Dépressions, suicides : les conséquences annoncées des mesures sanitaires

Les mesures prisent par les gouvernements depuis le mois de mars 2020 pour faire face au Covid-19, mais qui ne sont plus en lien avec la réalité de la circulation du virus selon les propres mots de la ministre des Sports sur Europe 1, montrent déjà les effets désastreux sur le moral et donc la santé (physique et mentale) des populations.

C’est un cri d’alarme que lancent des professionnels de la santé mentale, espérant ainsi des mesures politiques concrètes pour éviter « la troisième vague psychiatrique » du coronavirus. Actuellement, « 20% de la population française commence à basculer dans la psychiatrie » d’autant que « l’on sait par expérience que les suicides se produisent un an voire deux après une crise ». Nous ne voyons donc actuellement que les prémices de ce qui nous attend dans les années à venir.


Le 3 décembre dernier, c’est un cri d’alerte qu’ont lancé des professionnels de la santé mentale. Quatre psychiatres, Serge Hefez, Marie-Rose Moro, Rachel Bocher, Marion Leboyer et la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury, demandent des mesures politiques concrètes pour éviter »la troisième vague psychiatrique » du coronavirus.

« Ce que nous disons, c’est qu’il n’y a pas de santé sans santé mentale », précise le Dr Rachel Bocher, chef de service en psychiatrie au CHU de Nantes. « Or, la santé mentale est l’oubliée de la crise du Covid. Il y a les patients qui vont moins bien à cause de la crise, mais l’isolement social, la peur de la maladie, de la mort, du chômage, de la solitude, ont aussi des conséquences sur des populations en détresse psychologique aggravée. Et ce n’est pas pris en compte. Ce qu’on demande aux pouvoirs publics, c’est d’agir vite et d’agir ensemble. »
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« Les inégalités psychosociales s’accroissent et pèsent sur la souffrance morale de nombreuses personnes. Les précaires, les jeunes et les femmes étant en première ligne. Nous voyons à nos consultations des gens qu’on n’avait jamais vus. Qui ont un sentiment d’inutilité, des troubles du sommeil. Mon expérience me fait dire que plus ça va durer, plus les séquelles seront lourdes à gérer. Prescrire des psychotropes ne règle pas le problème. Et on voit des patients de plus en plus jeunes. »

Certaines personnes présentent des troubles qui s’apparentent à un syndrome post-traumatique. Plus pour ce deuxième confinement.

Rachel Bocher, chef de service en psychiatrie au CHU de Nantes

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Les enfants et les adolescents fragilisés

Pédopsychiatre, directrice de la Maison de Solenn, Marie-Rose Moro est également l’une des initiatrices de l’appel du 3 décembre.

« Les effets de la crise sanitaire sur les enfants et les adolescents se constatent au quotidien dans notre pratique professionnelle, insiste-t-elle. Nous enregistrons une hausse d’environ 30 % des accueils aux urgences. À la fois pour des retards de prise en charge en raison de l’épidémie et du confinement, mais aussi pour la prise en charge d’ados aux idées suicidaires, aux comportements auto-agressifs ou agressifs envers autrui, ou des comportements dépressifs. Cette crise est révélatrice des fragilités et de l’anxiété. Nous intervenons pour des crises d’angoisse et des maux corporels, somatisations aiguës. Chez les plus jeunes, les phobies sont en développement : peur de la mort, d’aller à l’école, de sortir, de la maladie. »

Marie-Rose Moro observe que les enfants souffrent directement de la fatigue de parents dépassés, épuisés, en situation précaire, sans sécurité.

« Quand l’épidémie sera partie, cela soulagera les crises, mais tous les enfants n’iront pas bien et devront être aidés et soutenus pour grandir bien et construire leur personnalité. Ceux qui ont mal vécu le premier confinement se sont retrouvés encore plus déstabilisés avec le second, c’est comme une blessure supplémentaire sur une plaie qui n’a pas cicatrisé. Ce qui laisse des traces qu’il faut prendre en compte, notamment un sentiment d’insécurité très déstabilisant. »
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Pour mieux faire comprendre la problématique, le Pr Moro donne l’exemple de ces bébés et de leurs mamans très isolés au moment de la naissance, sans le papa, sans famille, sans copine, sans grand-mère :

« Quand on sait que, hors Covid, 10 % des jeunes mamans ont une dépression post-partum, je me demande combien elles sont aujourd’hui. On sait que les premiers jours, semaines et mois sont primordiaux pour le développement du bébé. Plus généralement, l’isolement, la solitude et les difficultés sociales aggravent la fragilité. Or, nous sommes dans une période de grande précarité psychique, mentale, sociale. Il faudra bien s’en préoccuper. Et ce que nous voulons, c’est que cela le soit avant qu’il ne soit trop tard. » 

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