Le Sacré-Cœur de Jésus et la France
Dans les magnifiques révélations de la Bienheureuse Marguerite-Marie, il est question des destinées de la France et du tribut spécial d’adoration qu’elle devra rendre au Cœur de Jésus.
Le 17 juin 1689, la Bienheureuse Sœur écrivait : « Le divin Cœur désire entrer avec magnificence dans la maison des Princes et des Rois, pour y être honoré autant qu’il y a été outragé, méprisé et humilié en sa Passion. Il faut qu’il ait autant de joie à voir les grands de la terre humiliés devant lui, qu’il a senti d’amertume à se voir anéanti à leurs pieds.
« Et voici les paroles que j’entendis à ce sujet: « Fait savoir au Fils aîné de mon Sacré-Cœur qu’il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à mon cœur adorable. Mon cœur veut triompher du sien, et, par son entremise, de celui des grands de la terre »
« Mon cœur veut régner dans le palais du Roi de France, être peint dans ses étendards et gravé sur ses armes, afin de les rendre victorieuses de tous ses ennemis, et de tous les ennemis de la sainte Église. »
Jésus lui-même appelle le Roi de France « le Fils aîné de son Sacré-Cœur. » Quel nom ! quel titre ! A quel autre Prince la munificence divine l’a-t-elle jamais conféré ? Et quel honneur pour la France elle-même !
Ce que Jésus demande ici au Roi de sa France, aucun de nos Princes ne l’a encore suffisamment compris. Demandons au Cœur de Jésus qu’il nous donne bientôt le vrai Fils aîné du Sacré-Cœur, un Roi véritablement très-chrétien.
Au mois d’août de la même année 1689, la Bienheureuse Marguerite-Marie revient sur le même sujet. « Le Père éternel entend se servir du Roi de France pour faire construire un temple où serait placée l’image du divin Cœur de son Fils, afin d’y recevoir la consécration et les hommages du Roi et de toute la Cour.
« De plus, ce divin Cœur veut se rendre le protecteur et le défenseur de sa personne sacrée contre tous ses ennemis visibles et invisibles. Il l’a choisi comme son fidèle ami, pour obtenir du Saint-Siège Apostolique les privilèges qui doivent accompagner la dévotion de ce divin Cœur. C’est par le Cœur de Jésus qu’il lui départira les trésors de ses grâces, et répandra ses bénédictions sur toutes ses entreprises. »
Hélas ! quel compte nos Rois ont-ils tenu de ces magnifiques et consolantes promesses ? Dieu sait si une fidélité plus grande n’eût pas épargné à la France les scandales du dix-huitième siècle et les épouvantables catastrophes qui en ont été la conséquence et le châtiment.
La pieuse Reine Marie Leckzinska, épouse de Louis XV, comprit davantage le vœu du Sauveur. Elle obtint de l’Assemblée générale du Clergé de France, en 1765, que le culte public, la Messe et l’Office du Sacré-Cœur fussent officiellement établis dans tous les diocèses du royaume ; mais c’était au Roi, et non à la Reine, que le Fils de Dieu avait fait appel ; et cette fois encore, tout en laissant faire, le Roi de France n’avait rien fait. Le Roi n’intervenait pas comme Roi, la France n’intervenait point comme nation ; Notre-Seigneur voulait davantage.
Enfin, en 1792, l’infortuné Louis XVI, prisonnier aux Tuileries, sous les yeux, ou plutôt sous les griffes de la Convention révolutionnaire, qui allait bientôt l’immoler, fit cet acte de consécration, réclamé depuis plus d’un siècle. Hélas ! il était trop tard, non peut-être pour la France, mais pour le Roi de France.
Ce fut dans les premiers mois de cette année fatale que Louis XVI consacra la France au Sacré-Cœur, sous l’inspiration du pieux successeur du P. Eudes, M. Hébert, martyrisé aux Carmes, le 2 septembre suivant.Voicile textemêmeduvœuduRoi- martyr :
« Vous voyez, ô mon dieu ! toutes les plaies qui déchirent mon cœur, et la profondeur de l’abîme dans lequel je suis tombé. Des maux sans nombre m’environnent de toutes parts. A mes malheurs personnels et à ceux de ma famille, qui sont affreux, se joignent pour accabler mon âme, ceux qui couvrent la face du royaume. Les cris de tous les infortunés, les gémissements de la religion opprimée retentissent à mes oreilles, et une voix intérieure m’avertit encore que peut-être votre justice me reproche toutes ces calamités, parce que, dans les jours de ma puissance, je n’ai pas réprimé la licence du peuple et l’irréligion, qui en sont les principales sources ; parce que j’ai fourni moi-même des armes à l’hérésie qui triomphe,en la favorisant par des lois qui ont doublé ses forces et lui ont donné l’audacede tout oser.
« Je n’aurai pas la témérité, ô mon Dieu ! de me justifier devant vous ; mais vous savez que mon cœur a toujours été soumis à la foi et aux règles des mœurs ; mes fautes sont le fruit de ma faiblesse et semblent dignes de votre grande miséricorde. Vous avez pardonné au roi David, qui avait été cause que vos ennemis avaient blasphémé contre vous ; au roi Manassès, qui avait entraîné son peuple dans l’idolâtrie. Désarmé par leur pénitence, vous les avez rétabli l’un et l’autre sur le trône de Juda ; vous le savez fait régner avec paix et gloire. Seriez-vous inexorable aujourd’hui pour un fils de saint Louis, qui prend ces rois pénitents pour modèles, et qui, à leur exemple, désire réparer ses fautes et devenir un Roi selon votre cœur ?
« O Jésus-Christ ! divin Rédempteur de toutes nos iniquités, c’est dans votre Cœur adorable que je veux déposer les effusions de mon âme affligée. J’appelle à mon secours le tendre Cœur de Marie, mon auguste protectrice et ma mère, et l’assistance de saint Louis, mon patron et le plus illustre de mes aïeux.
« Ouvrez-vous, Cœur adorable, et par les mains si pures de mes puissants intercesseurs, recevez avec bonté les vœux satisfactoires que la confiance m’inspire et que je vous offre comme l’expression naïve de mes sentiments.
« Si, par un effet de la bonté infinie de Dieu, je recouvre ma liberté, ma couronne et ma puissance royale, je promets solennellement: …
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