusqu’à Charles X : le pouvoir conféré aux rois de France de guérir les écrouelles :

« Nous trouvons, dit-il, une preuve de cette sainteté dans les gestes des Francs et du Bienheureux Remi. Nous les trouvons dans la Sainte Ampoule apportée d’En-Haut par une colombe pour servir au sacre de Clovis et de ses successeurs et dans les signes, prodiges et diverses cures opérés par eux ».

(…)

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