Réveillon de la Saint Sylvestre

Saint Sylvestre Pape (280-335)

Saint Sylvestre eut Rome pour patrie. Quand il fut en âge de disposer de sa fortune, il se plaisait à donner l’hospitalité aux chrétiens étrangers qui passaient à Rome; il les menait à sa demeure, lavait leurs pieds, leur servait à manger, enfin leur donnait, au nom de Jésus-Christ, tous les soins de la plus sincère charité.

Il vint, un jour, à Rome, un illustre confesseur de la foi, nommé Timothée d’Antioche. Personne n’osait le recevoir; Sylvestre s’en fit un honneur, et, pendant un an, Timothée prêchant Jésus-Christ avec un zèle incroyable, recevait chez lui la plus généreuse hospitalité. Cet homme héroïque ayant conquis la palme du martyre, Sylvestre déroba ses précieux restes et les ensevelit à la faveur de la nuit. Mais lui-même fut bientôt traduit devant le tribunal du préfet, comme recélant les trésors du martyr: “Timothée, répondit-il, ne m’a laissé que l’héritage de sa foi et de son courage.”

Le préfet le menaça de la mort et le fit jeter en prison; mais Sylvestre, en le quittant, lui dit: “Insensé, c’est toi-même qui, cette nuit, vas rendre compte à Dieu.” Le persécuteur avala une arête de poisson et mourut, en effet, dans la nuit. La crainte des châtiments célestes adoucit les bourreaux et l’héroïque jeune homme fut rendu à la liberté. Cette belle conduite de Sylvestre le fit appeler au diaconat par le Pape saint Melchiade, dont il devait être l’éminent successeur.

Son long pontificat de vingt et un ans, célèbre à divers titres, l’est surtout par le concile de Nicée, le Baptême de Constantin et le triomphe de l’Église. Le Baptême de Constantin est reporté à une époque plus tardive par de nombreux auteurs; mais des témoignages non moins nombreux et non moins sérieux placent le Baptême de ce grand empereur sous le règne de saint Sylvestre, et le Bréviaire romain confirme cette opinion.

Constantin, encore païen et peu favorable aux chrétiens, dont il ignorait complètement la doctrine, fut atteint d’une sorte de lèpre qui lui couvrit tout le corps. Une nuit, saint Pierre et saint Paul, éclatants de lumière, lui apparurent et lui ordonnèrent d’appeler le Pape Sylvestre, qui le guérirait en lui donnant le Baptême. Le Pape, en effet, instruisit le royal néophyte et le baptisa. Le règne social de Jésus-Christ commençait; la conversion de Constantin allait avoir pour heureuse conséquence celle de l’univers.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950

Au passage de la nouvelle année, l’Église accorde une indulgence plénière, outre les condition habituelles à qui « participe dévotement, dans une église ou un oratoire, au chant ou à la récitation solennelle de » :

  • 1° l’hymne Te Deum, le dernier jour de l’année (31 décembre), en action de grâces à Dieu pour tous les bienfaits reçus tout au long de l’année.
  • 2° l’hymne Veni Creator le premier de l’an (1er janvier) pour implorer l’aide divine pour tout le cours de l’année.

Le Te Deum ou hymne ambrosien

Nous vous louons, ô Dieu : * Nous vous bénissons, Seigneur.
O Père éternel * toute la terre vous adore.
Tous les Anges, * les Cieux et toutes les Puissances :
Les Chérubins et les Séraphins * s’écrient sans cesse devant vous :
Saint, Saint, Saint * est le Seigneur, le Dieu des armées.
Les cieux et la terre sont pleins * de la majesté de votre gloire.
L’illustre * chœur des Apôtres,
Des Prophètes * la vénérable multitude,
L’éclatante armée des Martyrs * célèbrent vos louanges.
Dans toute l’étendue de l’univers * l’Église sainte publie vos grandeurs,
Ô Père * dont la majesté est infinie ;
Elle adore également * votre Fils unique et véritable ;
Et le Saint * Esprit consolateur.
Vous, le Roi de gloire, * ô Christ.
Du Père * vous êtes le Fils éternel.
Pour sauver les hommes et revêtir notre nature : * vous n’avez pas dédaigné le sein d’une Vierge.
Vous avez brisé l’aiguillon de la mort, * vous avez ouvert aux croyants le royaume des cieux.
Vous êtes assis à la droite de Dieu, * dans la gloire du Père.
Nous croyons * que vous viendrez juger le monde.
Le verset suivant est dit à genoux.
Nous vous supplions donc de secourir vos serviteurs, * rachetés de votre Sang précieux.
Mettez-nous au nombre de vos Saints * pour jouir avec eux de la gloire éternelle.
Sauvez votre peuple, Seigneur, * et bénissez votre héritage.
Régnez sur vos enfants, * et élevez-les jusque dans l’éternité.
Chaque jour * nous vous bénissons ;
Nous louons votre nom à jamais, * et dans les siècles des siècles.
Daignez, Seigneur, en ce jour, * nous préserver du péché.
Ayez pitié de nous, Seigneur, * ayez pitié de nous.
Que votre miséricorde, Seigneur, soit sur nous, * selon l’espérance que nous avons en vous.
En vous, Seigneur, j’ai espéré : * je ne serai pas confondu à jamais.

Te Deum laudámus : * te Dóminum confitémur.
Te ætérnum Patrem * omnis terra venerátur.
Tibi omnes Angeli, * tibi Cæli, et univérsæ Potestátes :
Tibi Chérubim et Séraphim * incessábili voce proclámant :
Sanctus, Sanctus, Sanctus * Dóminus Deus Sábaoth.
Pleni sunt cæli et terra * maiestátis glóriæ tuæ.
Te gloriósus * Apostolórum chorus,
Te Prophetárum * laudábilis númerus,
Te Mártyrum candidátus * laudat exércitus.
Te per orbem terrárum * sancta confitétur Ecclésia,
Patrem * imménsæ maiestátis ;
Venerándum tuum verum * et únicum Fílium ;
Sanctum quoque * Paráclitum Spíritum.
Tu Rex glóriæ, * Christe.
Tu Patris * sempitérnus es Fílius.
Tu, ad liberándum susceptúrus hóminem : * non horruísti Vírginis úterum.
Tu, devícto mortis acúleo, * aperuísti credéntibus regna cælórum.
Tu ad déxteram Dei sedes, * in glória Patris.
Iudex créderis * esse ventúrus.
Sequens versus dicitur flexis genibus.
Te ergo quæsumus, tuis fámulis súbveni, * quos pretióso sánguine redemísti.
Ætérna fac cum Sanctis tuis * in glória numerári.
Salvum fac pópulum tuum, Dómine, * et bénedic hereditáti tuæ.
Et rege eos, * et extólle illos usque in ætérnum.
Per síngulos dies * benedícimus te ;
Et laudámus nomen tuum in sǽculum, * et in sǽculum sǽculi.
Dignáre, Dómine, die isto * sine peccáto nos custodíre.
Miserére nostri, Dómine, * miserére nostri.
Fiat misericórdia tua, Dómine, super nos, * quemádmodum sperávimus in te.
In te, Dómine, sperávi : * non confúndar in ætérnum.

Le Veni Creator

On se met à genoux pour la récitation du premier verset, puis on se tient debout pour le reste du chant.

1. Venez, Esprit créateur, visiter les âmes de vos fidèles, et remplir de la grâce céleste les cœurs que vous avez créés.

2. Vous êtes appelé le Consolateur, le Don du Dieu Très-Haut, la source d’eau vive, le feu, l’amour, l’onction spirituelle.

3. Versant sur nous vos sept dons, vous êtes le doigt de la main du Père ; promis solennellement par lui aux hommes, vous venez leur apporter la puissance du langage.

4. Eclairez nos esprits de votre lumière, versez l’amour dans nos cœurs ; soutenez la faiblesse de notre corps par votre incessante énergie.

5. Repoussez l’ennemi loin de nous, hâtez-Vous de nous donner la paix ; marchez devant nous comme notre chef, et nous éviterons tout mal.

6. Faites-nous connaître le Père et le Fils ; donnez-nous la foi en vous qui procédez de l’un et de l’autre.

7. Gloire soit à Dieu le Père ! Gloire soit au Fils ressuscité des morts ! Gloire au Paraclet, dans les siècles des siècles !

Amen.

1. Veni, creator Spiritus,
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia
Quæ tu creasti pectora.

2. Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei,
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.

3. Tu septiformis munere,
Dextræ Dei tu digitus,
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.

4. Accende lumen sensibus,
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.

5. Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus ;
Ductore sic te prævio
Vitemus omne noxium.

6. Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium ;
Te utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.

7. Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula. 

Amen.

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