[Saints Apôtres] Saint Philippe l’apôtre

Saint Philippe était de la ville de Bethsaïda, en Galilée, et il fut appelé par Notre Seigneur à le suivre un jour après Saint Pierre et Saint André. Il était alors un homme marié et avait plusieurs filles, mais son engagement marital ne l’empêcha pas, comme l’observe Saint Jean Chrysostome, de continuellement méditer sur la Loi et les prophètes, ce qui le disposa à faire l’importante découverte du Messie en la personne de Jésus Christ, auquel il obéissait et appelait tous à le suivre. Il devint ainsi l’inséparable compagnon de Son ministère et de Ses labeurs. Philippe avait à peine découvert le Messie qu’il fut désireux de partager sa joie avec son ami Nathanaël, en lui disant :Nous avons trouvé Celui dont Moïse, dans la Loi, et les Prophètes ont écrit, c’est-à-dire, le Messie : Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth.

Nathanaël n’était pas aussi prêt que cela à donner son assentiment à l’affirmation de son ami, en raison du fait que le supposé Messie était décrit comme venant de Nazareth. Philippe, par conséquent, désirait que Nathanaël vienne lui-même à Jésus pour le voir de ses yeux ; ne doutant pas que dès sa rencontre personnelle avec le Fils de Dieu, il serait autant convaincu de la vérité que lui-même. Nathanaël obéit et Jésus, le voyant s’approcher, dit, dans son discours : Voici un vrai Israélite, en qui il n’y a pas de fraude. Nathanaël lui demanda comment il pouvait le connaître ; Jésus répondit : Avant que Philippe ne t’appelle, quand tu étais sous le figuier, Je t’ai vu.

Nathanaël, comme l’ont expliqué deux saints pères, se rappelant alors que sa retraite à cette occasion était telle qu’aucune créature humaine ne pouvait le voir, le reconnut aussitôt pour le Fils de Dieu et le roi d’Israël, ou, en d’autres termes, le Messie, prédit par Moïse et les prophètes. Le mariage à Cana de Galilée survint trois jours après cela, mariage auquel Jésus et ses disciples furent invités et saint Philippe y assista avec les autres. L’année suivante, lorsque Notre Seigneur forma le collège des apôtres, Philippe fût nommé parmi ce nombre et, d’après les nombreux passages de l’Évangile, il semble avoir été particulièrement cher à son divin maître.

Ainsi, lorsque Jésus allait nourrir cinq mille personnes qui l’avaient suivi dans le désert, pour démontrer avec plus d’évidence ce grand miracle et pour mettre à l’épreuve la foi de cet apôtre, Jésus lui proposa la difficile tâche de nourrir ces multitudes dans ce lieu désolé. Et un peu avant la Passion de Notre Sauveur, certains Gentils, désireux de voir le Christ, firent leur première adresse à Philippe, et c’est par lui et par Saint André qu’ils obtinrent cette faveur.

Notre Sauveur, dans le discours qu’Il fit à Ses disciples immédiatement après Son dernier souper, leur ayant promis une connaissance plus claire et parfaite de son Père céleste que ce qu’ils avaient eu jusqu’à présent, saint Philippe s’écria avec une sainte impatience : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. – Notre Sauveur se servit de ces paroles de Philippe pour inculquer à nouveau une croyance ferme en Sa divinité et parfaite égalité avec le Père, en disant : Je suis avec vous depuis si longtemps (vous enseignant Qui Je suis par mes paroles et mes actions,) et vous ne Me connaissez pas ? (Si vous me voyiez avec les yeux de la Foi, tel que Je suis vraiment, en me voyant, vous verriez aussi le Père, parce que) Je suis dans le Père, et le Père est en Moi.

Après l’Ascension de Notre Seigneur, l’Évangile allait être prêché au monde entier par ces quelques personnes qui avaient été témoins oculaires de Ses miracles, et qui avaient été autorisées, par la puissance du Saint-Esprit, à confirmer leur témoignage à Son sujet en faisant eux aussi, des œuvres merveilleuses. Pour que cela fût possible, il était nécessaire que les disciples se dispersent rapidement dans toutes les parties du monde. Saint Philippe a donc prêché l’évangile dans les deux Phrygies, comme Theodoret et Eusèbe nous l’assurent par des documents incontestables.

Saint Polycarpe, qui n’a été converti qu’en l’an 80, a pu discuter avec l’apôtre pendant un certain temps, et par conséquent, Saint Philippe a dû vivre jusqu’à un âge très avancé. Il ressort d’un passage de Polycrate, cité par Eusèbe, qu’il a été enterré à Hiérapolis, en Phrygie, ville qui était redevable à ses reliques, puis qu’elle connut des miracles continuels, comme le dit l’auteur du sermon sur les douze apôtres, attribué à Saint Chrysostome. Un bras de saint Philippe a été apporté de Constantinople à Florence, en 1204, dont nous avons une histoire authentique chez les Bollandistes. Les Orientaux gardent sa fête le 14 novembre ; les Latins le 1er mai, avec celle de Saint Jacques. Son corps se trouverait dans l’église de SS. Philippe et Jacques, à Rome, laquelle fut dédiée à Dieu en leur nom, en l’an 560. L’empereur Théodose, dans une vision, reçut de saint Jean l’Évangéliste et de saint Philippe, l’assurance de la victoire sur le tyran Eugène, le matin même de la bataille, en 394, comme le rapporte Theodoret.

De saint Philippe, nous devons particulièrement apprendre l’amour ardent pour Dieu et le désir de voir le Père. Il ne demanda que cette faveur, car c’était son seul désir. Est-ce la nôtre ? La sentons-nous si parfaite qu’elle à même d’éteindre toutes les affections et désirs terrestres démesurés en nous-mêmes ? Employons-nous les moyens appropriés pour parvenir à cette heureuse disposition ? Pour l’obtenir, employons le secours des prières à l’attention de cet apôtre, et en dégageant nos cœurs de la corruption et de la vanité, devenons, dans les désirs et les affections, des citoyens du ciel. L’âme du pèlerin se voit comme étrangère sur cette terre et ne découvre rien, dans ce lieu désertique de son bannissement, sinon un abîme de vanité, pleine des sujets de complaisance, de chagrins et de peurs. De l’autre côté, levant les yeux vers Dieu, elle contemple la magnificence et la splendeur de Son royaume qui n’aura pas de fin ; sa paix, sa sécurité, sa sainteté sans tache, ses délices sans chagrin, ses joies immuables et incompréhensibles ; et elle crie dans un transport saint :

Ô joie surpassant toutes les joies, et sans laquelle il n’y a pas de vraie joie, quand te posséderai-je ? Ô souverain bien, découvre-moi quelque rayon de ta beauté et de ta gloire ; que mon cœur s’enflamme par ton amour, et que mon âme se languisse et se consume de désir de s’unir à toi, de te voir face à face, de chanter tes louanges nuit et jour, de boire l’abondance de ta maison, et du torrent de tes délices, pour être à jamais confirmé dans ton amour, et dans une certaine mesure transformé en toi ! 

Une telle âme cherche à se cacher des yeux des hommes, à vivre à l’insu du monde ; et, dans la retraite et le repos, à s’appliquer à la prière, toutes ses pensées étant occupées à contempler les choses glorieuses qui sont dites de la ville bénie de son Dieu. Toutes les jouissances et les distractions du monde lui sont insupportables, et elle ne trouve aucun réconfort dans ce lieu de bannissement mais en chantant les louanges de son Dieu, en adorant et en faisant toujours Sa volonté, et dans les doux soupirs et les larmes dans lesquels elle Le cherche et Le prie de régner parfaitement dans ses affections par Sa grâce et Son amour, et de l’attirer rapidement vers Lui, d’être délivrée de cette Babylone dans laquelle chaque objet augmente son affliction et enflamme son désir, semblant lui dire : Où est ton Dieu ?

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