FOCH ET LE SACRÉ-COEUR



Foch, aussi grand Chrétien que grand Soldat !


Sous l’inspiration du Sacré-Coeur, la France va en­fin accomplir le geste libérateur, le geste sauveur !
Voici bien simplement le récit de cet émouvant et récon­fortant fait historique.


En juillet 1918, le G. Q. G. (Grand Quartier Général) des Armées Alliées est installé au Château du Comte Jean de Segonzac, à Bombon, petit village entre Melun et Mornant (Seine-et-Marne). C’est là que furent prépa­rés les derniers plans et Bombon est vraiment le berceau de la victoire française. À quelques centaines de mètres du Château, tout en haut de la route montueuse, qui traverse le village, dans l’humble église paroissiale qui la domine, chaque dimanche, le général assistait à la messe, à moins que les devoirs de sa charge ne l’eussent conduit en Flandre, en Champagne ou en Alsace.


On le voyait, au son de la cloche qui appelle les fidèles à la messe de 8 h, prendre le chemin du sanctuaire. Si la be­sogne pressait, il s’y rendait à pied, salué au passage par les bonnes gens et les petits enfants du village. Arrivé à l’église, Foch prenait place au milieu des fidèles, priant avec fer­veur et suivant attentivement dans son livre les prières de la messe que disait le curé du village et que servait souvent un soldat.
Quand la sonnette annonçait la belle invocation :


« Saint, Saint, Saint, le Dieu des armées ! »


le grand soldat, devant lequel fuyaient les hordes ger­maniques, s’agenouillait humblement et restait proster­né jusqu’à la fin de l’oblation du Divin Sacrifice. (Croix de Seine-et-Marne, citée par la « Foi Catholique » : 1919, pp. 154-155).
On le voyait avec édification communier tous les mois et visiter assez souvent le Saint-Sacrement. Détail frappant : le G.Q.G., toujours rapidement repéré et copieusement bombardé, ne le fut jamais à Bombon, pendant les 4 mois de séjour de Foch.


Nous arrivons au noeud vital de l’événement.
Le 8 juillet, au matin, dès son réveil, le curé de Bombon, qui connaissait bien son illustre paroissien, eut la pensée insistante, qui ne lui était jamais venue auparavant, de lui faire la demande qu’on va voir. Après avoir délibéré quelque temps en lui-même, dans la crainte de passer pour singulier et indiscret, il écrivit, séance tenante, la lettre dont voici le texte essentiel :


Mon Généralissime,
Avant de quitter bientôt peut-être ma paroisse, veuillez, je vous prie, agenouillé devant une statue du Sacré-Coeur de Jésus Roi de France, lui consacrer toutes vos armées françaises.
Demandez-lui avec supplication une prochaine et décisive victoire et que la France reste triomphante tant et surtout par ses traités que par ses glorieux succès.
Veuillez agréer, mon généralissime, les très humbles senti­ments de votre serviteur entièrement dévoué,
Paul Noyer, curé de Bombon.


La lettre fut remise le jour même par M. G…, inspecteur du service.


Le 16 juillet (9e jour après le 8), vers 2 heures de l’après-midi, le général Foch vint faire au curé une courte visite. À peine entré au salon, lui prenant les mains avec vivacité, il lui dit « spontanément » ces paroles :


Monsieur le curé, je viens vous remercier,
j’ai fait tout ce que vous m’avez demandé et même plus.


Dans la matinée du 17 X 1918 (Fête de la Bienheureuse Marguerite-Marie), jour de la prise de Lille, jour où le G.Q.G. quittait Bombon, Foch se présentait au presbytère pour faire ses adieux à son curé. Voici le texte littéral des questions et des réponses, échangées entre eux (contrôlé et vérifié) :


« Quand vous avez fait la consécration des armées au Sacré-Coeur, étiez-vous seul ? »
« Non, nous étions, je crois, deux ou trois. »
« Devant laquelle des statues du Sacré-Coeur avez-vous fait la consécration ? Devant la petite, à gauche en entrant, ou de­vant la grande, au fond de l’église, à droite ? »
« Je l’ai faite devant la Grande qui est près du Maître-Autel, à droite. »
« N’avez-vous pas fait alors une neuvaine ? »
« Oui, peut-être bien. »


Or, à partir de cette date :


(60e anniversaire aussi de l’apparition de N.-D. des Sourires, à Lourdes, rappelé par Monseigneur Schoepfer) c’est l’avance générale des armées alliées et le recul des forces allemandes, toujours et partout.


Et cette guerre, qui dure depuis 4 années, au milieu de terribles offensives et contre-offensives, se termine en 145
moins de 4 mois ! pour aboutir au glorieux armistice du 11 novembre. Le doigt de Dieu est là !


Voilà d’ailleurs des témoignages de nos adversaires :


Hertling, chancelier de l’Empire allemand ; après avoir affirmé que, dans sa conviction intime, au début de juillet 1918, les Puissances de l’Entente lui feraient parvenir des propositions de Paix ; voici ce qu’il déclarait presque à la veille de sa mort :


« Nous nous attendions à des événements graves à Paris, pour la fin du mois de juillet : c’était le 15 juillet. Le 16 juillet, les plus optimistes parmi nous avaient compris que tout était per­du ! L’Histoire du Monde s’est jouée en trois jours ! »
(Cité par Mgr Schoepfer, à Lourdes, le 18-1-1919, à l’an­nonce du Te Deum de la Victoire).


Von Arden, Général allemand :


« Le général Foch a remporté des succès si importants et si indiscutables que les Empires Centraux ont perdu presque tout le bénéfice des offensives antérieures et que nombreux sont ceux qui se demandent : quelle est la force mystérieuse qui tire constamment en arrière les armées allemandes ? pourtant vouées à la marche en avant. »
Berliner Tageblatt, 9 X 1918 (cité par l’Echo de Paris, 11 X 1918).


Cette force mystérieuse, nous allons la voir affirmée par Foch lui-même.


Lors de l’entrée du maréchal Foch dans la cathédrale de Strasbourg, le chanoine Schenékelé, au nom du chapitre et du diocèse, le complimenta en ces termes :


« C’est vous, Monsieur le maréchal, qui, en grand homme de guerre, avez mené à bonne fin, avec une rapidité surprenante, cette si longue et si meurtrière campagne : unique dans les fastes
de l’Histoire. C’est vous qui avez eu la Faveur Divine de fixer dans les plis du drapeau et la victoire et la délivrance et, nous l’espérons tous : la paix définitive si ardemment désirée. »


Le maréchal, qui ne cherchait pas à dissimuler son émo­tion, répondit :


« Oui, nous avons la victoire ; cette victoire, ainsi que vous l’avez dit, monsieur le chanoine, nous la devons à Dieu et c’est pour le remercier que je suis venu ici. »


Trop de journaux ont oublié de signaler cette réponse. Mais elle n’échappa pas aux tenants et dénonciateurs du laïcisme.


Dans « la Lanterne » du 5-III-1919, à la suite de la Libre Pensée, prétendant que :


« Cet officier (Foch !) avait ainsi supprimé par une simple phrase tout le concours héroïque des armées de la République française et des alliés et relégué dans le néant tous les sacrifices, toutes les peines, toutes les douleurs, supportés par les Français et leurs alliés, et de l’avant et de l’arrière. »


L’ordre du jour de Foch du 18 XI 1918 semble avoir ren­du assez officiellement, assez publiquement hommage aux armées françaises et alliées :


G.Q.G. 12 Novembre 1918.
Officiers, Sous-Officiers, Soldats des armées alliées,
Après avoir résolument arrêté l’ennemi, vous l’avez pour­suivi pendant des mois, avec une foi, une énergie inlassable, attaqué sans répit ; vous avez gagné la plus grande victoire de l’histoire : soyez fiers !
La postérité vous garde sa reconnaissance.
Le Maréchal de France,
Commandant en Chef des Armées Alliées,
F. FOCH.147


Rappelons encore ce mot de Poincaré dans son oraison funèbre de Foch :


« II avait cette force de se considérer comme faible devant l’éternité et de pouvoir attribuer à la Générosité Divine les mérites dont on lui faisait gloire. »


Jeanne d’Arc l’avait déjà dit :


Les soldats batailleront et Dieu donnera la victoire (en donnant le génie aux chefs et le courage aux soldats).
Le bon sens chrétien le dit tous les jours : « Aide-toi, le Ciel t’aidera ! »


NOTA :


On a objecté, et ce fut d’abord l’opinion de la Croix de Paris elle-même (2 XII) que cette consécration par Foch n’était pas publique, qu’elle avait un caractère intime, per­sonnel, non officiel.


Si ce ne fut pas un acte solennel, ni revêtu de formali­tés légales, ni par conséquent un acte légalement public et officiel, ce n’en fut pas moins un acte pleinement légitime, pleinement valable selon le droit naturel devant Dieu et devant les hommes.


À titre purement personnel, Foch n’aurait eu aucun droit de consacrer les armées françaises et alliées au Sacré-Coeur de Jésus. Mais, à ce titre et à ce fait de suprême autorité Militaire, son acte produit tous ses effets normaux : c’est bien comme généralissime de toutes les armées alliées que Foch les a consacrées au Sacré-Coeur de Jésus.


En ce sens, l’eut-il voulu, l’auteur de l’acte ne pouvait le renfermer dans le domaine purement privé, intime, per­sonnel. L’homme public ne peut ni ignorer ni renier l’acte du chrétien et ce dernier n’aurait eu aucun sens s’il n’était pas en même temps l’acte de l’homme public.


Cet acte eut-il été secret et isolé, et son auteur même n’en eut-il pas (par impossibilité) mesuré toute la portée, ce n’en serait pas moins l’acte de le souveraineté militaire du vrai chef, qui, à cette heure suprême, devant le droit naturel, re­présentait vraiment la France, qui portait la patrie dans son coeur, dans ses pensées, dans ses mains et qui avait le droit de la donner authentiquement à Jésus-Christ. (Foi Catholique, 1919, pp. 162-165)


En vertu du droit naturel (au sens spiritualiste et tradi­tionnel du mot), dans une nation en guerre et dans une guerre comme celle-ci surtout, et surtout dans un régime par ailleurs anormal et contraire au droit naturel et à ses principes essentiels (non reconnaissance de Dieu), quelle est l’autorité vraiment suprême qui doit commander toutes les autres ? C’est l’autorité militaire : c’est la dictature du front qui nous a sauvés.

Et Clémenceau lui-même a contri­bué à ce salut en soustrayant la suprême autorité militaire à l’action paralysante des pouvoirs louches. (Foi Catholique, 30 XII 1918, pp. 348-349)


Ce fut bien le cas ou jamais de se référer au vieil adage :


Salus Populi Suprema Lex ! (Le salut du peuple est dans la loi suprême !)


La Croix de Paris, elle-même, mieux éclairée, reconnaît que :


« Le généralissime français, par un acte privé, dont il était ab­solument le maître es qualité, comme on dit au palais, puisque sa qualité était inséparable de sa personnalité, a couronné cet édifice spirituel en consacrant au Sacré-Coeur les armées, dont il était le chef ». (Croix, 3 VII 1919 – Foi Catholique, II VII 1919, pp. 51)


Quant à l’authenticité de l’acte lui-même de Foch, de toute façon, les témoignages écrits et auriculaires rapportés plus haut ne laissent aucun doute. Les protestations de la Libre Pensée elle-même sont à ce point de vue un témoi­gnage précieux :


Fas Est Ab Hoste Doceri ! (Il est bon d’apprendre, même de son ennemi !)

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