Qu’est-ce qu’une nation ?
« Une nation est un ensemble d’individus issus de différentes races, mais unis par des liens complexes de la famille et dont les ancêtres ont historiquement régi les uns sur les autres, soumis à des sélections communes. Elle comprend les vivants, et des morts plus nombreux, et la postérité jusqu’à la fin des siècles, car la nation, d’une manière nécessaire, prétend à l’éternité et à l’universalité, c’est-à-dire rester seule et couvrir le globe entier de sa descendance.

La nation qui commence à se former comprend des races diverses, en proportions différentes, et réparties d’une certaine manière dans la hiérarchie sociale. De ces individus sort peu à peu un groupe plus compact. De génération en génération les lignées se conjuguent, se ramifient et se conjuguent encore à l’infini. La communauté de plasma [(NDE) : plasma, du grec « formation »] s’établit dans toute la masse et il n’est point d’individus qui ne soit un peu parent de tous.
Depuis quinze siècles, par exemple, que la France existe, c’est-à-dire depuis quarante-cinq générations, le nombre théorique des ancêtres de chaque contemporain est prodigieux, et celui des parents collatéraux inconcevable. Dès la vingtième génération, c’est-à-dire depuis 1200, le nombre des auteurs directs de chaque individu s’élèverait à plus de deux millions, dont la moitié pour cette vingtième génération. Pour la quarante-cinquième on arrive à soixante-dix milliards environ dont la moitié représente les ancêtres au quarante-cinquième degré. Ces chiffres impossibles prouvent la prodigieuse répétition des mêmes personnes dans les diverses lignées du même individu, et la plus prodigieuse quantité de familles dans lesquelles il a pris des aïeuls. Et si l’on tient compte des parentés en ligne collatéral, pour chacun de ces ancêtres, les chiffres deviennent si nombreux que non seulement ils ne disent plus rien, mais qu’on ne peut les aligner !
Or, ce feutrage [(NDE) : ne nous étonnons pas du choix de ce terme : du latin filtrum, qui a donné fautre puis feutre, il désigne un tissu serré obtenu par agglutination et foulage ; c’est bien le cas d’une nation], ce feutrage, donc, infini des parentés, que l’œuvre des générations a fait, ne s’est guère étendu dans l’espace en dehors de certaines limites. L’appareillage est très intense entre individus du même pays, moindre hors de la province, et très faible avec les étrangers. Les barrières politiques, de plus en plus élevées jusqu’à la frontière de la nation, ont empêché les liens de s’établir.
La nation apparaît ainsi comme une immense famille complexe, limitée par des frontières. Les vivants sont solidaires des morts et ceux-ci de l’avenir. Assurément la plupart de ces liens sont infiniment ténus, sans cesse menacés ou brisés par le travail de la réversion, mais si entrecroisées que la trame reste forte, dans l’espace et dans le temps »
M. Vacher de Lapouge, L’Arien, Son rôle social, Paris, 1899 « L’esprit familial » de Mgr Delassus

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