La contre-révolution exorciste

La Révolution est une guerre religieuse contre Dieu et tout ce qui porte son Nom. Après l’assassinat des prêtres et des religieuses, en 1789 et les années suivantes, il y eut la laïcisation systématique de la société : Jésus-Christ a été mis hors-la-loi. C’est la démo(n)cratie qui a pour finalité la damnation du plus grand nombre d’âmes possible. Pour ce faire, on endoctrine les tout-petits dans les crèches pour leur apprendre à vivre sans Dieu.

Cette guerre s’est étendue dans les paroisses, les séminaires, au Concile Vatican II, maintenant, l’abomination de la désolation est dans le sanctuaire. Nous l’avons encore vue le 24 janvier dernier à Assise. L’usurpateur Wojtyla siégea au milieu de toutes les religions, sur le même pied d’égalité. C’est le triomphe apparent et médiatique de Lucifer, le soi-disant «dieu bon », qui prétend vouloir la paix et l’amour de tous les hommes.

C’est la guerre de Satan contre Jésus-Christ et son Eglise, c’est la guerre de Satan contre chacune de nos âmes. Nous ne choisissons pas cet état de guerre, il nous est imposé depuis notre naissance. Le premier acte que l’Eglise fera sur l’enfant nouveau-né est un acte de guerre : les exorcismes du baptême ! Et « Yahwé est en guerre contre Amalec de génération en génération. » Exode 17, 16. Amalec figure Satan qui nous combattra jusqu’à la fin du monde et davantage vers la fin, il est la Bête qui combat contre la Femme.

Notons d’abord que le pouvoir exorciste est le premier que Jésus ait donné à ses Apôtres quand il les a envoyés en mission : « de façon à expulser les esprits impurs et à guérir toute maladie et toute langueur. » Et le pouvoir de guérir est relié à celui d’exorciser, qui est premier. Et Notre-Seigneur précise : « Si c’est par l’Esprit de Dieu que j’expulse les démons, c’est DONC que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous. » Mt. XII, 28. Le Sacrifice de la Croix détient un pouvoir exorciste sur le monde entier : « C’est maintenant le jugement de ce monde : maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors. » Jn XII, 31. « Ils s’en allèrent prêcher… et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades et les guérissaient. » Mc VI,3.

Les premiers chrétiens étaient tous exorcistes, ceci est attesté par de nombreux témoignages des Pères, notamment de Tertullien et de Minucius Felix, qui en tiraient argument contre les païens. « Qu’on amène ici, en présence de vos tribunaux, quelqu’un qui soit certainement tourmenté du démon. Sur l’ordre qui lui en sera donné par un chrétien quelconque, cet esprit se proclamera démon en toute vérité, comme ailleurs il se proclame faussement dieu. » (1). Saint Hilaire de Poitiers, au IV e siècle : « Maintenant que Jésus-Christ a été annoncé au monde, tout se tait, tout est confondu et chancelant ; car ces divinités des temples païens sont châtiées par la puissance des fidèles ; elles sont tourmentées, déchirées, brûlées par les paroles des croyants. Un mot retient, punit, chasse ces êtres invisibles et incompréhensibles pour nous, les devins sont réduits au silence, les temples sont muets. » (2) Quand l’Eglise était toute jeune, au sein d’un empire romain encore très païen, et avec des structures chrétiennes encore souples et dynamiques comme le petit enfant, le Royaume de Dieu ne pouvait avancer qu’en faisant reculer celui de Satan. Pour cela, il fallait utiliser les exorcismes.

Aujourd’hui le royaume de Satan triomphe, mais les catholiques ne se servent plus de l’exorcisme (parce que cela fait peur, parce que c’est réservé aux prêtres, soi-disant, etc…). On constate bien que les choses vont mal, mais on cherche la cause de nos malheurs ailleurs que là où elle se trouve. On cherche dans les causes naturelles et politiques (le communisme, la démocratie, les épidémies, la pollution, etc..) ce qui provoque les cataclysmes contemporains. Alors que la cause du mal est toujours nos péchés qui donnent pouvoir à Satan de nous nuire. On voudrait éloigner les malheurs, mais continuer à pécher tranquillement, à faire la fête dans les soirées et les bridges mondains ; à s’habiller avec des habits indécents et à s’arranger avec la morale conjugale. Plus nous péchons et plus Satan prend du pouvoir sur nous pour nous entraîner à pécher encore. Et ses chaînes de malheurs et de catastrophes familiales et sociales se resserrent autour du pécheur et de ses descendants.

L’action démoniaque s’attaque principalement au cerveau. Il faut toujours frapper l’ennemi à la tête, c’est bien connu. Cette offensive a souvent été décrite comme une fumée qui trouble l’esprit, l’enivre et l’endort comme l’opium. Ne voyant plus le péché, ne réagissant plus face aux tentations, le pécheur est enchaîné pour être livré à l’enfer avec son consentement. Le premier effet de l’exorcisme est de dissiper la fumée et de réveiller le pécheur de son sommeil mortel. Il permet de discerner le péché et la tentation, qu’on ne voyait pas du tout avant alors qu’on l’avait sous les yeux, bien souvent.

On objectera peut-être que l’exorcisme déchaîne le démon contre nous et qu’il faut donc s’abstenir de réciter ce qui provoque des malheurs plus grands. Ceci est un sophisme du démon pour que l’on ne diminue en rien sa puissance sur nous. L’exorcisme ne déchaîne pas le démon, il nous déchaîne, nous ! et il enchaîne le démon. Que celui-ci se mette en colère et essaie de nous décourager en nous effrayant par quelques tours à sa manière, c’est normal, mettez-vous à sa place… Il ne faut alors surtout pas reculer ni faiblir, car c’est le premier qui lâche qui a perdu. Si l’on tient bon et que l’on montre au démon qu’il ne nous fait pas peur et que nous sommes prêts à tout sauf à arrêter de réciter l’exorcisme, les choses finissent par se calmer et rentrer dans l’ordre. Le démon a perdu et se tient désormais à distance de ceux qui ont les moyens de le faire tant souffrir. Il est vrai que lorsqu’on fait la guerre, on s’expose à recevoir des coups et pas seulement à en donner ; et dans la guerre avec le diable, il vaut beaucoup mieux recevoir des coups physiques que spirituels, et affronter la colère du diable que de sombrer voluptueusement dans l’abîme infernal.

En règle générale, les catholiques ont beaucoup trop peur du diable et pas assez du péché, surtout du péché contre la Foi. Si l’on craignait davantage le péché, on craindrait beaucoup moins le diable. Ce que l’on craint le plus n’est pas d’offenser la Majesté divine, mais de souffrir. Le diable ne le sait que trop et montre rageusement ses cornes à ceux qui veulent se libérer. A Eve, il n’a pas montré ses cornes : il s’est fait serpent, enjôleur, séducteur, cajoleur. Ses mensonges doucereux sont bien plus dangereux que ses menaces et ses griffes. Il ne peut rien nous faire sans la permission de Dieu, pas même toucher un seul de nos cheveux, alors que nos péchés ont le pouvoir de déplacer les bornes de la permission divine pour nous attaquer au plan physique et psychique. Le diable est moins dangereux avec plus de colère et moins de puissance, qu’avec moins de colère et plus de puissance

Il ne s’agit pas pour nous d’aller attaquer l’ennemi avec des moyens humains : par exemple se faire inscrire en loge pour lutter contre les francs-maçons. Ce serait un suicide spirituel ! Il ne faut jamais utiliser les mêmes armes que l’ennemi. Ce qui vainc le monde, c’est notre Foi. Il faut donc nous battre sur le terrain surnaturel de la Foi par l’exorcisme, afin d’être invincible. Ainsi, nous ne commandons pas à Dieu, nous Lui obéissons et nous nous conformons toujours à sa Volonté. L’exorcisme de Léon XIII a ceci de particulier que ce n’est pas nous qui parlons au diable, mais l’Eglise. A la différence du grand exorcisme du rituel, où le prêtre seul parle en tant que ministre de Jésus-Christ et s’adresse directement à Satan.

L’exorcisme de Léon XIII

Dans cet exorcisme, le pape Léon XIII a d’abord en vue la délivrance de l’Eglise, l’ensemble des âmes et plus particulièrement les élus de Dieu, et non les possédés. Il vise à repousser non pas à proprement parler une possession, comme dans le grand exorcisme du prêtre, mais une persécution concernant l’Eglise et les élus, ainsi qu’une séduction concernant le genre humain. Comparons :

– le grand exorcisme dit : « Je t’exorcise, esprit impur… », signifiant l’action individuelle d’un prêtre sur une personne.

– Le petit dit : « Nous t’exorcisons, esprit immonde… », signifiant l’action collective de l’Eglise, réalisée par la récitation en commun de cet exorcisme.

Le pape Léon XIII est le pape de l’encyclique Humanum Genus qui condamne la Franc-Maçonnerie. Son exorcisme s’attaque au Pouvoir occulte : « puissance satanique, invasion de l’ennemi infernal, légion, réunion ou secte diabolique… sois arraché et chassé de l’Eglise de Dieu… »

Le grand exorcisme s’occupe expressément du corps du possédé avec lequel le prêtre doit être en contact direct, faire des signes de croix sur le front, etc… Tandis que Léon XIII ne s’occupe pour ainsi dire que des âmes envisagées d’une manière collective. Il s’agit clairement du combat de la Cité de Dieu contre la Cité de Satan. L’action exorciste se porte non pas sur le corps physique d’un baptisé, mais sur le Corps Mystique tout entier. Et pour arriver à un résultat aussi grandiose, Léon XIII fait appel à saint Michel Archange, car l’heure de saint Michel a sonné : « En ce temps-là se lèvera Michel, le Grand prince qui se tient auprès des enfants de ton peuple. Ce sera un temps d’angoisse tel qu’il n’y en aura pas eu jusqu’alors depuis que nation existe… Toi, Daniel, serre ces paroles et scelle ce livre jusqu’au temps de la Fin. » Daniel, XII, 1 et sv. Dans la supplique à saint Michel, Léon XIII fait de multiples références à la Sainte Ecriture, mais il cite particulièrement deux textes : le chapitre VI de l’épître aux Ephésiens et le chapitre XII de l’Apocalypse.

Dans la brochure intitulée Saint Michel et le triomphe de demain, Paris, 1905, avec Imprimatur, on peut lire que Léon XIII vit un jour, “dans la ferveur de son oraison”, « l’envahissement de la terre par des nuées sombres d’esprits malfaisants, nouvellement sortis de l’abîme, et il comprit que c’était à Saint Michel que Dieu avait réservé l’honneur de les y précipiter à nouveau. »

Aux invocations de sorcellerie diffusées partout dans les rituels du Petit Albert et du Grand Albert, adaptés désormais pour les enfants dans les livres de Harry Potter, il nous faut réagir vite en récitant en famille l’exorcisme de Léon XIII, si nous ne voulons pas purement et simplement disparaître.

Source : La Tour de David n° 13, février 2003

(1) Apologétique, ch. 23, PL I, col. 410, cité par le DTC, mot exorcisme, col. 1770.

(2) Sur le Psaume LXIV, n°10 ; PL X, col. 419.

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One thought on “La contre-révolution exorciste

  1. S’il vous plaît, vous qui avez écrit cet article, vous ne pouvez pas vous positionner à la fois en tant qu’ -observateur- de la sainte Église ( jugeant, condamnant nos prédécesseurs…) et en tant que -membre- du Corps du Christ ( vous exprimant en son Nom) ! ( de l’extérieur du cœur de Jésus, vous risquez de discréditer sa Parole et sa Vie ) .

    Ça fait plus de 2000 ans que « Jésus a été mis hors la loi » !
    Saint Jean-Paul II, ce 24 janvier à Assise, a eu exactement le même comportement que Jésus en descendant au milieu de nous qui n’étions encore que des pécheurs !

    Si nous n’adoptons pas le comportement, les sentiments du Christ Jésus, même baptisés, c’est que que nous ne vivons pas encore pleinement les Sacrements de l’Église qui nous sont offerts par le Christ de la part du Père !

    Le combat spirituel que nous avons à vivre en tant que chrétiens pour laisser toute la place au Seigneur Jésus dans notre cœur, dans notre vie, ne devrait pas être rejeté car il contribue, pauvrement mais fidèlement, à la conversion de l’humanité, ainsi l’a désiré la Seigneur.

    Le démon, depuis les origines, tente d’empêcher l’image de Dieu que l’Homme est appelé à re-devenir mais Dieu n’y renonce pas.

    La prière « Auguste Reine des Cieux » que vous nous avez partagée, priée dans un simple abandon confiant, est une arme redoutable pour vaincre l’ennemi dans ce combat spirituel qu’implique notre foi catholique… le Seigneur, à travers notre cœur, notre charité, porte du fruit.

    Faisons confiance à Jésus qui demeure la Tête de son corps qui est l’Église.

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