Bagarre pour une armée – Pierre Chateau-Jobert

En 1958, le colonel Chateau-Jobert commandait la brigade de parachutistes coloniaux, basée à Bayonne. Dans le cadre d’un stage « combat-choc », cette étude, qui était un « rapport de stage », avait été rédigée collectivement par des officiers supérieurs sous sa direction. Elle traduit bien le malaise de ces soldats dans le contexte d’une guerre d’Algérie qui semble s’achever sur le terrain purement militaire, mais sans vision claire de la suite, et d’une armée en proie au doute.

   Chateau-Jobert dresse un constat sévère à l’égard du haut commandement et des politiques. Les événements du 13 mai 1958, à Alger comme à Paris, vont survenir alors que les cadres de l’armée exposent leurs états d’âme, ce que traduit ce texte : « La France ne “fait” pas la guerre, elle la subit […]. Personne n’admet que l’armée souffre. » Chateau-Jobert défend notamment la « légitimité d’emploi des armes de l’adversaire ». C’était, à l’époque, un débat qui agitait les consciences. En janvier 1962, allant jusqu’au bout de la logique de son analyse, l’ancien FFL déserte et rejoint l’OAS en Algérie. Condamné à mort en 1965, il sera gracié trois ans plus tard.

   Ce texte est d’abord un document historique. Peut-il alimenter aussi ceux qui s’intéressent aux problèmes de l’autorité, dans le domaine militaire comme sur d’autres terrains, ainsi que le pense l’éditeur ? On reste un peu sceptique, tant l’époque a changé.

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