Un problème d’immodestie ?

La modestie ancestrale jusqu’au début du XXième siècle. (Source WikiCommons-Musée des Beaux Arts de San Francisco-Jules Breton 1870: la cruche cassée)

De l’immodestie dans la Tradition?

Depuis des années maintenant, dans les milieux catholiques traditionnels de plus en plus contaminés par l’immodestie du monde, on voit dans certaines chapelles ces prescriptions concernant la tenue vestimentaire des femmes : « jupe ou robe couvrant les genoux ». Or, cette injonction, d’ailleurs de moins en moins suivie d’effets, ne correspond hélas en rien à la morale vestimentaire de presque 2000 ans de christianisme.

Au contraire, genoux couverts mais mollets découverts, cela correspond à la première phase de la révolution vestimentaire du XX ième siècle, mise en œuvre dans les années 20 aux quatre coins du monde en même temps… Révolution annoncée par Notre-Dame à Fatima, quand elle dit à Jacinthe qu’allaient venir des modes offensant beaucoup Notre-Seigneur, révolution condamnée par les premiers Papes du XXième siècle comme le démontrera ce site.

Le présent travail a donc pour but de démontrer la réalité de la révolution vestimentaire (et sociétale) des années 1920. Pour cela, les faits sont examinés sous trois angles qui se complètent et prouvent cette révolution. Ces trois angles sont trois types de témoignages: le témoignage des photos d’époque, le témoignage de la condamnation par les Papes et les Evêques, et le témoignage de l’enthousiasme des féministes pour cette révolution dans l’habillement des femmes…

Nous avons nous-même découvert cette réalité il y a quelques années après avoir suivi la masse pendant longtemps. Cela s’est fait en plusieurs étapes et déclics, dont entre autres la création dans le sud de la France d’un cercle pour la modestie, sur la base cependant fausse des « genoux couverts ». Les réactions négatives d’alors nous ont questionné, et nous avons alors approfondi le sujet et découvert une vérité bien plus contraignante de prime abord, mais libérante par la suite…

     Ce thème délicat et l’apparente mise en cause d’une partie des autorités dans la décadence actuelle pourront mettre  certains mal à l’aise. Pour ce qui est du thème, son importance n’est pas à considérer en fonction de nos propres habitudes, mais en fonction de ce qu’a toujours dit l’Eglise qui en a depuis ses débuts fait un de ses chevaux de bataille. En ce qui concerne la faiblesse des autorités ayant entraîné cette dégradation, il ne s’agit pas de juger des intentions, mais d’un constat objectif d’une décadence, plus ou moins rapide selon les endroits, mais universelle.

     Le problème se résume ainsi : l’ancien monde a disparu, nous n’avons plus de repères, et les plus anciens, ceux qui ont aujourd’hui 90 ans, sont nés à la fin des années 20. Ils n’ont donc pas connu l’avant-révolution vestimentaire des années folles (Même si tout n’était pas parfait avant, j’y reviendrai). Beaucoup de prêtres, d’hommes et de dames oeuvrent pour la modestie chrétienne de bonne foi et avec zèle  mais, sans le savoir, ne mettent pas les limites là où elles étaient avant le travail de sape de la révolution et ne travaillent qu’à revenir aux années 30 ou 40 ( non pas sur le plan du style, mais au niveau de la modestie, ou plutôt de l’immodestie).

     Cela ne doit pas nous empêcher, une fois connue cette révolution, de tout faire pour la contrer. Il ne s’agit donc pas de juger mais de tenter d’y remédier.  Notre amour de la vérité doit nécessairement se traduire aussi par une lutte contre le mal : car, comme le disait en substance Ernest Hello dans « L’homme », on peut dire que  la Révolution commence quand diminue l’aversion pour l’erreur… René Bazin écrivait, dans l’introduction à une notice sur le Père de Clorivière S.J.: « En temps de révolution, ceux-là seuls sont utiles qui refusent tout; tous les autres font le jeu. » (Forts dans la Foi n°59-60). Et le Cardinal Pie enseignait que le contrepoison ne peut être efficace que s’il garde toute son énergie, et est impuissant s’il est atténué (Sel de la Terre n°95, P.223). Il disait aussi que « réserver l’action pour l’avenir serait une faute, réserver la vérité en serait une plus grande encore ».

Image de la Sainte Vierge, habillée d'un ample et modeste vêtement et envoyant ses grâces vers la Terre.
Notre Mère du Ciel, toujours vêtue modestement… Est-elle une seule fois venue les mollets et les bras découverts, ou bien décolletée ou en pantalon?

     Ce travail est placé sous la protection de la Reine de la Pureté, Mère Très Chaste et Vierge Très Prudente (Litanies de la Sainte Vierge), et sous celle des âmes du Purgatoire, surtout celles qui sont dans ce lieu de purification à cause de leur immodestie. Prions pour elles en retour dans la communion des saints. Je le confie aussi aux saints prêtres qui ont combattu avec zèle : le Saint Curé d’Ars, le Père Emmanuel, le Padre Pio et les saints et saintes comme St Vincent Ferrier ou Ste Françoise Romaine, qui dans des temps plus éloignés défendaient déjà cette cause qui est un des piliers nécessaires pour que la Foi soit profitable à nos âmes.

     Puissent-ils obtenir pour nos pasteurs d’aujourd’hui le même courage et le même zèle quotidien et permanent dont ils ont fait preuve, avec la Grâce de Dieu, pour la modestie chrétienne entre autres exigences, leur faisant méditer et mettre en œuvre les directives de Pie XI en 1930, donc bien avant la minijupe et en plein dans les années qui ont vu les mollets se découvrir : « Qu’on interdise aux jeunes filles et aux femmes qui s’habillent d’une manière immodeste l’accès de la Table Sainte, le rôle de marraine au Baptême et à la Confirmation, et si les circonstances s’y portent, l’entrée même de l’Eglise. » (cf. « Catéchisme des vérités opportunes », de Mgr de Castro-Meyer).

    Qu’ils nous obtiennent (ou nous conservent, car nul n’est à l’abri de tomber), à nous, fidèles, de bien porter ce nom de « fidèles » dans la docilité à la vérité et au bien proclamé par notre Sainte Mère L’Eglise pendant vingt siècles.

     Que sur les âmes fermées ou négligentes tombe la vengeance de Dieu, mais une vengeance d’Amour comme Lui seul peut le faire, en ouvrant par une surabondance de grâces les âmes à la Lumière.

      Tout notre reconnaissance va bien sûr à tous les prêtres qui se battent vaillamment dans ce domaine de la décence sans se cacher derrière « un sujet délicat, difficile et compliqué », voire « secondaire », et à tous ceux et celles qui tiennent sans céder au rouleau compresseur du monde.

     « Dom Maréchaux n’hésitait pas à résumer en deux traits toute l’action pastorale du Père Emmanuel : le chapelet des hommes et la modestie des femmes »  (La modestie chrétienne, Editions du Sel). Et effectivement, si les hommes étaient pieux d’une piété qui nourrisse l’action, et les femmes modestes d’une modestie comprise, convaincue et sans compromis, tout serait sauvé, car ce serait le terreau fertile où pourrait s’épanouir la grâce sans obstacle. Car la vraie piété est l’humilité de l’homme en lui faisant mettre dans sa poche son orgueil masculin et la modestie est l’humilité de la femme en prenant à rebours sa coquetterie et en la rendant imitatrice de la Très Sainte Vierge Marie.

L’immodestie dans les faits…

Ci-dessous quelques photos floutées et aux visages masqués, issues des pages publiques des réseaux sociaux. Il ne s’agit pas de juger ni de montrer du doigt, mais le constat de la décadence en matière de modestie est effrayant. Cette page est un signal d’alarme! Prions pour tous les jeunes, qui se laissent prendre dans les filets du démon et cèdent à l’immoralité partout répandue…

Catholiques tradis à un mariage: jupes courtissimes, bras entièrement nus épaules comprises, décolletés... Une immodestie jamais vue dans les temps passés!
Catholiques tradis à un mariage: jupes courtissimes, bras entièrement nus épaules comprises, décolletés… Une immodestie jamais vue dans les temps passés!
Jeunes tradis: où est la réserve chrétienne entre garçons et filles?
Jeunes tradis: où est la réserve chrétienne entre garçons et filles?
Immodestie des pantalons (qui plus est moulants) de jeunes adolescentes issues pourtant des écoles de Dominicaines!
Immodestie des pantalons (qui plus est moulants) de jeunes adolescentes issues pourtant des écoles de Dominicaines!
Jeunes fiancés tradis: la fiancée est censée être la gardienne de la chasteté de son promis... dans cette tenue?
Jeunes fiancés tradis: la fiancée est censée être la gardienne de la chasteté de son promis… dans cette tenue?

     Depuis plusieurs années, on constate dans les milieux et les chapelles de la Tradition une dégradation supplémentaire des tenues vestimentaires, en particulier des jeunes filles et jeunes femmes (voire des 40-50 ans parfois),  bien que les hommes et garçons ne soient pas épargnés par ce phénomène depuis peu (pantalons slim, chemises cintrées ou de couleur féminine, chaussures de style efféminé, sweat-shirts imprimés de logos mondains, sans parler des shorts courts : scouts, sport… Cela pourrait faire l’objet d’un second site). Car il ne s’agit aucunement ici de s’en prendre aux seules femmes en exonérant les hommes de leurs devoirs dans ce domaine, même si les conséquences morales de leur mauvaises tenues sont moins immédiates. Les hommes prendront à cet effet un excellent modèle en Saint Joseph, et liront les parties « historique » et « Conclusion »…

     Après bientôt 10 ans de constat et 5 ou 6 ans de réflexion pour remonter aux fondements de cette forme subtile de révolution :

      – par l’étude de ce que nous ont dit l’Eglise et les Saints qui l’ont vivifiée avant Vatican II,

      – par l’étude de l’évolution des modes en 2000 ans de Chrétienté,

      – par l’étude de ce que l’on nous dit depuis des années dans la Tradition,

      – et par ce que disent nos ennemis (féministes entre autres, sur ce sujet),

     Et après avoir ainsi découvert un pan oublié de la révolution, la conclusion  qui s’impose est qu’un long glissement s’est opéré sur plus d’un siècle, dû entre autre à la lâcheté de certains, à la négligence d’autres, à l’ignorance enfin, surtout pour les dernières générations qui n’ont pas connu « avant ».

     Et l’on en est hélas !  arrivé à voir dans les chapelles de la Tradition des écriteaux qui édulcorent (sans le savoir et sans le vouloir) l’enseignement de la Tradition et des Saints : « jupe au genou » ou bien « jupe couvrant le genou demandée », prescription navrante qui est une victoire de la Révolution qui a gagné ses lettres de noblesse jusque dans le Temple de Dieu. Car une jupe couvrant le genou peut être longue (20 ou 30 cm sous les genoux)  mais être aussi ras-le -genou ou à peine en dessous, ce qui va alors à l’encontre de toute la morale vestimentaire depuis 2000 ans, et par exemple, des 20 cm minimum sous le genou exigés par le Padre Pio à la fin de sa vie. Imaginons la réaction de St Paul  ou du Saint Curé d’Ars arrivant dans nos chapelles. La fameuse technique de la Révolution du « 3 pas en avant et 2 pas en arrière«  a aussi fonctionné très efficacement par endroits, après un léger retour en arrière, une petite amélioration non poursuivie, car saupoudrée très vite d’un peu de « c’est déjà bien d’avoir obtenu cela » , « la perfection n’est pas de ce monde », « c’est bien pire ailleurs », « le mieux est l’ennemi du bien » ou « attention au radicalisme » et autres sophismes utilisés par le démon pour avancer ses pions.

     Ainsi, on peut entendre parfois aujourd’hui demander des tenues « ni trop longues (sic) ni trop courtes » ou voir des écoles où il est demandé au filles d’être vêtues « sous le genou » (c’est bien vague…), « 10cm au-dessus du genou pour le sport » , et où en pratique on tolère mi-genou dans l’école et mi-cuisse en sport, quand ce n’est pas ras-les-fesses (je l’ai vu de mes yeux à plusieurs reprises). Si la révolution vestimentaire amenée par les loges était étudiée de manière systématique et approfondie dans les écoles de filles, nous n’en serions peut-être pas là aujourd’hui. Espérons que cette thématique indispensable fasse un jour partie intégrante du programme des jeunes filles.

Immodestie de la tenue de sport dans les écoles de religieuses traditionnelles.
Immodestie des tenue de sport dans des écoles de religieuses…

     Quant aux mariages, ils sont souvent devenus des occasions de scandale par la tenue des invitées (jupes courtes et talons, décolletés) et par celle de la mariée: bustier moulant, décolleté, bras voire épaules nus ou couverts de dentelle, robe très ajustée à la taille.

Jeunes invitées à un mariage dans la Tradition: jupes courtes, hauts talons, bras nus... Que d'immodestie!
Jeunes invitées à un mariage dans la Tradition: jupes courtes, hauts talons, bras nus… Que d’immodestie!

     Certains se demanderont si, en matière de décence, il peut y avoir une vérité. Mais la vérité est que depuis 2000 ans les chrétiennes ont toujours été habillées très long (et même bien avant l’Ere Chrétienne), et qu’il a fallu attendre les « années folles » pour qu’elles commencent à découvrir leurs jambes. Comment ce changement a-t-il été possible en si peu de temps ? Il semblerait que plusieurs facteurs aient joué un rôle :

   – L’esclavage de la  mode a soumis les femmes des décennies précédentes à des extravagances très peu pratiques (corsets, coupes trop resserrée forçant aux petits pas…) ce qui les a conduites à désirer une libération, légitime en elle-même par rapport à ces dérives, mais que certains ont su exploiter pour les entrainer plus loin : « C’est l’empoisonnement calculé comme l’ont voulu les Quarante […] et l’on déploie en ce moment une activité et une ingéniosité incroyables pour amener les femmes, et les plus comme il faut, à se faire dorénavant habiller de la façon la plus indiscrète » alertait Mgr Delassus en 1910 dans « La conjuration antichrétienne ». Les Quarante dont parlait Mgr Delassus étaient les quarante membres de la Haute Vente, organisation supra-maçonnique dirigeant la mise en œuvre de la subversion de la société et de l’Eglise (cf. page 11). Il est d’ailleurs troublant de voir à quelle vitesse et simultanément en tous points du globe se sont répandus ces changements, comme obéissant à un mot d’ordre.

   – La guerre de 14-18  qui a entraîné la disparition d’un million et demi d’hommes en France (600 000 veuves, donc potentiellement presque autant de familles sans père) et 4,3 millions de blessés parfois graves (sans compter les séquelles psychologiques) désorganisant ce qui restait d’équilibre et de fermeté à la société et permettant une plus rapide  suggestion et contamination des jeunes générations féminines (même si, déjà, les idées nouvelles avaient pénétré les intelligences, cf. Mgr Delassus encore).

   – Comme au sortir de la plupart des guerres, une envie de jouir de la vie, de changement, de renouveau et un vent de liberté très bien  canalisé par les officines secrètes qui tirent les ficelles (arts, musique, commerce, mode, …cf. l’infiltration des associations diverses et même des confréries (!) par la franc-maçonnerie dans « La conjuration anti-chrétienne », chap.XXIX de Mgr Delassus). De même la multiplication des magazines féminins a contribué à rendre les femmes de plus en plus ouvertes, dispersées, frivoles et mondaines…

   – Quand la nouvelle créatrice Gabrielle Chanel se lance dans des innovations stylistiques et vestimentaires jamais vues chez les femmes (jupes raccourcies, pantalons, cheveux courts…), elle trouve en face d’elle des esprits avides de consommation, de libération et de nouveauté. Coco Chanel, qui deviendra la référence du style des années 20-30 avant d’être dépassée par d’autres « créateurs », était une jeune femme indépendante, collectionneuse d’hommes (la liste de ses amants est éloquente) et détestant la famille et la tradition au sens large. Il est d’ailleurs frappant de constater que les « créateurs » de ces années folles, les Jeanne Lanvin, Lucien Lelong, Paul Poiret, Madeleine Vionnet et autres Coco Chanel, qui ont fait exploser les codes et accéléré la révolution des mœurs, étaient des libertins, des divorcés-« remariés », des féministes, des « audacieux » qui voulaient changer la société. Non pas que tout était parfait avant, mais tous les historiens sont d’accord pour dire que les années d’après 14-18 ont été des années d’accélération de la révolution dans la société. L’explosion du prêt-à-porter a aussi dynamisé ce processus révolutionnaire.

Femmes modestes en Italie
Dans la rurale Italie du Sud dans la première moitié du XXième siècle, la modestie était encore préservée…
(Source: WikiCommons)
La modestie parfaite de deux jeunes Bretonnnes priant le rosaire il y a 150 ans.
La parfaite modestie d’une époque hélas bien lointaine.
(Source: WikiCommons. Peinture de William Bouguerau: le voeu à Sainte Anne-Photographie de Bartoli, Damien & Ross, Frédérick C. 2010)

Soyons de vrais chefs…

     Pour finir cette introduction, il est bon de rappeler que toute société est ou devient ce que ses chefs en font. Prions donc pour avoir de saints et zélés pasteurs, mais également pour que chaque père de famille ait le courage  et  un amour de  l’Eglise suffisant pour oser  tirer  sa  famille vers  le  Ciel, en montrant lui-même l’exemple d’une tenue digne d’un temple du Saint Esprit : le père de famille  prouve  son amour des siens en maintenant des exigences difficiles qui tirent vers le Ciel et en les respectant lui-même, pas en amollissant sa famille par une diplomatie de bas étage. Et que dans chaque famille, les épouses et les enfants, chacun suivant son rang, se rangent complètement derrière la bannière du Christ-Roi.

     Dans un autre ordre d’idées, mais en dépendance étroite du thème de la modestie, on pourrait parler de l’invasion des nouvelles technologies dans les familles (« les prodiges les plus étonnants auront lieu sur la Terre et dans les cieux… » ND à La Salette), de l’invasion des livres au contenu subversif, y compris pour la jeunesse et y compris chez des éditeurs de tendance « tradi » (« les mauvais livres abonderont sur la Terre » ND à La Salette).

Source : https://www.modestiecatholique.com/3-leglise-pour-la-modestie/

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