Le danger des nouveaux “théologiens” modernistes – Machabée : L’arnaque Matthieu Lavagna
Bien que le ton de la vidéo reflète l’esthétique typique de YouTube, il est indéniable que les arguments présentés par les nouvelles figures de proue du modernisme, qui défendent ardemment la secte de Begolio, représentent un danger pour les esprits. Leurs affirmations nécessitent une réfutation rigoureuse, mettant en lumière à la fois leurs sophismes et leurs contradictions.
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Mathieu Lavagna, un jeune homme de 24 ans animé de bonne volonté et convaincu de lutter pour la juste cause de la foi, est activement engagé contre l’avortement, la contraception et la fornication. Marié depuis deux ans, il n’a pas encore d’enfants malgré sa volonté d’avoir une progéniture.
Ce type de vidéo ne favorisera pas sa conversion à la foi catholique. Ayant été moi-même dans une situation similaire à son âge, je peux affirmer qu’avec une telle approche, je n’aurais jamais embrassé la véritable foi.
Lutter contre les individus ou lutter contre les erreurs ne génère pas les mêmes résultats. Recourir à la moquerie et aux brimades, des méthodes qui semblent se répandre dans notre milieu, est profondément regrettable et loin d’être honorable.
C’est immature comme procédé.
Il est vrai que cette vidéo et la suivante sur le même sujet comportent une ironie moqueuse et mordante, qui ne contribue pas à l’adhésion à l’analyse explicitée ni au respect de la personne mise en cause, mais il est tout aussi vrai que l’actualisation ou la pérennisation de la “mentalité conciliaire” par un apologete néo-catholique contemporain (donc non clairement et fermement opposé au relativisme et au subjectivisme en matière religieuse), né à la fin des années 1990, soit un peu plus de trente ans après la clôture d’un Concile que l’on sait propice à l’erreur d’appréciation magistrale depuis son discours d’ouverture, a de quoi susciter cette ironie.
Depuis ses origines, philosophiques et théologiques, qui se sont manifestées dans l’entre deux guerres mondiales, le néo-catholicisme fonctionne fréquemment à l’ambivalence, à l’incohérence, à l’inconséquence et même, parfois, à l’inconsistance, en l’occurrence notamment face à la conception des confessions chrétiennes non catholiques et des religions non chrétiennes qui découle de l’esprit du monde de ce temps.
En quoi le fait, pour un jeune homme qui s’efforce de réfléchir, d’adhérer à ce courant de pensée, particulièrement propice à la soumission du catholicisme à l’adogmatisme, à l’eudémonisme, au confusionnisme interconfessionnel oecuméniste, au consensualisme interreligieux inclusiviste et à l’immanentisme, pourrait-il constituer un signal encourageant sur le réalisme de ce jeune homme ?
En outre, les jeunes intellectuels néo-catholiques nés à la fin des années 1990, et qui ont dû commencer à avoir une réflexion philosophique et théologique à partir de la fin des années 2010, ont-ils toujours bien conscience du fait que d’autres intellectuels, catholiques et non néo-catholiques ou, si l’on préfère, distinguant entre les erreurs et la vérité et non entre les divisions et l’unité, savent et font savoir à quoi s’en tenir sur la nocivité de la “mentalité conciliaire” depuis AVANT la naissance des parents de ces jeunes ?
Enfin, comparaison n’est pas raison, mais de même que l’on aurait certainement été en droit de s’interroger, hier, sur le degré de clairvoyance d’un jeune intellectuel qui aurait commencé à adhérer au communisme soviétique en 1987, soixante-dix ans après 1917, de même on est certainement en droit de s’interroger, aujourd’hui, sur le niveau de lucidité d’un jeune intellectuel néo-catholique qui continue à adhérer au consensualisme fraternitaire, ou à l’inclusivisme périphériste, ou encore à l’irénisme utopiste consubstantiel au néo-catholicisme, après 2022-2023, donc un peu plus de soixante ans après 1962-1963.
En effet, depuis octobre 2022, c’est-à-dire depuis la publication du document synodal intitulé Élargis l’espace de ta tente, nous savons tous à quoi nous en tenir sur la fécondité du processus permis, sinon prescrit, par Jean XXIII. C’est au contact de cette fécondité que tout jeune intellectuel devrait bien réfléchir.
Pour ceux qui ne comprendraient pas une expression employée ci-dessus, la précision suivante s’impose : le néo-catholicisme, chronologiquement et intellectuellement post-blondélien, est au catholicisme ce que le néo-protestantisme, chronologiquement et intellectuellement post-harnackien, est au protestantisme.
Il ne s’agit pas ici de donner à croire que les philosophes et les théologiens qui ont inspiré, plus ou moins directement, le Concile, à savoir notamment Balthasar, Beauduin, Chenu, Congar, de Lubac, Maréchal, Maritain, Mounier, Rahner, Teilhard, ont tous été des disciples ou des héritiers en ligne directe de Blondel.
Mais il s’agit ici de faire comprendre que ces philosophes et ces théologiens ont presque tous bénéficié de ce que Blondel a “incarné” : la possibilité d’une “troisième voie”, située entre l’extrincésisme et l’historicisme, ou entre l’intégrisme et le modernisme, ou encore entre le controversisme exclusiviste et le confusionnisme relativiste.
Or, même si cette troisième voie, “de jure”, est éventuellement envisageable et formalisable, mais alors avec infiniment de distinctions, de précautions, de précision et de prudence, il se trouve que la même troisième voie, dans les faits, est et reste très rarement à égale distance de l’intégrisme et du modernisme, et est très fréquemment bien plus propice à l’élimination qu’à l’actualisation du tridentinisme.
Une autre précision, ou plutôt un rappel, s’impose également : il devient vraiment urgent d’actualiser la caractérisation de la théologie néo-catholique contemporaine, pour faire vraiment comprendre que ce qui a permis, avant-hier, de bien faire comprendre le modernisme d’avant-hier, à savoir notamment Pascendi, est toujours nécessaire, mais n’est plus suffisant, pour bien faire comprendre celui d’aujourd’hui, compte tenu du fait que le modernisme d’aujourd’hui est passé à la vitesse supérieure, non seulement par rapport au modernisme d’avant-hier, mais aussi par rapport à celui d’hier.
Sous cet angle d’analyse, force est de constater que la focalisation sur le pape actuel et la polarisation sur le pontificat actuel nuisent grandement à la mise en perspective historique et théorique du “dépassement” du premier néo-catholicisme post-conciliaire, celui de Paul VI, par le deuxième néo-catholicisme post-conciliaire, celui de Jean-Paul II, dans au moins un domaine, le dialogue interreligieux, dès l’année 1979.
Et sous le même angle d’analyse, la question est de savoir si les jeunes intellectuels néo-catholiques d’aujourd’hui sont plutôt pour ou plutôt contre la poursuite de l’auto-dépassement, apparemment indéfini, du néo-catholicisme, alors que cet auto-dépassement se manifeste encore plus depuis l’année 2019, celle de la déclaration d’Abou Dhabi et du synode sur l’Amazonie, que depuis l’année 1979, celle de Redemptor hominis, ce qui n’est pas peu dire.
Enfin, un dernier mot vient à l’esprit : ce qui suit est sans doute écrit un peu trop rapidement ou sommairement, mais en gros la théologie catholique, héritière de chacune des composantes de la Tradition, dont la composante scolastique et la composante tridentine, constitue une discipline intellectuelle rigoureuse, qui comporte un vocabulaire théologique ennemi de toute imprécision erronée et opposé à toute indistinction fautive.
Or, de leur côté, les diverses théologies néo-catholiques ne prennent pas du tout appui sur la Tradition, ou ne le font pas de la même manière sur les mêmes matières, et ne recourent pas au même vocabulaire et aux mêmes problématiques, ou ne leur donnent pas la même signification doctrinale et les mêmes réalisations pastorales, pour ainsi dire.
Un jeune intellectuel néo-catholique né à la fin des années 1990 a-t-il bien conscience de cette différence de nature entre la théologie catholique, philo-scolastique et philo-tridentine, et les diverses théologies néo-catholiques, qui sont souvent propices à la postmodernisation du regard et du discours des hommes d’Eglise, comme on l’a vu dans le cadre du dialogue inclusiviste interreligieusement correct, à partir de Jean-Paul II, hier, et comme on le voit dans celui du dialogue inclusiviste interconvictionnellement correct, chez François, aujourd’hui ?
Il n’est pas encore interdit d’en douter quelque peu, même s’il est déjà synodalement incorrect de le faire…
N’aurons-nous donc jamais pu discuter ?
Je fais une ultime tentative, par estime pour vos capacités.
Maritain, que vous dénoncez justement, se convertit (si l’on croit en sa sincérité – quant à moi je n’y crois pas) du protestantisme (« républicain », donc maçonnisé) au catholicisme, avec pour parrain le luciférien franc-maçon Léon Bloy, lui-même officiellement converti au catholicisme, lequel avait eu pour parrain le luciférien (manifestement franc-maçon) Jules Barbey d’Aurevilly.
Nostrā Ætate fut la traduction en lex credandi de mesures sur la lex orandi remontant, pour les dernières, à 1955 ; les Amici Israel firent pression en 1928 pour en obtenir l’équivalent, et furent dissous pour cela, ayant scandalisé l’encore influent cardinal Merry del Val, qui avait été le bras droit de s. Pie X. Les promoteurs de ces manœuvres qui devaient aboutir à l’œcuménisme et au relativisme – que vous dénoncez aussi – ne furent pas sanctionnés, et le plus éminent promoteur de ces nouveautés, Alfredo Schuster, fut un an après nommé cardinal archevêque de Milan, ce qui en faisait un « papabile ». En 1939 Eugenio Pacelli succéderait, sous le nom de Pie XII, à celui dont il avait été le bras droit et qui en continuerait la politique, Pie XI, et comme Schuster mourut en 1954 il ne put être élu pape. Il est noter qu’un certain Giovanni Batista Montini lui succéderait à cette fonction de cardinal archevêque de Milan, avant qu’il devînt pape sous le nom de « Paul VI » et qu’il couronnât les efforts des Amici Israel. Et ces efforts étaient l’accomplissement de la théologie proposée par le « catholique » Léon Bloy des décennies plus tôt. Et ce fut son filleul Maritain qui inspira la philosophie de Vatican II.
Mais on découvre alors que, contrairement à ce que décrit votre critique juste mais borgne (car ne considérant qu’une moitié de l’éventail idéologique), aux côtés des modernistes il y eut des Van Rossum et des Garrigou-Lagrange (correspondant de Maritain, qu’il défendit contre ses détracteurs les plus radicaux), donc des antimodernistes, comme l’était Bloy parrain de Maritain et inspirateur de Nostrā Ætate, et comme l’était Barbey d’Aurevilly, le parrain de Bloy : tous furent bien des ennemis jurés du modernisme, ainsi que Veuillot qui couvrit de son intransigeante autorité (laïque !) antimoderniste le sulfureux auteur des Diaboliques (et d’œuvres bien plus révélatrices encore) des mœurs de qui en privé il se gaussait, sans les divulguer (limitant ses indiscrétions à celles visant les gallicans). Antimoderniste aussi de Maistre, qui inspira tout le courant « ultra-ultramontain », et qui fut jusqu’à sa mort un des plus influents francs-maçons de tous les temps.
Peut-on remarquer que ce doctrinaire principal de la réaction ultra-nationaliste, ultra-royaliste et « ultra-ultramontaine » fut aussi franc-maçon, luciférien, que son discours en fait impliquait l’abolition des nations, justifiait par des mensonges cette révolution qu’il flétrissait de manière purement verbale, et qu’il prônait un « califat » formellement catholique, reposant en fait sur des principes anticatholiques, noachiques ?
Peut-on remarquer qu’il inspira Lamennais tout autant que les plus réactionnaires, et que ces deux camps qui lui prirent se doctrine, malgré qu’il se haïssaient, marchèrent harmonieusement ensemble, complices par intérêts communs, liés au fond par de mêmes objectifs immédiats, et, inconsciemment, par une même philosophie ?
Comment ne pas voir qu’il exista toujours une minorité au sein de l’Église qui rejetait les principes exégétiques de s. Jérôme ? Comment ne pas voir que les plus intransigeants catholiques portèrent contre l’Église, dans les campagnes de presse de L’Univers de Veuillot, ou dans d’actuelles chasses au dahut (la « gnose éternelle »), les mêmes accusations qu’avaient portées Calvin et les autres principaux chefs protestants du seizième siècle ?
Comment ne pas voir que les plus extrêmes dénonciateurs de la modernité condamnent en fait aujourd’hui la conduite de Paul III, les principes d’Urbain VIII et d’autres papes antérieurs à Jean XXIII ?
On peut prendre autant qu’on veut des ouvrages des intellectuels catholiques se disant « de la Tradition » : ils rejoingnent toujours le littéralisme d’un Calvin, dénoncent sans le savoir l’enseignement que donnait au seizième siècle le collège romain des jésuites (enseignement qu’ils décrètent implicitement, de leur propre autorité, contraire à la foi catholique – car les intellectuels de la Tradition, par humilité sûrement, décrètent à la place des papes, ou même contre les papes).
D’un côté les ennemis de l’Église essayent de faire accroire, ou colportent par ignorance, qu’elle aurait été ennemie de la science, obscurantiste et pleine d’ambitions d’impérialisme terrestre.
De l’autre, des intellectuels laïcs vendent partout dans les milieux traditionnels des écrits prétendant que serait incompatible avec le catholicisme un espace infini (auquel crut l’Église pourtant, depuis au moins s. Augustin jusqu’à Pie XII en passant par s. Thomas d’Aquin), ou l’héliocentrisme (enseigné comme possibilité à Copernic à l’université – catholique – et jamais condamné spécifiquement, même sous Urbain VIII qui ne le réprouvait nullement), ou l’évolution (dont Pie XII déclara que rien dans la théologie catholique n’interdisait de l’envisager), et prétendent même que les États terrestres seraient sujets du pape quant aux questions terrestres, alléguant ici la bulle Unam Sanctam de 1302 (pourtant résumée ainsi par le principal théologien ultramontain qui défendit l’infaillibilité pontificale au temos de Vatican I : « Mais dans cette bulle [Unam Sanctam, de Boniface VIII] il est seulement défini que nous devons tous accorder l’obéissance religieuse due au pape, pas l’obéissance sur des questions purement temporelles. »).
Certains vont jusqu’à rejoindre les protestants qui révéraient Flavius Josèphe, prétendant qu’il était essénien alors qu’il était pharisien (sous un mince vernis de flagornerie des Romains ses vainqueurs), et soutiennent grotesquement que les esséniens étaient chrétiens, contre toute vraisemblance.
https://catholiquedefrance.fr/temoignage-de-vittorio-messori-sur-labbe-jean-carmignacignac/#comment-3719
Comment ne pas voir que cette branche propagandiste d’un obscurantisme impossible à appuyer sur les décisions des papes et des conciles incarne en fait la menace dénoncée à tort par les ennemis de l’Église ? Comment ne pas voir que ces maximalistes, héritiers du sinistre parti dévot qui ne jurait que par le pape pour mieux désobéir à l’Église, ont au fond exactement les mêmes intérêts immédiats que les ennemis de l’Église ?
Et comment vous, qui soutenez ce me semble la FSSPX, dénoncez toujours les héritiers de Lamennais, sans jamais dénoncer les héritiers de celui dont il sut traduire en termes théologiques superficiellement catholiques les épouvantables hérésies : Joseph de Maistre ?
C’est mon ultime tentative pour discuter avec vous, qui avez toujours esquivé la discussion, et je ne la fais que parce que j’estime fort votre vaste culture.
Si vous esquivez une nouvelle fois, sachez que dorénavement je vous laisserai ressasser votre critique hémiplégique : on ne force pas les oreilles de ceux qui les ferment.
Mille excuses pour toutes ces non réponses successives, à cause de cette “hémiplégie” qui nuit à la “remontée”, en plénitude, de certaines conséquences jusqu’à toutes leurs inspirations ou origines.
Compte tenu des connaissances que vous avez, ce qui suit étant sincère, vous battez “à plates coutures” toute personne qui, consciemment ou non, recourt à une espèce de restriction mentale, déconcertante voire décourageante, pour ne pas aborder l’une des composantes inspiratrices ou originelles de la crise de l’Eglise, composante à laquelle elle n’accorde pas assez d’importance.
Merci beaucoup pour tout point de vue sur “le fond du dossier”, en ce qui concerne un “socle de positions”, qui n’est certes pas celui d’un seul jeune intellectuel néo-catholique qui aura autour de quarante ans, en 2040, et qui comporte une part de désinvolture ou, en tout cas, de méconnaissance, compte tenu du fait que plus aucune personne porteuse d’honnêteté intellectuelle ne peut nier, soixante ans après, l’échec du Concile et la faillite de l’après-Concile, au moins en Occident.
Que des conciliaires l’aient été hier, des années 1960 à la mort de Jean-Paul II, il est possible de le comprendre, puisque certains d’entre eux ont cru, au moins jusqu’à la fin des années 1990, qu’il finirait bien par y avoir un “effet Jean-Paul II” qui commencerait à remédier aux conséquences désastreuses du Concile sous Paul VI.
Mais que de jeunes conciliaires, notamment des jeunes nés après le trentième anniversaire de la clôture de Vatican II, le soient, aujourd’hui encore, au point de continuer à distinguer, notamment, entre le vrai oecuménisme (celui de Paul VI ?) et le faux oecuménisme (celui de Francois ?) amène à s’interroger sur l’aptitude et l’aspiration de ces jeunes au réalisme le plus élémentaire.
On se demande parfois si certains ne considèrent pas qu’il est impossible que le Concile Vatican II soit un échec, puisqu’il a été inspiré par de bonnes intentions et a débouché sur des intentions “encore meilleures”, qui se sont déployées sous la bannière du dialogue, de l’inclusion, du renouveau et de l’unité. A ce compte là, plus un Concile est iréniste et utopiste, et moins il est susceptible d’échouer…
Le Concile Vatican II étant le Concile des Trente glorieuses, c’est-à-dire un Concile influencé par l’optimisme du milieu des Trente glorieuses, quelques années avant la cruelle désillusion amorcée à la fin des annees 1960, on ne peut qu’être interrogatif sur la candeur, plus ou moins consciente et volontaire, des néo-catholiques qui persistent à ne pas voir où est le problème avec ce Concile, qui comporte ou qui a débouché sur un ensemble de chimères qui devrait faire réfléchir un tant soit peu.
Remontée ne devrait pas être entre guillemets : c’est de vous, pas de moi.
Je ne prétends rien quant aux connaissances : j’emploie des arguments, ai donné les preuves de ce que j’avance dans maints commentaires; et juge déplorable cette ironie qui n’est qu’une manière de dissimuler votre nouvelle esquive.
Persistez à ne voir qu’une moitié du problème, toujours la même, et à fuir les preuves : cela fait longtemps que la “Tradition” fait ainsi, et les résultats doivent vous plaire, faut-il croire.
Un lien que j’avais déjà proposé à l’immensément cultivé Benoît Yzern, dont il est grand dommage qu’il ait esquivé toute discussion.
https://catholiquedefrance.fr/jean-xxiii-le-traitre-adrien-abauzit/#comment-3610
Ce fut cette direction prise qui impliqua Nostrā Ætate, donc la décision qui causa l’œcuménisme, le relativisme, etc. Maints éminents antimodernistes y agirent en alliés de fait des modernistes, s’obsédant de littéralisme au point d’en perdre de vue les dogmes de la théologie catholique. Comme épouvantails et comme complices de fait, il furent ainsi les frères ennemis parfaits desdits modernistes.
Pour comprendre le rôle joué par des « traditionalistes » au profit de l’influence des « modernistes », il est utile de citer les exemples des plus éminents d’entre eux.
Le cardinal Pie fut appelé « le marteau du libéralisme », par référence au surnom de malleus Arianorum donné à s. Hilaire.
Un site ultramontain traditionaliste (en anglais : www tfp org Friendly Considerations on Ultramontanism and the Spirit of Vatican I) mais hostile au sédévacantisme en appelle au cardinal Pie contre la politique du ralliement, jugée responsable de l’essor du modernisme. Ce ne me semble pas pertinent. Il faut échapper à cette forme de manichéisme qui voit tout le bien et toutes les bonnes actions d’un côté, et tout le mal et les méfaits de l’autre. Ne sait-on pas que le diable porte pierre ?
Roger Limouzin-Lamothe, compte rendu d’un ouvrage d’Étienne Catta : La doctrine politique et sociale du cardinal Pie, Revue d’histoire de l’Église de France, 1960, tome 46, n°143, pp. 153-154 (consultable sur persee fr ; mes commentaires à plusieurs liens étant tous refusés depuis longtemps, je ne propose pas celui-ci) :
Roncalli est bien sûr le futur « Paul VI ».
Ainsi, le cardinal Pie peut être considéré comme un précursueur de la politique de ralliement. Citons ici Léon XIII (Notre consolation, 3 mai 1892) :
https://en.wikipedia.org/wiki/Louis-Édouard-François-Désiré_Pie#Early_life_and_seminary
De Maistre était, sous un vernis de catholique ultramontain (et même « ultra-ultramontain »), un franc-maçon non moins élevé en grade que le serait Albert Pike. Ce fut de Maistre qui abattit dans l’opinion le gallicanisme majoritaire en France, et Lamennais traduisit ses idées en termes théologiquement acceptables pour un catholique et propagerait ainsi dans le clergé les thèses que de Maistre avait imposées dans le public.
De Maistre était le partisan d’un régime théologico-politique babélien. Il chercha à faire cautionner par Rome les épouvantables hérésies de son traité Du Pape, mais bien sûr Rome refusa. De Maistre répandit alors la rumeur qu’il aurait bénéficié d’une approbation orale du pape (à mes yeux, c’est le procédé d’un hérétique qui suit la stratégie du coucou), ce qui était l’inverse de la réalité : le pape avait écrit à de Maistre pour refuser que lui fut dédicacé cet ouvrage. Je suppose que le texte a échappé à l’Index parce qu’on en a pris les hérésies pour manifestations du zèle maladroit d’un ultramontain dont les excès étaient dus à son ignorance de laïc ?
Le cardinal Pie fut influencé par l’ « ultra-ultramontain » de Maistre (taupe luciférienne manifeste me semble-t-il) ; j’ai déjà montré dans maints commentaires que c’est le cas des plus éminents ultramontains français et allemands du dix-neuvième siècle.
Bien sûr, le diable porte pierre : la proclamation de l’infaillibilité pontificale et de l’excellente doctrine sociale de l’Église n’aurait pas été possible sans l’influence de Lamennais, transcripteur en termes théologiques des idées du franc-maçon de Maistre (du moins quant à l’ « ultra-ultramontanisme » : je ne sais rien quant à un éventuel rôle de de Maistre sur la doctrine sociale). Mais de même qu’avec mauvaise intention on peut malgré soi faire le bien, de même l’Enfer est pavé de bonnes intentions.
Le fait est que les ennemis de l’Église se sont acharnés à dépeindre l’Église comme ennemie de la science et des lettres. Rien que les exemples de Nicolas Copernic, de Giuseppe Piazzi, d’Angelo Secchi ou de Georges Lemaître, ce dernier soutenu par Pie XII, et de tant d’autres encore auraient dû prouver l’inverse ; l’Église, d’ailleurs, contrairement à de fameux littéralistes protestants, n’a jamais condamné l’évolutionnisme, et Pie XII a même déclaré que rien en théologie catholique n’interdisait cette thèse. Et ce furent les bibliothèques des papes, celles des moines, et l’enseignement des bénédictins, des jésuites, des oratoriens et du clergé séculier qui conservèrent la connaissance des auteurs antiques.
Pourtant il n’y eut pas seulement des calomniateurs comme Victor Hugo (dont l”œuvre, soit dit en passant, comporte même de discrètes allusions pédophiles) pour tenter d’imposer cette image mensongère : une partie de l’Église tomba dans un maximalisme qui en fait l’héritière du sinistre parti dévot (plus ultramontain que le pape et plus royaliste que le roi, trahissant ainsi et le pape et le roi). Il y eut des clercs se réclamant de la plus exigeante tradition catholique pour défendre les calomnies contre l’Église, pour combattre la science et les lettres au nom d’un respect de l’Écriture tenant moins de la tradition catholique que de la sola scriptura protestante du temps de Calvin.
Le résultat se voit dans l’affaire des Amici Israel, préfiguration en 1928 de Vatican II, où aux cótés de Maritain et de Schuster on trouva Garrigou-Lagrange et Van Rossum. À force d’être obsédés de littéralisme, il agirent pour, de fait et malgré eux, favoriser les manœuvres modernistes contre le cœur même de la théologie catholique.
Entre les francs-maçons comme de Maistre et les « ultra-ultramontains », on trouve donc ces intérêts communs : dépeindre l’Église non comme l’héritière de principes (ceux de s. Jérôme, de s. Augustin et de s. Thomas d’Aquin) mais comme une secte littéraliste ; prêter à l’Église des revendications sur le pouvoir temporel ; refuser à celui-ci le caractère de monarchie absolue. Et ce à cause d’une banale confusion de sens.
La première édition du dictionnaire de l’Académie française donne au mot absolu le sens d’ « indépendant, souverain » ; la monarchie absolue est une monarchie indépendante et souveraine. Un second sens apparaît déjà : un homme est dit « absolu dans sa compagnie » quand il fait tout ce qu’il veut et que personne ne lui résiste. Ce n’est plus la même chose.
Sous la plume de Voltaire et des « Lumières », ce sens second deviendrait bientôt le premier.
Moins de deux siècles après la première édition du dictionnaire de l’Académie, celui du franc-maçon Littré (Émile Maximilien Jean-Jacques Littré : on devine de quel côté penchaient ses parents ; la vérité de sa conversion sur son lit de mort est contestée fortement) donne un premier sens : « qui n’est lié, borné, retenu par rien » ; puis viennent le sens logique (qui est l’opposé de celui de relatif), son sens grammatical (ablatif absolu), puis le sens suivant : « Qui a pouvoir, autorité sans restriction. Un roi absolu. » Puis le sens qui est le premier : « Pouvoir absolu se dit en politique du pouvoir royal, quand il n’est pas limité par une constitution, et que le prince peut faire des lois, en abroger, et lever des impôts sans consulter les représentants de la nation. » On retrouve là les sujets des discussions entre les frères Talleyrand et Louis XVIII. Puis : « Qui commande, qui veut être obéi. Il a un caractère absolu. Absolu dans sa famille. Une mère absolue. » Enfin quatre autres sens.
Cerné par les sens second devenu premier (sans bornes), le sens premier (indépendant, souverain) est comme escamoté. Mais un siècle avant Littré ce mal était déjà fait, et ce fut par antiabsolutisme que Lamennais et von Döllinger devinrent « ultras », et tant d’autres, pour aller jusqu’au modernisme.
En 1789 bien des « ultra-ultramontains » sont de gauche par anti-absolutisme et par proto-mondialisme (ce dernier né de leur confusion du spirituel et du temporel). C’est aussi le principe anti-absolutiste qu’on retrouve chez le franc-maçon de Maistre (également sournoisement babélien par les implications de ses principes), et donc chez Lamennais, comme dans le camp opposé. Ainsi, les deux factions qui se détestaient répandaient sur tous ces points une même vision, et s’appuyèrent de fait pour toute évolution dans ce sens.
Si on veut corriger les maux, il faut les comprendre ; répéter sans cesse que les méchants sont méchants et que les gentils sont gentils, jamais ce ne fera progresser, c’est du manichéisme et pas du catholicisme. À moins que l’on soit d’une nouvelle variété de catholique, qui rejette s. Paul ?
Épître aux Romains, ch. VII, v. 19 :
Quelques coquilles plus ou moins graves :
• l’encyclique Urbi arcano de Pie XI, du 11 décembre 1922
• contre les professeurs gallicans
• la proclamation de l’infaillibilité pontificale et celle de l’excellente doctrine sociale de l’Église n’auraient pas été possibles sans l’influence de Lamennais
• Lamennais et tant d’autres devinrent « ultras », jusqu’au libéralisme à l”occasion