L’hérésie de l’heure présente : La Gnose

1) Une condamnation par Mgr Tissier de Mallerais
Enfin, un évêque prêche pour condamner la Gnose (et non pas “un évêque parle”, un évêque ne parle pas, il prêche et il enseigne !). Mgr Tissier de Mallerais s’est distingué honorablement lors de son homélie à Ecône le 27 juin dernier à l’occasion des ordinations sacerdotales. Pour la première fois depuis trente-deux ans, les “erreurs de Vatican II” sont devenues “les hérésies de cette nouvelle religion” et “cette nouvelle religion n’est rien d’autre qu’une Gnose”. Nous sommes loin des 95% du Concile acceptables par Mgr Fellay ! Dans l’entretien qu’il accorde au journal 30 Jours de septembre 2000, Mgr Fellay accusait Vatican II d’avoir “mis de la confusion dans les idées”. A moins qu’il y ait un double langage, un évêque- bâton et un évêque-carotte… un langage diplomatique pour les bandits du Vatican et un langage casse-baraque pour les fidèles inconditionnels ?
Même si une hirondelle ne fait pas le printemps, nous nous réjouissons lorsque la vérité brille un tant soit peu dans les ténèbres épaisses de l’éclipse de l’Eglise. La Vérité ne peut éclairer que si l’évêque utilise des termes précis et clairs afin de bien poser le problème. Une hérésie n’est pas une banale erreur, c’est une doctrine contraire à la Foi catholique et il faut la désigner par son nom. C’est ce qu’a eu le courage de faire Mgr Tissier. Merci mon Dieu ! Que l’Esprit de Vérité l’éclaire pour le sortir de sa propre hérésie gallicane…
Il faudrait que Mgr Tissier soit cohérent avec lui-même en ne reconnaissant plus le chef de la religion gnostique comme étant le Vicaire du Christ. Il doit dénoncer la secte conciliaire comme étant une secte gnostique ! Doit-on se faire reconnaître et intégrer par une secte gnostique ? Pourquoi signer un accord avec une secte gnostique ? Telles sont les graves contradictions que Mgr Tissier n’a pas abordées dans son sermon. Alors que Notre-Dame de la Salette a donné l’explication “simpliste”, dirait Mgr Fellay, de l’éclipse de l’Eglise. L’Eglise est éclipsée, cachée par une secte gnostique qui a usurpé les postes de l’administration du Vatican.
2) Les Hérésies de la gnose du professeur Jean Borella
Mgr Tissier s’était déjà déclaré l’adversaire de la Gnose en préfaçant l’opuscule de l’abbé Méramo (FSSPX) Les Hérésies de la Gnose du professeur Jean Borella 42 pages, 1996, éditions Les Amis de Saint François de Sales, C.P. 2346, 1950 SION 2, Suisse. Une véritable conspiration du silence a été organisée autour de cet ouvrage par les éditions Clovis du sinistre Grégoire Célier (1) qui n’a jamais voulu le présenter ni en parler dans Fideliter. Lisez-le et parlez-en autour de vous, c’est la meilleure publicité contre laquelle ne peut rien le triste Grégoire Célier.
Mgr de Galarreta avait préfacé le livre de Julio Meinvielle De la Cabale au Progressisme, réédité par le Séminaire d’Ecône, en 1998. Il dénonçait à son tour la gnose des théologiens néomodernistes des années 50 : « Il y a un fond gnostique dans le néomodernisme… Il s’agit d’un gnosticisme intellectuel, dépouillé de son symbolisme archaïque et de ses mythes, réduit à son essence. Mais dans l’Eglise (ce fut vrai jusqu’en 1983, date de fondation de la nouvelle constitution de la secte gnostique de Vatican II par Wojtyla dans son Code de lois, N.d.r.) triomphe actuellement un gnosticisme édulcoré, mitigé, incohérent. » Mgr A. de Galarreta – Madrid – 1998. Aucune homélie n’a jamais été prononcée qui ait diffusé cette prise de position de l’évêque espagnol. La Gnose a été moult fois dénoncée et réfutée dans l’histoire de l’Eglise jusque dans ces dernières années par saint Irénée, saint Epiphane, Bossuet, Dom Guéranger, le Père Deschamp, Mgr Freppel, Mgr Jouin, Dom Maréchaux, Dom Paul Benoît, l’abbé Barbier et bien d’autres. Il faut lire à ce sujet le remarquable n° 293 de Lecture et Tradition (BP 1, 86190 Chiré-en-Montreuil) intitulé La Gnose et le mystère d’Iniquité – Réponse à un défi. Ce défi avait été lancé par Grégoire Célier lui-même dans son pamphlet L’Ecole des Cahiers Barruel en ces termes : page 16 : « La dénonciation d’une telle erreur nommée “gnose” apparaît précisément aux yeux du profane comme une nouveauté : personne n’a entendu parler jusqu’ici de cette “gnose”. (…) Si Les Cahiers Barruel ne peuvent apporter aucun auteur sérieux qui ait soutenu avant eux leur thèse sur la gnose, nous devons la rejeter sans pitié, au seul motif de sa nouveauté dans l’Eglise. (…) Or, nous mettons publiquement au défi les Cahiers Barruel d’apporter le témoignage d’auteurs sérieux et approuvés en faveur de leur description de la “gnose”. » Voilà qui est fait désormais, il suffit de lire la collection d’auteurs prestigieux que présente Christian Lagrave pour constater qu’il y a bien longtemps que l’Eglise combat la gnose. Mais Grégoire Célier est né de la dernière pluie et il est de mauvaise foi car il ne répond jamais aux arguments et aux textes. Il ne sait que mépriser, railler et ironiser.
3) Les ouvrages de Jean Vaquié et d’Étienne Couvert
Nous devons recommander aussi la lecture des ouvrages de Jean Vaquié et Etienne Couvert, en vente à DPF. Ces deux laïcs courageux et perspicaces ont subi les plus vives attaques de la part de ceux qui auraient dû les soutenir, les guider et les éclairer de leur science théologique: les prêtres. Spécialement deux d’entre eux (nommés à des postes importants de formation et de communication par l’abbé Aulagnier, leur ami et leur protecteur) se sont livrés à une critique odieuse et malhonnête : l’abbé de Tanoüarn et l’abbé Célier, alias Paul Sernine. Ces deux ecclésiastiques parisiens nous inondent de leur portrait à chaque éditorial de leurs publications, ce qui dénote une vanité stupide pour des ministres du Christ Jésus.
4) L’abbé de Tanoüarn et l’abbé Célier

J’écrivais en décembre 1999 à l’abbé Célier : « … je joints à ma lettre la copie d’un texte provenant d’une commission de l’épiscopat conciliaire : Aujourd’hui une ambiance gnostique ? Au moins ces hérétiques de conciliaires ont plus de lucidité et d’objectivité que vous, monsieur l’abbé. « Il existe aujourd’hui de nombreux groupes religieux dont on peut dire que de près ou de loin ils empruntent une démarche de type gnostique au sens large du terme. L A GNOSE EST DANS L’AIR DU TEMPS ET LES GROUPES QUI SE RÉCLAMENT DE CE TYPE DE DÉMARCHE SE MULTIPLIENT. » Le texte parle encore des “gnostiques de toujours” pour manifester le lien existant entre les disciples de Valentin et les adeptes modernes du New Age. Jean Vernette, qui n’a jamais collaboré aux Cahiers Barruel, affirme dans son livre Le Nouvel Age : « La gnose est donc la religion du Nouvel Age. (…) La majorité des groupes du Verseau représentent comme une résurgence contemporaine de la gnose éternelle. » p. 199
Repousser d’un revers de main méprisant les études des Cahiers Barruel est un peu rapide et ne tient pas l’épreuve d’une recherche un tant soit peu honnête et non passionnée. Que des nuances puissent être apportées à tel ou tel point de vue, c’est autre chose. Mais, monsieur l’abbé, la gnose vit toujours et elle est bien vivante. Même les conciliaires s’en aperçoivent. Il est regrettable que vous ne la voyiez pas. » Mais il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir… ou qui a reçu la mission d’aveugler les autres !
Dans toute discussion ou polémique, il faut savoir de quoi l’on parle. Qu’est donc cette Gnose qui déclenche des débats passionnés et des réactions si violentes (l’abbé de Tanoüarn est entré dans une violente colère contre DPF lorsqu’il a lu le n° de Lecture et Tradition) ? La Gnose signifie la connaissance qui sauve par elle-même (gnôsis, en grec, veut dire connaissance). Point n’est besoin de pratiquer une ascèse de vie, des vertus ou des prières. Il suffit de connaître la doctrine qui sauve.

5) Qu’est-ce que la gnose ?
En quoi consiste cette doctrine ? Telle est précisément toute la difficulté de la question. Il n’y a pas une doctrine gnostique, mais une multitude. Chaque doctrine revêt des aspects différents en fonction de la religion ou de la philosophie qui lui sert de référence. Nous nous attacherons ici à parler uniquement de la gnose chrétienne qui se réfère à l’ Evangile et à l’ Eglise. La doctrine gnostique est abstraite, secrète ( ils disent “ésotérique”) et multiforme. A l’intérieur de chaque religion, il y a beaucoup de gnoses qui varient en fonction des inspirations des chefs d’école. Pour simplifier les choses, on dira que la Gnose chrétienne consiste en un mélange de certains éléments de la doctrine chrétienne avec des éléments du paganisme.
Dans le domaine des mélanges, vous avez bien sûr toutes les nuances de gnoses en fonction des dosages de christianisme et de paganisme. Les uns mélangeront l’Evangile et le bouddhisme, d’autres mélangeront l’Evangile avec le Coran, d’autres encore mélangeront Jésus-Christ avec les anciens dieux égyptiens ou nordiques… Chaque chef de file “sage” initié vous présentera son propre cocktail.
La caractéristique du Christianisme est la SEPARATION complète d’avec les doctrines païennes pour garder le dépôt de la Foi pure de toute altération ou corruption. Ainsi le prêchait Saint Paul aux Corinthiens : 3 « Ne traînez pas le même joug que les infidèles. Car quoi de commun entre la justice et l’iniquité ? ou quelle alliance entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord entre le Christ et Bélial ? ou quel commerce entre le fidèle et l’infidèle ? c’est pourquoi sortez d’au milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur. » II Cor. VI, 14.
La Foi ne supporte pas les mélanges. Si elle n’est pas pure intégralement, elle est détruite, car elle est fondée sur l’autorité de Dieu qui révèle et non sur la compréhension que l’homme en a. Nous sommes ici au cœur du problème. Le gnostique veut comprendre avant d’adhérer. Le catholique fait confiance à Dieu et à l’Eglise infaillible dans son Magistère, qui ne peut ni se tromper ni nous tromper. Même s’il ne comprend pas, le catholique croit tout ce que l’Eglise croit et rejette tout ce que l’Eglise rejette. Les mystères de Foi ne sont pas en contradiction avec la raison mais nulle intelligence ne peut les pénétrer. Cette réalité révolte le gnostique qui prétend comprendre pour être sauvé. S’il ne peut comprendre ce qu’enseigne l’Eglise, c’est donc que l’Eglise catholique ne peut pas le sauver. S’il ne quitte pas l’Eglise, il ajoutera aux dogmes des éléments de paganisme qui lui rendront les mystères explicables, mais qui seront des hérésies mortelles pour son âme.
6) Jean Borella enseigne au Barroux. « La charité profanée »
C’est exactement ce qu’a tenté de faire le professeur Jean Borella, qui enseigne la métaphysique et l’histoire de la philosophie à l’Université de Nancy II, ainsi qu’au Monastère Sainte Madeleine du Barroux. Dans son livre La Charité Profanée, Editions du Cèdre, p. 341, il annonce son audacieux projet de réforme des dogmes catholiques, rien de moins : « Fidèle à notre méthode, nous continuerons à nous appuyer sur la doctrine thomiste en la situant dans une lumière, (il s’agit d’éclairer) où elle est rarement envisagée (et pour cause). Parce que cette lumière confère aux conclusions du maître, une portée insoupçonnée que l’on pourrait qualifier d’ésotérique ou de gnostique. Mais ce n’est pas seulement la théologie la plus classique, ce sont aussi les définitions dogmatiques les plus officielles de l’Église catholique, qui revêtent ainsi leur plus haute signification et rejoignent la suprême vérité métaphysique. Il s’agit donc de transformer les dogmes en les éclairant de l’intérieur par une lumière qui en révèle le contenu ésotérique, lumière extérieure au christianisme. » Ces formules dogmatiques, les définitions solennelles du Magistère sont ce qu’ils appellent des vérités exotériques, c’est-à-dire élaborées pour le commun des mortels, pour ceux qui ne sont pas initiés. Et les ésotéristes, eux, vont comprendre ce que le commun des mortels ne comprend pas, grâce à leur lumière extérieure au christianisme c’est-à-dire païenne, la véritable signification des dogmes. On accède à cette signification par l’initiation (2). C’est là le moment clé, où le gnostique va justement recevoir cette lumière, cette fameuse lumière qui va éclairer la théologie de Saint-Thomas et les dogmes. Le contenu ésotérique, que cette lumière va découvrir à l’intérieur des dogmes, est en fait puisé dans les autres traditions religieuses de l’humanité. C’est elle qui constitue le tronc commun de toutes les religions du monde et que les gnostiques appellent “la tradition primordiale”, qui serait, soit disant, venue d’Adam. C’est cette gnose commune à toutes les religions qui explique l’œcuménisme de Vatican II et les réunions interreligieuses de Wojtyla.
7) Le danger de la gnose pour la foi
Il n’est pas besoin d’aller plus avant dans l’étude de cette gnose pour comprendre qu’elle est très dangereuse pour la Foi. Elle menace de détruire le fondement même du salut en injectant le paganisme jusque dans la théologie de saint Thomas d’Aquin ! Les gnostiques aiment utiliser les mêmes mots que les catholiques afin d’endormir leur méfiance et de mieux les séduire par leurs théories fumeuses. Ils mettent sous les mots catholiques une autre signification qui surprend toujours celui qui n’est pas prévenu. Les gnostiques ont toujours agi ainsi. Les gnostiques se fondaient en effet au milieu des communautés chrétiennes. Ils donnaient alors un enseignement individuel, discrètement. Tertullien nous dit qu’ils commençaient par énoncer la foi commune en des formules équivoques pour induire les fidèles en erreur. Saint Irénée, au II e siècle, écrit à leur propos dans son Adversus Hæreses « qu’ils attirent les gens en leur parlant comme nous parlons nous-mêmes. Ils se plaignent de ce que nous les traitons comme des excommuniés alors que, de part et d’autre, les doctrines sont les mêmes. Et puis ils ébranlent peu à peu la foi par leurs questions. De ceux qui ne résistent pas ils font leurs disciples. Ils les prennent à part pour leur dévoiler le mystère inénarrable de leur Plérôme »
« Mêlez l’airain à l’or, il faudra un coup d’œil exercé pour distinguer l’alliage. Eh bien, il est de notre devoir d’empêcher que ces hommes, qui se présentent revêtus d’une peau de brebis et que le Seigneur nous a ordonné d’éviter, entraînent les fidèles comme des loups ravisseurs; car il est difficile de discerner des gens qui tiennent le même langage que nous, tout en professant une doctrine différente. J’ai eu occasion de lire les écrits de ceux qu’on appelle les disciples de Valentin, de converser avec quelques-uns d’entre eux et d’apprendre ainsi à connaître leurs sentiments. C’est pourquoi j’ai cru devoir, cher ami, vous révéler ces monstrueuses théories que tous ne comprennent pas, faute d’une pénétration suffisante. De cette façon, vous pourrez à votre tour en instruire ceux qui sont avec vous, pour préserver vos frères de cet abîme de démence d’où sort le blasphème contre le Christ. » (3)
8) Comment repérer un gnostique ?
Pour repérer un gnostique, il faut être attentif à certains mots et certaines expressions employés fréquemment et dont le sens semble flou et abscons, comme par exemple : la réalisation de soi, la manifestation du Principe, l’émanation du divin, le divin, le sacré, le monde intermédiaire, la transmutation de l’âme, l’illumination, l’alchimie spirituelle, le Graal, la Tradition universelle (présente dans toutes les religions). Si dans un article, une conférence ou une discussion, ces termes sont employés fréquemment dans un langage compliqué, vous pouvez être sûr que vous avez un gnostique en face de vous, et on ne discute jamais avec le diable !
9) Un gnostique infiltré : Yves Chiron

a) L’orthodoxe
Yves Chiron est connu des catholiques de Tradition qui peuvent lire sa signature dans beaucoup de revues : Présent, Aspect de la France, Spectacle du Monde, Ecrits de Paris, Fideliter, La Nef. Il a écrit de très nombreux ouvrages, en vente à Clovis pour la plupart. Il fut longtemps professeur d’histoire à l’école saint Michel de Châteauroux, de la FSSPX. Il a été remercié très récemment.
b) L’hétérodoxe
Ce qui est moins connu, c’est sa collaboration à des revues ésotériques et gnostiques des éditions Pardès : L’Age d’Or, Kalki, Rebis. Comme Jean Borella, Chiron veut une réforme du catholicisme à la lumière de la gnose universelle. Dans le n°4 de L’Age d’Or, Chiron n’hésite pas à écrire : « Pour conclure, nous ne pouvons que faire nôtre le vœu d’Evola dans Masque et visage du spiritualisme contemporain, vœu qu’il craint de n’être qu’un songe. “Un catholicisme qui s’élèverait au niveau d’une tradition vraiment universelle, unanime et pérenne – où la foi pourrait s’intégrer dans une réalisation métaphysique – le symbole dans la voie d’éveil – le rite et le sacrement dans une action de puissance – le dogme dans l’expression d’une connaissance absolue et infaillible parce que non humaine et, comme telle, vivante en des êtres libérés des biens terrestres à travers une ascèse – où le pontificat revêtirait sa fonction médiatrice primordiale – un tel catholicisme pourrait alors supplanter tout spiritualisme présent et futur.” (4) Dans leur précision et leur grande justesse, ces lignes nous semblent définir parfaitement ce qui pourrait caractériser une restauration du catholicisme. » Y.C.
Vous avez bien lu, Chiron adhère à la restauration du catholicisme prônée par Evola, avec la précision et la justesse des termes qu’il utilise. Ces termes sont extrêmement graves car ils accusent la religion fondée par le Seigneur Jésus de ne s’être pas encore élevée à la hauteur d’une tradition universelle. Catholique ne veut-il pas dire universel ? Ne s’agirait-il donc pas de la même universalité ? Quelle est cette réalisation métaphysique à laquelle la foi devrait s’intégrer ? En quoi consisterait la fonction médiatrice primordiale du pontificat ? Tout cela est incompréhensible pour un catholique connaissant parfaitement son catéchisme comme pour le théologien de saint Thomas. Par contre, le vocabulaire de la gnose nous donne les clés d’interprétation car tous les termes ont un sens précis dans la doctrine gnostique. Comprenons que le plus grave réside dans cette prétention à réformer de l’intérieur la religion révélée par Dieu avec des doctrines païennes qui lui sont totalement étrangères et même opposées, Jésus-Christ n’ayant vraiment pas été à la hauteur des problèmes !
c) Le menteur
Suite à ces accusations, Chiron adressera un droit de réponse à J. Vaquié, que la revue Fideliter reproduira dans le numéro 91 de janvier 1993. Dans cette « juste mais nécessaire mise au point », Chiron ose écrire : « Je n’ai jamais été l’adepte et le propagateur d’un ésotérisme chrétien. » Son approbation de J. Evola dans la grande justesse et la précision des termes pour la restauration du catholicisme montre que cette accusation n’est pas une calomnie mais la stricte vérité. D’ailleurs, pour se justifier, et en aucun cas s’amender, Chiron n’hésite pas, lui, à utiliser le mensonge. Il affirme : « A cette date, été 1987,… j’ai … décidé de cesser toute collaboration aux revues des éditions Pardès. » Or, on peut lire un entretien et des notes de lecture dans le n°10 de L’Age d’Or, automne 1990, soit trois années après la prétendue cessation de collaboration. Chiron est un menteur et il ne se rétracte pas lorsqu’on lui met ses propres textes sous les yeux. Il se justifie et s’excuse par son jeune âge de l’époque. Tout le monde peut faire des erreurs de jeunesse, mais arrivé à l’âge mûr, on doit les rétracter et mettre son talent à les réfuter pour mieux défendre la vérité. Le style fuyant et insaisissable de Chiron lui permet toujours d’interpréter ses propos dans le sens qui lui sert.
d) L’ésotériste
Examinons de plus près ces écrits dans le n° 10 . Il y a d’abord un entretien avec Jean Richer qui édite tous ses livres chez le gnostique Trédaniel, mais le meilleur étant toujours pour la fin, notre auteur se dévoile dans des notes de lecture que seuls quelques mordus liront intégralement. Y.C. nous chante les louanges, à la suite d’Evola évidemment, d’un certain Milarepa, un des plus grands maîtres du Bouddhisme tibétain. « …il faut remercier les éditions Fayard de nous en proposer la première version française intégrale…Ces chants retracent l’itinéraire ascétique et spirituel d’un grand mystique où enseignement théologique et poésie lyrique se mêlent en un fleuve profond. L’univers culturel et religieux de Milarepa est fort éloigné du nôtre. Il y a néanmoins des éléments universels (communs à toutes les religions ? N.d.r) dans la doctrine de Milarepa… » La doctrine spirituelle est transmise par des « formules qu’on dirait écrites par quelque mystique chrétien » Faut-il rappeler que Chiron collabore à Fideliter depuis trois ans lorsqu’il écrit ces lignes ? La confusion entre la mystique chrétienne et la fausse mystique bouddhiste n’est-elle pas évidente ? Comment échapper ensuite à l’accusation d’ésotérisme chrétien ?
Disons quelques mots sur les articles parus dans Rebis. Cette revue qui parle de magie sexuelle, d’érotisme, d’ androgynat, de métaphysique du sexe et de tantrisme offre à Chiron l’occasion de dévoiler sa conception métaphysique du sexe, au sens évolien du terme. Dans le n°11, 1987, Chiron critique un livre de Zwang, « un grand spécialiste de la sexologie », en concluant : « Regrettons qu’il limite la sexualité à la seule jouissance des sens et qu’il n’ouvre aucune perspective métaphysique et spirituelle dans sa considération des rapports homme-femme. » Chiron montre ici qu’il est en parfait accord avec la revue Rebis et J. Evola. Une critique de L’Evangile fou de J.E. Hallier, dans Rebis n° 13, 1987, nous découvre un Chiron très spécial : « A ce titre, écrit-il, on peut accorder à J.E. H. d’être un des seuls authentiques peintres contemporains de l’érotisme. Dans ce domaine rien ne sonne jamais faux dans ses pages….mènent une sarabande d’union des corps qui nous vaut quelques belles pages d’anthologie érotique. » Cela se passe de commentaire. Peut-être Chiron expliquera-t-il que l’érotisme n’est pas l’érotisme et que nous ne savons pas lire ses critiques tout à fait morales ?
e) Le pertinace
Maintenant, ces articles remontent à 1990 pour les plus récents et d’aucuns penseront peut-être que Chiron a bien changé depuis, voire qu’il s’est converti ! Nous le souhaiterions vivement, mais il faut se soumettre aux évidences. En mars 1997, Chiron attaque de plus belle dans les Ecrits de Paris n°556 en faisant l’apologie de Borella et en discréditant l’excellent livre de l’abbé Méramo Les hérésies de la Gnose du professeur Jean Borella, préfacé par Mgr Tissier de Mallerais (5). «… il s’agit là d’une condamnation disproportionnée ». Là encore, Chiron est pris en flagrant délit de malhonnêteté dans sa défense du gnostique Borella. Il critique le livre de Guyot-Jeannin Enquête sur la Tradition aujourd’hui, éditions Trédaniel, et il nous relève que Borella s’ explique en tant que catholique romain. Il n’y a aucune hérésie chez cet auteur, prétend-il. Mais Chiron se garde bien de citer la réponse de Borella à cette question de Guyot-Jeannin : « Existe-t-il au XX e siècle, des mouvements qu’on peut qualifier de « traditionalistes »? Réponse de Borella : « Il existe quelques écoles de pensée qu’on peut appeler “ traditionalistes ”, en particulier dans certaines branches de la Franc-Maçonnerie, telles que la Grande Loge Nationale de France, sans parler des divers groupes de catholiques qui demeurent fidèles au ritus antiquus de la messe et au latin. » Assimiler la Fraternité de Mgr Lefebvre à la F∴M∴, c’est énorme ! Mais cela ne choque nullement Chiron qui n’en dit pas un mot, et pour cause !
Dans Présent du 26 juillet 1997, Chiron écrit un article pour inciter les lecteurs à lire Julius Evola « analyste souvent pénétrant du monde contemporain ». Chiron n’hésite pas à intégrer un des livres d’Evola au patrimoine de la contre-révolution tout en assurant qu’on « ne saurait artificiellement dissocier l’Evola occultiste et métaphysicien, parfois fumeux, de l’Evola politique. Et lire le deuxième ne va pas sans rencontrer, inévitablement, le premier. » Quelle prudente mise en garde tout en nuances ! La conclusion est à l’unisson de tout l’article: « Le volume…n’emportera pas l’adhésion du lecteur à chacune de ses pages, loin de là, mais certains articles…permettront au lecteur non familier d’Evola de mesurer son originalité dans sa critique du monde moderne. »
f) Le serpent
Comprenez bien comment procède Y. Chiron. Il émet de très prudentes réserves sur un auteur antichrétien, néopaïen et initié qu’il se garde bien de dénoncer comme tel ! Par contre il encourage le lecteur catholique à mesurer son originalité dans sa critique du monde moderne. Mais précisément, cette originalité lui vient de son initiation à la Gnose, qui mélange les éléments de la doctrine chrétienne avec les traditions païennes. L’originalité d’Evola, par rapport à d’autres critiques catholiques du monde moderne, tient dans le fait qu’il est hérétique et que cette hérésie est peu connue du grand public !
Gardons-nous des gnostiques, en soutane ou en laïc, qui voudraient nous intégrer dans la grande religion mondiale, la religion noachide, en nous faisant renier la Très Sainte Trinité et la divinité du Verbe Incarné, Notre-Seigneur Jésus-Christ en dehors duquel aucun homme ne peut être sauvé. Fuyons tout indice de doctrine païenne, d’où qu’elle vienne, et persévérons jusqu’à la fin.
Abbé Xavier Rolland, La Tour de David n° 17
1) C’est ainsi qu’il signe tous ses articles. Cette absence de référence à son sacerdoce est significative. Un autre prêtre fait de même, Jean- Marc Rulleau (aujourd’hui Père Bernard de Menthon O.S.B.).
2) Jean Borella a été initié dans la târiqâh (société initiatique) de F. Shuon à Lausanne. Lire l’article d’A. de Motreff dans Le Sel de la Terre n°13: Qui a inspiré René Guénon ? Couvent de la Haye aux Bonshommes – 49240 AVRILLE. Lire aussi L’Initiation Maçonnique de Charles Nicoullaud, Perrin, 1913.
3) Contre les hérésies, Livre I, chapitre I, n°1 et 2
4) Julius Evola Masques et Visages du Spiritualisme Contemporain Editions de l’Homme – Montréal – 1972, p. 203.
5) en vente à DPF. L’abbé Méramo est un prêtre de la Fraternité Saint Pie X.
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