Pourquoi l’Eglise parle-t-elle latin, même à la messe ?

Langue liturgique incontestable de l’Eglise romaine depuis la fin de l’Antiquité, la place incontournable du latin est fortement remise en cause depuis le concile Vatican II.

Pourtant, en tant que langue inscrite sur le titulum du Calvaire, le latin a acquis le statut de langue sacrée, au côté du grec et de l’hébreu.

Le prestige d’avoir été l’idiome universel de l’Empire romain, le plus grand du monde au début de notre ère, a grandement contribué à faire du latin la langue de l’Eglise catholique a travers les siècles, et à sa diffusion hors de la sphère culturelle latine.

Cette langue unique a préservé la liturgie des traductions erronées qui auraient corrompu le sens des cérémonies religieuses, et changé le dogme.

Il n’est pas étonnant que l’une des obsessions de Luther était d’introduire les langues vernaculaires durant la messe… Pour toutes ces raisons et d’autres exposées dans l’article qui suit, les papes ont toujours défendu l’usage du latin dans l’Eglise catholique, une, apostolique et romaine.

Sa marginalisation depuis Vatican II n’est pas étrangère à l’éclipse actuelle de l’Église.

« Objection : Pourquoi parler latin ? Pourquoi se servir d’une langue inconnue ?

Réponse : Parce que, à des dogmes immuables, il faut une langue immuable qui garantisse de toute altération la formulation même de ces dogmes.

Parce que, à une société universelle, il faut une langue universelle qui maintienne, resserre, proclame hautement l’unanimité de la foi et la fraternité universelle de la religion véritable.

Les protestants et tous les ennemis de l’Église catholique lui ont toujours durement reproché le latin. Ils sentent que l’immobilité de cette cuirasse défend merveilleusement de toute altération ces antiques traditions chrétiennes, dont le témoignage les écrase. Ils voudraient briser la forme pour atteindre le fond. L’erreur parle volontiers une langue variable et changeante.

Ce reproche, d’ailleurs, si on l’examine de plus près, n’a aucun fondement. N’y a-t-il pas une foule de personnes qui savent le latin ? La prédication, c’est-à-dire la partie du culte divin qui s’adresse directement aux fidèles, n’est-elle pas en langue vulgaire ? Pour le reste des offices, n’y a-t-il pas un nombre infini de traductions des prières de l’Église ? Quel est le chrétien que la langue mystérieuse de l’autel empêche de suivre l’office ? Certaines cérémonies, certains signaux n’avertissent-ils pas tous les assistants de ce qui se fait et de ce qui se dit ? S’ils sont distraits, n’est-ce pas leur faute ?

Rien n’égale, en outre, la dignité, la grandeur, la clarté, la beauté de la langue latine. C’est la langue des conquérants de l’univers, des Romains ; c’est la langue de la civilisation ; c’est la langue de la science. Cette langue est la reine des langues ; elle méritait de devenir la langue de la Religion.

Outre les grands changements qui dénaturent les langues vivantes, il en est beaucoup d’autres qui semblent peu importants, mais qui le sont beaucoup. Ainsi tous les jours l’usage change le sens des mots et souvent le gâte par pur caprice. Si l’Église parlait notre langue, il pourrait dépendre d’un bel esprit effronté de rendre le mot le plus sacré de la liturgie ou ridicule ou indécent.

Sous tous les rapports imaginables, la langue religieuse doit être mise hors du domaine de l’homme.

Voilà pourquoi l’Église catholique parle latin. »

Extrait de : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion, Chapitre XLI ; in : Œuvres de Mgr de Ségur, tome 1, pages 220 et 221.

Lire le dossier complet du site : https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/2021/08/10/pourquoi-leglise-parle-t-elle-latin-meme-a-la-messe/

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