Les figures de Sainteté sur les drapeaux

L’article qui suit, survolant l’usage symbolique des saints dans les drapeaux, se place dans la lignée du précédent article sur le thème des drapeaux qui quant à lui s’attardait sur la place primordiale qu’y occupent les symboles des croix.

Les drapeaux ont un but sensiblement identique à celui des armoiries, celui de la reconnaissance. Cependant à l’inverse des armoiries qui peuvent se permettre d’être relativement détaillées, le drapeau a avant tout comme finalité d’être hissé, soumis au vent, parfois à grande distance de l’observateur.

Cela suffit à expliquer la rareté des drapeaux affichant des personnages ou des contenus trop riches, à l’inverse des nombreux drapeaux exhibant de simples croix. Le peu de drapeaux se permettant d’évoquer des saints le font alors car l’histoire des territoires est intimement liée au Saint dont il est question. Ils peuvent alors le faire figurer directement sous forme humaine, ou utiliser un attribut qui renvoie ostensiblement à lui.

1-Drapeaux faisant figurer un Saint

La Sainte Vierge tout d’abord est représentée à de nombreuses reprises, les apparitions mariales en sont une cause notable et on peut ainsi la voir sur le drapeau de Fatima au Portugal, où elle est apparue à six reprises devant trois jeunes bergers au cours de l’année 1917.

De la même façon le drapeau des Cristeros, ces résistants catholiques qui se soulevèrent au Mexique face à la Constitution anticléricale de 1917, représente Notre-Dame de Guadalupe apparut devant un indigène mexicain en 1531.


Enfin en France, on peut voir Sainte Marie sur le drapeau de Montpellier. Tenant dans ses bras l’Enfant Jésus et surplombée par les initiales A et M pour Ave Maria, elle y figure pour la simple raison que l’évêque Ricuin II au Xème siècle plaça la ville sous son patronage.

Pour rester en Occitanie, Perpignan laisse de son côté figurer Saint Jean-Baptiste sur son drapeau.
Ville dont la possession fut longtemps disputée entre la France et l’Aragon (d’où le fond similaire au drapeau catalan), Saint Jean-Baptiste y apparaît comme précédemment du fait de son patronage.

Des martyrs autres que Jean-Baptiste patronnent des villes françaises, on peut compter le grand martyr palestinien Saint-Georges à Molsheim en Alsace, où il est représenté subissant le supplice de la roue.

Dans un cadre plus local, l’actuelle Aisne autrefois comté de Vermandois est intégralement patronnée par Saint-Quentin, qui y fut martyrisé et qui donne aussi son nom à la ville-centre.
Son buste apparaît dès lors sur le drapeau de la ville.

Éloignons-nous quelques peu de la France, nous pouvons trouver dans la très catholique Croatie le patronage de Saint Blaise pour la ville maritime de Dubrovnik. La raison de l’importance de ce martyr arménien pour les habitants s’explique par son apparition en 971, où il prévint les habitants d’une attaque imminente des vénitiens.

Alors que la ville alsacienne de Molsheim représentait Saint-Georges martyrisé, les pays de religion chrétienne orientale ont davantage coutume de le représenter lors de son combat contre le dragon. Comme ici dans le drapeau de Kiev ou dans le drapeau rouge de Moscou:

2-Drapeaux usant de l’attribut d’un Saint

L’équilibre entre la codification classique des drapeaux et l’évocation d’un Saint serait logiquement de l’invoquer via un symbole qui renvoie à lui, on peut trouver divers et riches exemples pour en témoigner:

Le drapeau de Saint-Étienne dans la région historique du Forez (actuel département de la Loire) fait état de deux feuilles de palmes d’or et trois croisettes pierrées d’argent.


Comme son nom le laisse penser, la ville est sous le patronage d’Étienne le proto-martyr du Ier siècle, premier de la chrétienté. Comme il est d’usage, les palmes représentent le martyr, tandis que les trois croix sont elles identifiables à la Trinité, leurs extrémités en pierres renvoient à la lapidation qu’a subit Saint-Étienne à Jérusalem

Dans l’ouest de la France, la province du Saintonge correspondant à peu près à l’actuelle Charente-Maritime utilise un drapeau faisant figurer une mitre.


Elle évoque Saint-Eutrope, qui fut le premier évêque de Saintes, capitale de la province. Il fut martyrisé au IIIème siècle dans cette même ville où la basilique abrite désormais son tombeau.

De l’autre côté des Alpes, on trouve en Italie des drapeaux comme celui de Trieste, qui malgré sa sobriété suffit à raconter une légende pourtant bien riche:

L’hallebarde d’argent y figurant appartient à Saint Serge de Rome, un officier du IIième siècle qui se converti pendant son passage à Trieste grâce à la population.
Après divers miracle, sa décapitation eut lieu le 7 octobre 303 et simultanément la Sainte hallebarde tomba du ciel pour se planter dans le sol et être récupéré comme relique par les chrétiens.
Depuis exposée dans la cathédrale, elle n’a jamais rouillé et semble incorruptible.

Pour finir avec l’un des plus célèbres drapeaux italiens, à savoir celui de Venise et de la Vénétie, il laisse deviner Saint Marc sous sa forme de lion.

Ici le drapeau de la Sérénissime République vénitienne, grouillant de symbolisme que l’on vous laissera le loisir d’admirer et de déchiffrer.

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